‹ Le christianisme et l'empire romain: de Néron à Théodose (volume 2)Chapitre 35 sur 164 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

4. On la marque avcc soiii sur les tombes. Voir Bayet, Delilulis Atticae christianise p. 136, et Edmond Le Blant, les Actes des marlyrsy p. 237.

lien avec quelque exageration sans doute, mais non sans un certain fond de verite ^ . C'est done a une propagande active, infatigable, toujours en ^veil, que les grands progres du christianisme etaient diis. Elle s'exergait de toules les manieres, et depuis les philosophes, comme Justin, ou les cathechistes erudits, comme Origene, jusqu'aux artisans, aux servantes, dont Celse raille amerement le zele^, partout elle avait des agents. Leurs travaux et leurs succes ne pouvaient echapper a Fatten tion des politiques. Gardiens de la religion officielle, ceux-ci voyaient chaque jour un plus grand nombre de personnes s'en detacher, et, a peine gagnees a la nouvelle foi, rivaliser d'efforts pour lui attirer a leur tour des adherents. II etait difficile qu'un prince m^me aussi port4 a la tolerance que le fut Severe pendant les premieres annees de son regne assist^t sans inquietude a ces conquetes publiques du christianisme. Elles prouvaient la faiblesse doctrinale du paganisme romain, incapable de se defendre centre une religion vivante, dont I'influence s'exer^ait a la fois sur la raison et sur le cceur. M6me rajeunie par le contact des cultes orientaux ou par la creation artificielle de seduisantes l^gendes, comme celle d'ApoUonius de Tyane, la religion de I'Etat paraissait chaque jour plus vulnerable. On pouvait se demander si I'heure

i. Tertullien, Apot.y 18; cf. De teslimonio animae^ \» 2. Origene, Contra Celsum, III, 44, 55.

ne viendrait pas oil une desertion en masse renouvellerait pour tout I'Empire le spectacle offert par une region de la Bithynie sous le regne de Trajan ^ Ce sont, apparemment, des reflexions de cette nature qui deciderent, en 202, Septime Severe, j usque-la plut6t favorable' aux fiddles , a mettre obstacle a leur propagande en interdisant sous les peines les plus sev^res de passer du paganisme k la religion chretienne^.

llfitla m^me defense relativementk la propagande juive; mais celle-ci avait cesse d'etre redoutable. L'epoque oil les Juifs exergaient sur le monde remain une veritable seduction ne depassa guere le premier si6cle. Leurs intrigues politiques, leurs revoltes ouvertes, la destruction par Titus de leur nationality, la ruine du temple , rompirent le charme. Les Romains biases ne songeaient plus, au troisieme siecle, a embrasser les observances judaiques, si fort a la mode au temps d'Horace ou de Juvenal. Aussi, m^me apres I'ordonnance de Severe, la propagande juive, qui avait perdu son ardour et ses succes, fut-elle mollement reprimee. Non seulement le juda'isme demeura « religion licite )) et se vit m^me, de la part de Severe et de son fils Caracalla, I'objet de menagements particuliers ^ ;

i-. Pline, Ep., X, 97.

2. Judaeos fieri sub gravi poena vetuit, item etiam de christia&is sanxit. Spartien, Severus^ 17.

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