Toeodoret, IV
LE GHRISTIANISMb: ET L'EMPIRE ROMAIN. 251
de paiens qu'ils seront de preference internes. Le gouverneur charge de poursuivre les Alexandrins orthodoxes est un paien. Le magistrat commandant les soldats qui installeront Tintrus sur le siege episcopal est le m6me qui brAla sous Julien une eglise chr^tienne. « Tu es clier a Serapis, salut I » crient les idol^tres sur le passage de'l'eveque arien'. L'opinion paienne, cependant, semble n'avoir pas ete unanime a seconder Valens. Se separant de la foule violente et fanatique des idolatres, quelques paiens distingues reprouvaient les exces commis centre les calholiques. Assez sceptiques en philosophic, attaches au paganisme comnie a la tradition des anc^tres et k la religion des lettres, mais disposes k croire que tons les cultes ont du bon et s'adressent a une m6me Divinite, ils avaient trop besoin eux-memes de la liberte de conscience pour nepas lasouhaiter a leurs adversaires. Ilommes du monde pour la plupart, et habitues k vivre en bons termes avec les Chretiens, ils soufTraient peut- ^tre sinc^rement de les voir persecutes. Ainsi s'explique rintervention que tenta, dit-on, le philosophe Themistius pour obtenir que Valens cess&t de persecuter les orthodoxes. Tout en demeurant un fervent adepte du paganisme, dont il s'etait fait dix ans plus tot Tavocat devant Jovien , il entretenait avec de grands personnages ccclesiastiques