Saint Cyprien, Ep
3. De Rossi, Koma soUerranea^ t. II, p. 258, 259, et 2« parlie, p. 4S-48.
4. De Rossi, iloma solterranea^ t.If, p. 7-10,89; Incr.christ, urbis Romae,t, II, p. i09, n* 62.
5. Acta SS,y octobre, t. X, p. 483, 487 ; Gregoire de Tours, De gloria mariyrum^ I, 33; De Rossi, Inscr. christ. urbis iiowae, t. II, p. 84, n" 30; 87, n" 31 ; 100, n" 17; 103, n" 31; 121, n" 9; 135, n« 9.
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lO't LE CHRISTIANISME ET L'EMPIRE ROMAIN.
pleter en Taggravant. La peine relativement douce de I'exil n'avait probablement pas effraye les ev^ques : meme exiles, ils continuaient leur oeuvre, comme Cyprien qui de Curube envoyait encouragements et secours aux forgats chr^tiens, et plus encore Denys, profitant de son sejour force en Libye pour y pr^cher TEvangile^. II fallait reduire au silence ces voix importunes. D'aulrepart, les mesures dirigees centre la communaute chretienne risquaient d'etre inefficaces , tant que celle-ci conserverait de puissants protecteurs parmi les nobles, les chevaliers, les femmes riches ou de haut rang, et m^me les opulents et influents serviteurs du palais qu'on appelait les C^sariens. On pouvait confisquer les cimetiferes poss^des a titre corporatif par TEglise, fermer ses lieux d'assemblee : les amis qu'elle conservait dans Taristocratie de naissance ou de fortune demeuraient, comme autrefois, maitres de lui ouvrir I'asile de leurs domaines funeraires; de fait, plusieurs cimeti^res furent accessibles, m^me apres I'edit de257, parce qu'ils etaient restes de droit prive. Valerien adressa au senat un nouvel edit, accompagne d'un modele de lettre destinee a etre expediee par la chancellerie imperiale aux divers gouvemeurs : il y etait dit que tons les evSques, pr^tres ou diacres, qui refuseraient d'abjurer seraient sur-le-champ mis a mort ;
1. Saint Denys d'Alexandrie, dans Eusebe, Hist, Eccl., VII, lis
que tous les nobles et chevaliers confessant le christianisme seraient dechus de lear dignite, depouillds de leurs biens, et decapites; que les femmes de meme rang seraient envoyees en exil; que les Chretiens de la maison de Cesar verraient leur fortune confisquee, et, assimiles aux derniers des esclaves , seraient condamnes a travailler la terre^
L'execution ne se fit pas attendre : des le 6 aoAt 258, le pape Sixte II, surpris avec son clerg6 dans une chambre du cimeti^re de Pretextat, fut decapit^ sur le lieu mfime, assis dans la chaire episcopale : plusieurs de ses diacres perirent avec lui 2. , En Espagne fut mis k mort Tev^que Fructueux, avec ses deux diacres ; a Carthage, Cyprien. Les paroles du propreteur de la Tarraconaise a Fructueux montrent I'intention de supprimer, d'amputer, pour ainsi dire, sechement et sans phrases, les chefs de la societe chretienne. « Tu es ev6que? — Je le suis. — Tu I'as ete, » dit le gouverneur, en Tenvoyant au supplice^. Plus exactement encore les termes de la sentence prononcee centre Cyprien traduisent la pensee imp^riale. Ce n'est pas seulement pour cause de christianisme, c'est-a-dire pour dissidence religieuse, c'est surtout comme sacrilege,
i. Saint Cyprien, Ep, 80.