‹ Le christianisme et l'empire romain: de Néron à Théodose (volume 2)Chapitre 84 sur 164 · EusEOE, Hist, EccL, X · texte numérisé non relu

EusEOE, Hist, EccL, X

line sentence du proconsul d'Afrique dechargea alors sa memoire du crime « d'avoir brule les livres divins^ » Quand, en 314, Tobstination des donalistes oblige I'empereur a convoquer un concile a Aries, les lettres ecriles a cette occasion He laissent aucun doule sur la religion qu'il professe. Dans celle qu'il adresse au vicaire d'Afrique, il se plaint des donatistes qui « ne veulent considerer ni Tinteret de leur propre salut, ni, ce qui est plus grave encore, le respect dA au Dieu tout-puissant », et « donnent occasion de medire a ceux qui affranchissent encore leurs sens de la tres sainte observance de cette religion ^ ». II ajoute ces mots, qui prouvent a la fois la sincerite de sa croyance et I'^lement grossier d'ihteret personnel qui s'y m^le encore : « Certain que vous etes, vous aussi, \m adorateur du Dieu supreme, je confesse a votre gravite que je ne me crois pas permis de tolerer ou de negliger ces scandales qui peuvent irriter la divinite, non seulement contre le genre humain, mais centre moimtoe, puisque, par un acte de son bon plaisir celeste, elle m'a confie la terre enliere a gouverner; emue contre moi, elle pourra prendre quelque autre decision, Je ne pourrai done ^tre reellement et pleinement tranquille, et me promettre un bonheur complet de la bienveillance du Dieu tout-puissant,

* . Gesta proconsularia quibus absolutus est Felix (a la suite du t. IX des (Euvres de saint Augustinj 6d. Gaume, p. 4088). 2. Lettre a Ablavius, ibid., p. 1090.

que lorsque je verrai tous les hommes, reunis dans un sentiment fraternel, rendre au Dieu tres saint le culte regulierdela religion catholique^ » Salettre de la m^me annee a Chrest, ev6que de Syracuse, contient les m^mes plaintes centre les obstines qui « oublient et leur propre salut et la veneration due a latr^s sainte foi, et, se dechirant entre eux parune honteuse et detestable division, donnent occasion de railler a ceux dont les sentiments sont eloignes de la sainte religion^ ». L'appel des donatistes centre les decisions du concile lui inspire une autre lettre, adressee aux ev^ques qui y siegerent, et dans laquelle se montre, plus ardente que jamais, Texpression de ses convictions chretiennes. « lis demandent mon jugement, s'^crie-t-il, moi qui attends le jugement du Christ!... mais, je le dis en verite, le jugement des pr^tres doit 6tre regu comme si Dieu en personne etait assis sur leur tribunal pour juger. Car il ne leur est pas permis de penser et de juger autre chose que ce qu'ils ont appris par Tenseignement du Christ ^I » On sait les peripeties qui suivirent : les donatistes protestant centre les decisions episcopales, et persistant a reclamer des juges civils ; Constantin consentant, par lassitude ou par faiblesse, a instruire de nouveau Taf-

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