SaimtPaul, Tit., u, 5. Cf. Saint Pierre, I Ep.^ ui
li LE CEIRISTIANISME ET L'EMPIRE ROMAIN.
cretes , les accusaient au moins de « hair le genre humain* ».
I 2. — N^ron et les Chretiens.
Neron exploita a son profit cette disposition defavorable de Topinion publique, quand, en 64, il essaya de detourner sur les Chretiens les soupgons qui s'attachaient a lui-meme apres Tincendie de Rome. II n'y reussit qu'imparfaitement. Le peuple croyait les Chretiens capables de tons les crimes, les gens du monde les consideraient comme les adversaires naturels et la condamnation vivante d'une civilisation corrompue; mais la main de Neron et de ses familiers paraissait trop visible dans le desastre qui avait consterne Rome pour que la diversion etit la chance d'un succes complet. Cependant le proces suivit son cours. A tr avers le recit trop souvent obscurde Tacite on en pent suivre les diverses phases^. D'abord quelques individus furent arr^t^s, et s'avouerent Chretiens : les indices recueillis dans leur interrogatoire mirent sur la trace de leurs coreligionnaires : bientdt le nombre des detenus devint tres grand. Mais aussitot le
i. Tacite, Ann., XV, 44.
2. Tacite, I. c. — Les divers moments du proces et lesdifficult^s de Iraducllon qu'offrent cerlaines expressions de Tacite, sont clairement elucides par Ramsay, the Church in the roman Empire, 1894, p. 332 et suiv.
proces devia. Peut-6tre laissa-t-on subsister pour les premiers arr^tes la charge d'incendie ; quant a la multitude des accuses qui leur furent adjoints, ce n'est pas comme incendiaires, c'est comme « ennemis du genre humain » qu'ils furent condamnds a divers supplices. Ce que voulait Neron, c'^tait moins punir un crime imaginaire qu*apaiser la colere de la foule en lui jetant des victimes. L'effet, pensait-il, sera sArement produit si a la vengeance on ajoule le plaisir et si Ton transforme le supplice en spectacle. De 1^ ces fetes horribles dont le cirque et les jardins du Vatican furent le theitre, et que Tacite, d'apres les documents contemporains, saint Clement, peut-dtre temoin oculaire, nous font connaitre : Chretiens rev^tus de peaux et chasses comme un gibier par des chiens, chretiennes exposees aux b^tes sous des deguisements mythologiques, crucifies enduits de poix et allumes en guise de flambeaux ^ . Mais la cruaute de Neron depassa le but : m^me pour les Chretiens, objets de Taversion populaire , mais manifestement innocents de I'incendie, la foule romaine ressentit un mouvement de pitie, not^ avec soin par Tacite.
Tel fut le premier acte de persecution dirige contre les adorateurs du Christ. U serait difiicile de voir autre chose dans les supplices de 64. Si Neron s'elTorce de donner le change a I'opinion pu-