‹ Le christianisme et l'empire romain: de Néron à Théodose (volume 2)Chapitre 116 sur 164 · SocRXiv., Hist, Eccl,^ III, Hi · texte numérisé non relu

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orateurs, fussent morts sans laisser d'heriliers * . Qui salt si, apres une ou deux generations, il se serait encore rencontre un predicateur chretien en etat de citer a ses auditeurs, a Texemple de saint Paul, un mot d'Epimenide, un vers d'Euripide ou d'Aratus^? Les adorateurs du Christ seraient devenus, comme les Juifs, un peupleapart, morose et jsingulier, nourri de sa seule litterature religicusc , separ^ du monde brillant de Thellenisme, n'ayant plus avec lui d'idees communes, ne le comprenant pas et ne pouvant s'en faire entendre.

On a peu de renseignements sur la maniere dont les Chretiens regurent Tedit de Julien. Les pages les plus interessantes sur ce sujet, celles de Socrate, auxquelles j'ai deja fait allusion, sont d'un demi-si6cle environ poslerieures a I'evenement. Un contemporain, Gregoire de Nazianze, a dit, le lendemain de la mort de Julien, I'indignation ressentie par lui a la nouvelle d'une ordonnance qui le depouillait du fruit de tant de travaux et de voyages entrepris a la recherche de Teloquence; et il a laisse echapper ce cri d'un veritable artiste, epris de I'antique beaute : « On^ voulu nous Tenlever, cette langue hellenique, en nous considerant

1. Saint Gregoire de Nazianze expliqae que, dans sa jeunesse, il a suivi avcc ardeur les ecolcs de lillerature aGn de dcvenir capable de refuter les sophisles, • d'echappcr aux noeuds subtils de leur argumentation > et de donner < les lettrcs fausses comme auxiliaires aux vraies Icttres. > De Vita sua, 112-118.

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