Tertullien, ild Scapu^am
majcste, mais pour le seul crime de religion, que soQt poursuivis les disciples de TEvangile. Cependant Tapologiste, a ce moment m^me, ne se plaint ni dela violation de leurs areaesepulcrales, ni de la destruction ou de la confiscation de leurs lieux de culte. L'extension par Caracalla a tons les provinciaux du droit de cite romaine ne parait pas avoir eu d'influence sur la situation des fidele^, sauf en un point. L'appel a I'empereur centre les jugements des gouverneurs, que Ton a vu, au premier si^cle, interjete par saint Paul, au second par quelques justiciables de Pline en Bithynie, cessa d'etre re^u. Du moment od tout le monde etait citoyen, ce privilege du citoyen devait disparaitre. Mais il semble avoir ete jusque-la si rarement exerce par les Chretiens, qu'on ne pent dire que leur sort ait ete sensiblement aggrave par sa disparition.
Au rude soldat Septime Severe avait succede un maniaque avide et sanguinaire. Caracalla eut a son tour pour successeur un fou, qui transporta de la Syriea Rome les pires orgies del'Orient. Elagabale etait trop peu Remain pour persecutor TEglise au nom de la religion nationale. Tout occupe d'abaisser celle-ci devant le culte du Baal d'Emese, il tolera ou il oublia les Chretiens. Son cousin Alexandre Severe purifia, en y montant, le trdne souille par ce honteux souverain. Mais il n'elait guere plus Remain que lui. Une instinctive sympathie I'inclinait vers le monotheisme juif et Chretien. Les Chretiens
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etaient nombreux dans son palais. Sa mere Mammee s'etait mise pendant quelque temps a Tecole d'Origene. Lui-m6me professait en religion un naif eclectisme, qui lui faisail placer dans son larairel'image du Christ k cdte de celles d'Abraham, d'Orphee, d' ApoUonius de Tyane et des meilleurs Cesars. D'un tel prince I'Eglise n'avait pas a craindre de persecution. Aussi s'enhardit-elle jusqu'a plaider devant lui. La corporation des cabareliers disputait un terrain, autrefois dependant du domaine public, aux Chretiens qui y voulaient ^tablir un lieu de culte. Alexandre r^solut le litige par un rescrit. « Mieux vautj declara-t-il, que Dieu soit adore d'une maniere quelconque en ce lieu, que d'en faire don aux cabaretiers ^ » Cette decision ^tait grosse de consequences. Elle consacrait le droit de I'Eglise non seulement a posseder, mais a esler en justice, comme toute autre corporation. Elle lui concedait m6me , de preference a une corporation rivale , une portion detachee du domaine public. Mais surtout elle lui accordait, pour la premiere fois, un droit qui semble en contradiction avec toute la legislation anterieure : celui « d'adorer Dieu a samaniere ». JamaisTEglisene fut plus pres d'etre officiellementreconnue, non seulement comme corporation legitime ou comme association de fait, mais meme comme soci^te religievLse.Christianos esse passus est, ditlc