‹ Le christianisme et l'empire romain: de Néron à Théodose (volume 2)Chapitre 120 sur 164 · Fragment <Vune lettre a un~ pontife · texte numérisé non relu

Fragment <Vune lettre a un~ pontife

tienne, dans la derni^re moitie du quatrieme si^cle, la patience dont elle avait fait preuve a d'autres epoques. Les fideles avaient vu le christianisme sur le trone, et d^ja c'etait beaucoup pour eux de supporter les dedains et les injures dont Julien se montrait prodigue. L'attitude que prirent les habitants d'Antioche vis-a-vis de Tempereur et de son entourage de sophistes ou d'hi^rophantes montre combien il devenait dangereux de blesser le sentiment populaire la oil il etait devoue au X et au K, c*est-a-dire au Christ et au souvenir des princes Chretiens Constantin et Constance ^ Aussi Julien, malgr^ sahaine du christianisme, n'essaya-t-il pas de le proscrire. 11 se borna a I'attaquer par mille voies delournees. Mais en m6me temps il declara ne vouloir user centre lui d'aucune contrainte. a J'en atteste les dieux, je ne veux ni massacrer les Galil^ens, ni les molester contrairement a la justice, ni leur faire subir aucun mauvais traitement : je dis seulement qu'il faut leur pr^ferer des hommes qui respectent les dieux, et cela en toute rencontre ^, » Rien n'emp^che de croire a la sincerite de ces paroles. EUes ne sont pas d'un liberal, mais paraissent d'un homme resolu a observer au moins la tolerance matdrielle. Julien probablement s'«n crut capable. Mais la haine le possedait trop pour lui laisser le sang-froid necessaire k cette politique.

Page 1