Saint Augustin, Brev. coll. cum Donat., Ill
3. De Rossr, Roma sott., t. II, p. 209. — On cnlerra le pape Eusebe dans une chambre du second dtage assez ^loign^e du caveau papal, qui n'etait pas encore dcgag(^ du sable dont on avail obstrue ses approches pour le soustraire au\ proranations.
etait plutot favorable a I'Eglise. Des Chretiens
avaient pu souffrir individuellement de sa tyrannic
et de ses vices * : les Chretiens, pris en masse, n'a-
vaient qu'a se louer de ses actes publics. La guerre ,
etait deja declaree, quand Maxence autorisale pape i
Miltiade areclamer au pr^fet de la ville les proprietes
ecclesiastiques confisquees depuis 304 ^ et lui per- j
mit de ramener de Sicile les restes de son prede- i
cesseur pour les enterrer au cimetiere de Calliste ^. j
Bien qu'ayant imite la tolerance religieuse de son
pere, Constantin, qui avait trouve autour de lui
moins de mines a r^parer, n'avait probablement
pas encore donne autant de gages aux Chretiens.
Cependant sa victoire sur Maxence fut tout de suite
consideree par eux comme la victoire m^me de leur
religion. Cela pent s'expliquer par ce seul fait : la
conversion de Constantin survenue au cours meme
de I'expedition, et en changeant soudain le carac-
tere.
Parti paien de la Gaule, Constantin arriva dans Rome ayant arbore sur ses etendards le signe du Christ. Eusebe a raconte le drame interieur qui amena ce changement extraordinaire, et I'evenement merveilleux qui le confirma, alteste par le
148 LE CHRISTIANISHE ET L'EMPIRE ROHATN.
serment de Tempereur et plus encore, peut-fetre, par la transformation subite des enseignes militaires * . On aurait pu croire que le monde idolAtre de Rome aurait vu avec peine une victoire dont Constantin se disait redevable au Dieu de TEvangile. Mais Maxence s'etait rendu si impopulaire que son heureux rival fut accueilli avec une egale faveur par les paiens et paries Chretiens. Tres habilement, il s'appliqua tout de suite a rassurer les premiers, tout en donnant aux seconds de nombreux gages de sa faveur. II se montra surtout attentif a tenir la balance egale entre les deux cultes. Mais il marqua en m^me temps sa volonte de retablir partout la paix religieuse.
Aussi Tun de ses premiers actes fut-il une lettre presque mena^ante au pers^cuteur Maximin ^. Celui-ci dut se soumettre, mais il le fit sans franchise. Un message envoye par lui au prefet du pretoire, presque dans les m^mes termes que celui qu'il avait, Tannee precedente , adresse a ce magistrat au sujet de I'edit de Galere, recommanda de ne plus violenter les chretiens, et d'essayer plut6t de les gagner au paganisme par la persuasion et la douceur ^. Le rescrit ne contenait ni desaveu du passe ni promesse formelle pour Tavenir. Constantin s'en contenla provisoirement. II
\. Elsebe, Devila Const.^ly 27, 28, 31.