‹ Le christianisme et l'empire romain: de Néron à Théodose (volume 2)Chapitre 130 sur 164 · ZOSIMF. IV · texte numérisé non relu

ZOSIMF. IV

2i0 L£ CHRIST1ANISM£ £T L'£MP1RE ROMAIN.

ConstantiD, mais avec plus de nettete dans Texpression, il declara, en 371, que Tharuspicine reguli^re n'elait pas comprise dans les malefices prohibes. « Je ne considere comme delictueux, ditil, ni cet art, ni aucune observance religieuse etablie par nos anc^tres. Les lois edictees par moi au commencement de mon regne en sont la preuve : elles accordent k chacun la liberie de suivre tel culte qu'il voudra. Je ne condamne done pas Tharuspicine; je defends seulement qu'on y m^le des pratiques criminelles^ » II suffit de lire Ammien Marcellin pour reconnaitre que, sous Valentinien, les temples etaient ouverts, les oracles librement consuites. Le culte paien etait plus libre que sous Constance, et, naturellement, le culte chretien avait recouvre la liberte que Julien lui avait ravie en detail tout en lapretendant maintenir dans I'ensemble : la balance se trouvait ainsi retablie entre I'un et I'autre, comme au temps de Constantin. Mais, different en ceci de Constantin, Valentinien s'abstenait de laisser paraitre, soitdans ses discours, soitdans ses lois, la trace de ses croyances intimes, de ses affections ou de ses repugnances en mati^re de religion.

Parmi les mesures prises par Julien en haine du christianisme, il en est une qui excitait particulierement les plaintes. Sous le regne de Constantin,

i. Code Theod., IX, xvi, 9.

mais surtout sous celui de Constance, les biens de nombreux temples avaientete confisques, et donnes soit a des eglises, soit m^me a des particuliers. II y avait eu la, plus d'une fois, des abus de la force, difficiles a justifier en droit : plussouvent sansdoute le prince n'avait fait qu'employer a un usage meilleur Templacement d'un temple abandonne, oii le culte ne se celebrait plus, et les immeubles qui en formaient I'apanage desormais sans objet. Restaurant partout le paganisme, meme centre le vceu des populations, rouvrant tons les temples, retablissant les sacrifices non seulementl^ ou la crainte les avait interrompus, mais encore la oil ils etaient tombes en desuetude, Julien avait eu pour premier soin d'annuler ces donations de ses predecesseurs, et de rendre aux sanctuaires paiens les biens dont ils avaientete depouilles. Quand sa mort eut fait cesser la renaissance artificielle du paganisme, il parut abusifdelaissersubsistercettemesure. Dans biendes cas les temples auxquels des biens avaient ^t^ ainsi pris et rendus etaient ceux ou le culte, d6ja en decadence avant Julien, avait cesse delui-m^me des que la faveur imperiale n'avait plus etc 1^ pour lui prater une vie factice. Une mesure d'expropriation en sens inverse s'imposait au souverain, quand meme elle n'etlt pas ete reclamee par les Chretiens. II etait evident que meme si quelques-unes des donations de Constance avaient et^ abusives, la plupart de celles de Julien n'avaient plus de raison d'etre. Mais

Tactc altendu de Valenlinien ne laissait pas de soalever des qnestions delicates. Fallait-il maintenirles temples encore freqaentes en possession des biens recouvres par eux sous le regne precedent, el retirer ces biens aux seuls temples que rindifference des populations rendait inutiles ? fallait-il remettre les biens des temples en la possession de tous ceux indistinctementa qui Constance les avait donnes ou vendus, ou, laissant de cote les courtisans qui les tenaient de la seule faveur, reslituer seulement cenx qui etaient entres pour un temps dans le patrimoine des eglises? Valenlinien ne se donna pas la peine d'ordonner une enqu^te qui, au moins pour ce dernier cas, n'eAt pas ete difficile. Par une fiction legale assez singuliere, il considera comme des biens sans maitre tous les immeubles qui, objet des liberalites en sens contraire de Constance et de Julien, avaient ete tour a tour ravis ou rendus aux temples. « Tous les lieux, dit-il, toutes les terres qui sont en ce moment attaches a des temples, mais qui avaient ete precedemment vendus ou donnes par divers princes, reviendront a notre domaineprive : tel est notre bon plaisir ^. » C'etait agir a la fagon du juge, dans la fable de THuitre et les Plaideurs. On se demandera quel fut le mobile de Valentinien. Les historiens le representent a la fois comme avide, et comme tres soi-

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