Th^odoret, Hist, EccLy IV, 21 ; V
le fils d'un grand homme , ni I'heritier d'un pouvoir incontestd. De la quelque timidite melee a son audace. Quand il rencontre devant lui une volonte forte ou une grande renommee , il s'arr^te tout a coup dans rexeculion de ses desseins. En Egypte, c'est seulement apres la mort d'Athanase qu'il commencera la persecution ^ En Cappadoce, la presence et le Ian gage de Basile, cet homme superieur en tout, ev^que intr^pide, homme du monde accompli , administrateur incomparable , qui savait a la fois se faire adorer de son peuple, resister aux magistrats et parler aux princes, le frapperent d'admiration et de terreur, et preserverent presque completement la province 2. Mais Ik oil ne se dressait devant lui auciin obstacle de cette nature , ni la verlu , ni le respect dA aux saints lieux, ni I'interet de la civilisation chretienne n'etaient capables de suspendresafureur sectaire. On vit, par ses ordres ou par ceux de ses ministres, recommencerles scenes les plus affreuses des anciennes persecutions : eglises envahies, ev^ques, pr6tres, diacres exiles, envoy^s aux mines, exposes aux b6tes, decapites, brAles, vierges outragees ou massacrees, fiddles mis k mort, sans que les enfants eux-m^mes fussent
4. SocRATE, IV, 43; SozoMENK, VI, 42; SAINT Epiphane, Haercs,, LXVIII, 40; SAINT Basils, Ep. 61.
2. Saint Basile, Ep, 4i, 58, 59, 68; saint Gregoire de Nysse, In Eunom,^ I; saint Gr^goire de Nazianze, Orat, XLIII, 52-54; Socn\TE, IV, 26; TiiKODORET, IV, 49;niFiN, II, 9.
epargnes ^ II serait lugubre autant que monotone de raconter les exc^s qui consternerent ou ensanglanterent lour k lour I'Egyple, la Syrie, TOsrhoene, loules les provinces de Tempire d'Orient. Les nuances dogmaliques elle-m^mes finirent par s'effacer dans un effort aveugle pour courber toutes les consciences devanl la volonle du lyran. « Que ne vous rangez-vous a la communion de I'empereur? » demande-t-on au clerge d'j&desse. « Est-il done ev6que en m^me temps qu'empereur? » repond un des pretres ^. II n'est plus question de convaincre ou de persuader, mais d'ecraser les &mes sous un m6me niveau. L'obeissance malerielle suffirait, sans I'adhesion interieure. L'heresie est en train de devenir ce que ful jadis le paganisme, une religion d'Elat.
En certains lieux, la masse ignorante et grossidre du peuplepaien parait avoir servi ce dessein. Quand il s'agira de chasscr d'Alexandrie le successeur regulier d'Athanase et de le remplacer par un heretique, non seulement le sang chretien sera verse a flots, mais il le sera par des mains pai'ennes. Si Ton exile des ev^ques ou des pretres, c'est dans une ville de Phenicie exclusivement peuplee
1. Saint Basile, Ep, 10, 71, 73, 185, 200, 220, 2Gi, S73, 297, 298, 385, 393,405; SAINT Gregoire de Nazianze, OraU XX, XXIII, XXXV, XXXII; SAINT Epipiiane, //aercs., LXVIII, iO; Socratf, IV, 14, 16, 17, 18,21,32; SOZOMENE, VI, 13, 14, 48, 19, 20; Tueodoret, IV, 10, 19, 21, 22, 23, 27; RuFiN, II, 5, 23; Orose, VII, 33.