Code Théod., X, I
gneux de soulager les peuples accablés d'impôts *. Ce double sentiment, qui n'est point contradictoire, peut suffire à expliquer son acte. Mais on ne se trompera peut-être pas en lui prêtant une autre pensée. S'il eût rendu aux églises les dépouilles des temples que leur avait enlevées jadis Julien, il eût paru favoriser une religion aux dépens de l'autre. La crainte de sortir de cette neutralité dont il s'était fait une règle absolue fut probablement le principal motif de sa conduite.
Dans la répartition des faveurs aux chrétiens et aux païens, Valentinien paraît avoir gardé le même équilibre : s'il penche d'un côté, ce sera plutôt vers ces derniers. Sans doute, toutes les fois que l'intérêt de son pouvoir ou les susceptibilités de l'autre culte ne lui paraîtront pas en jeu, Valentinien prendra visiblement plaisir à accorder des bienfaits discrets à ses coreligionnaires. C'est ainsi qu'il interdira toute poursuite judiciaire le dimanche ^, donnera une amnistie à l'occasion de la fête de Pâques ^, dispensera les soldats chrétiens de monter la garde à la porte des temples païens *y défendra de condamner des chrétiens à l'état de gladiateurs *, exemptera de la profession
1. Ammien Marcellin, XXX, 8, 9; Acrelius Victor, Epitome; Zo-