Tacite, Ann., XV
premiere epitre de saint Pierre, la sollicitude avec laquelleles apolres recommandent de n'y donner lieu par aucune imprudence, faisant une loi a tous les Chretiens d'obeir aux depositaires de Tautorite, soit domestique, soit politique*, en particulier aux esclaves de respecter leurs maitres paiens 2, aux femmes de se montrer soumises a leurs maris, « de peur que la parole de Dieu ne soit blasph^mde^ ». Mais la conduite la plus prudente, et m^me une vertu irreprochable , ne suflisent pas toujours a desarmer les preventions : m^me aux yeux des gens eclaires, qui se tenaient au-dessus des rumours populaires, le soin avec lequel les fideles s'abstenaientdes f6tes profanes, leurliaine pour les spectacles, leur eloignement volontaire des fonctions publiques, trop souvent entachees d'idol^trie, autorisaient une imputation d'autant plus redoutable qu'elle etait plus vague. II semble bien que, dans le cas de Pomponia Graecina, ce furent precisement la severite, la tristesse apparente de sa vie, « ses habitudes lugubres », qui trahirent sa conversion, et engagerent son mari a la traduire, suivant Tantique usage, devant un tribunal domestique. On voyait ainsi dans les Chretiens des liommes d*une espece a part, et ceux qui ne leur imputaient ni meurtres caches, ni debauches se-