‹ Le christianisme et l'empire romain: de Néron à Théodose (volume 2)Chapitre 66 sur 164 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

3. Acta S. Acacii, 4, dans i4c;aSS.,mai, 1. 1, p. 16'2; Acta S. Adriani, i, dans Surius, VilaeSS., t. IX, p. 88; saint Gregoire de Nysse, De magno martyre Theodoro, 3 (dans Rlinart, p. 534).

4. Eusebe, Hist. EccL, VIH, 40; Lactance, De mort. pers., 21.

a la brulalite des gouverneurs et des soldats ^ La tetrarchie, cependant, se desagregeait de nouveau. Apres rabdication de Diocletien , Constantin etait demeure a la cour de Galere, traite a la fois en prince et en otage. Constance Chlore, a la veille de partir pour la Bretagne, et sentant sa sante decliner, le reclama. Galore dut Tautoriser a partir : Constantin, qui craignait d'etre rappele ou poursuivi, donna a son depart les allures d'une fuite, emmenant ou mutilant, dit-on, les chevaux de tous les relais afin qu'on ne pAt le rejoindre. II arriva en Gaule au moment oh son pere allait s'embarquer, le suivit en Bretagne , et peu de temps apres recueillit son dernier soupir. De son mariage avec la belle-fiUe de Maximien Hercule, Constance laissaitsixenfanlsen bas Age: seul Constantin, issu dun premier lit, etait en etat de lui succeder. Acclame par les legions, celui-ci se h^ta de notifier son avenement aux empereurs. Cette election improvisee d^rangeait vraisemblablement les plans de Galere, qui neanmoins accepta le fait accompli. Mais Constantin dut se contenter du litre de Cesar, au lieu de celui d'Auguste que lui avaient confer^ ses troupes. II devint souverain des Etats ou avait regn^ son pere, c'est-a-dire des trois grandes contrees occidentals de I'Empire. Cet

i. EusEUE, De mart. Pal, 5; Hist. EccL, VIII, 12, II; Lactance, De mort. pers.^ 38; saint Amuroise, De virginibus, III, 7 ; Ep, 37; SAINT Jean Curysostome, Homil. XL, LI.

132 LK CHRISTIANISME IST LEMPIRE ROMATN.

a la defense de TEmpire, fut maintenu parTelevation des C^sars au rang d*Augustes et la creation de deux Cesars nouveaux. Galere prit alors le gouvernement de la partie orientale de I'Empire , tant en Europe qu'en Asia; Constance Chlore demeura souverain de tout I'Ouest, en ajoutant I'Espagne a la Bretagne et a la Gaule; Flavius Severe et Maximin Daia, nommes Cesars, eurent Fun I'ltalie et I'Afrique, Tautre I'Egypte et la Syrie. Ces deux princes, dont le second etait neveu de Galere, avaient ete preferes, contre toute attente, a Maxence , fils de Maximien Hercule, et a Constantin, fils de Constance Chlore, que leur naissance semblait designer pour le second rang dans la tetrarchie reorganises

L'Eglise ressentit presque aussit6tle contre coup de ces changements. Devenu le subordonne du tolerant Constance, dont les Etats avaient a peine connu la persecution *, Flavius Severe en suspendit les rigueurs dans les provinces qui venaient de lui ^tre attribuees. « Les con trees situees au dela del'Illyrie, ecrit Eusebe, c'est-a-dire I'ltalie entiere, la Sicile, la Gaule et tous les pays d'Occident, TEspagne, la Mauritanie etTAfrique, apres avoir souffert la fureur de la guerre pendant les deux premieres annees de la persecution, obtinrent

1. Lactance, De mort. pers., i5; Eusebe, De vita Const., I, i6, 17; leltre des 6v6ques donatisles a Constanlin, dans Optat, De schism. Donat., 1, 22.

promptement de la gr^ce divine le bienfait de la paix^ »

On put esperer pendant quelque temps que les chretient^s orientales ne seraient pas moins lieureuses. En arrivant dans ses Etats, le Cesar Maximin Daia parait avoir recommande aux magistrats d employer la douceur plut6t que la violence pour ramener les dissidents au culte des dieux ^. L'Eglise d'Alexandrie crut a la duree de la treve : elle promulgua d'admirables canons rediges par son eveque Pierre et fixant le sort de ceux qui avaient plus ou moins faibli pendant la persecution ^. Mais presque aussit6t celle-ci recommenga dans la moitie de TEmpire que gouvernaient Galere et Maximin. « Alors — continue Eusebe — on vit le monde remain divise en deux parlies. Tons les freres vivant dans Tune jouissaient du repos. Tons ceux qui habitaient I'autre etaient obliges a des combats sans nombre *. :» Des les premiers mois de 306 un nouvel edit fut public en Orient, « commandant aux gOQverneurs de contraindre les habitants de leurs villes a sacrifier publiquement aux dieux. Des h^rauts parcoururent les rues et convoquerent les chefs de famille dans les temples. Les tribuns des soldats firent d'apr6s des registres

d. Eusebe, De mart. Pal., 13.

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