‹ Le Christianisme et l'Empire romain de Néron a ThéodoseChapitre 122 sur 176 · Code Théod,. IX, xvi · texte numérisé non relu

Code Théod,. IX, xvi

LE CHRISTIANISME ET LEMPIKE ROMAIiN. 241

mais surtout sous celui de Constance, les biens de nombreux temples avaient été confisqués, et donnés soit à des églises, soit même à des particuliers. Il y avait eu là, plus d'une fois, des abus de la force, difficiles à justifier en droit : plus souvent sans doute le prince n'avait fait qu'employer à un usage meilleur remplacement d'un temple abandonné, oii le culte ne se célébrait plus, et les immeubles qui en formaient Fapanage désormais sans objet. Restaurant partout le paganisme, même contre le vœu des populations, rouvrant tous les temples, rétablissant les sacrifices non seulement là où la crainte les avait interrompus, mais encore là où ils étaient tombés en désuétude, Julien avaiteu pour premier soin d'annuler CCS donations de ses prédécesseurs, et de rendre aux sanctuaires païens les biens dont ils avaient été dépouillés. Quand sa mort eut fait cesser la renaissance artificielle du paganisme, il parut abusif de laisser subsister cette mesure. Dans bien des cas les temples auxquels des biens avaient été ainsi pris et rendus étaient ceux où le culte, déjà en décadence avant Julien, avait cessé de lui-même dès quela faveur impériale n'avait plus été là pour lui prêter une vie factice. Une mesure d'expropriation en sens, inverse s'imposait au souverain, quand même elle à'eût pas été réclamée par les chrétiens. Il était évident que même si quelques-unes des donations, de Constance avaient été abusives, la plupart de celles de Julien n'avaient plus de raison d'être. Mais

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Tacte attendu de Valentinien ne laissait pas de soulever des questions délicates. Fallait-il maintenir les temples encore fréquentés en possession des biens recouvrés par eux sous le règne précédent, et retirer ces biens aux seuls temples que l'indifférence des populations rendait inutiles? fallait-il remettre les biens des temples en la possession de tous ceux indistinctement à qui Constance les avait donnés ou vendus, ou, laissant de côté les courtisans qui les tenaient de la seule faveur, restituer seulement ceux qui étaient entrés pour un temps dans le patrimoine des églises? Valentinien ne se donna pas la peine d'ordonner une enquête qui, au moins pour ce dernier cas, n'eût pas été difficile. Par une fiction légale assez singulière, il considéra comme des biens sans maître tous les immeubles qui, objet des libéralités en sens contraire de Constance et de Julien, avaient été tour à tour ravis ou rendus aux temples. « Tous les lieux, dit-il, toutes les terres qui sont en ce moment attachés à des temples, mais qui avaient été précédemment vendus ou donnés par divers princes, reviendront à notre domaine privé : tel est notre bon plaisir ^ » C'était agir à la façon du juge, dans la fable de riluître et les Plaideurs. On se demandera quel fut le mobile de YalentiMien. Les historiens le représentent à la fois comme avide, et comme très soi-

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