SiiST Ambroise, Ep
On le voit, si Valentinien rappelle, comme nous Tavons dit, Constantin, c'est avec une sorte de crainte de lui trop ressembler. Plus chrétien dans sa conduite, malgré une sévérité excessive qui dégénéra souvent en cruauté * , il redoute de le paraître, et s'applique avant tout à se donner Tair d'être impartial. Comme il arrive souvent, Valentinien, pour éviter toute apparence de favoriser les siens, partagea inégalement ses grâces, et en répandit de plus abondantes sur les adversaires naturels de ses vrais sentiments. On ne peut dire, cependant, que son règne ait été mauvais pour l'Église. Constantin avait plus nui à celle-ci qu'il ne l'avait servie en s'occupant trop d'elle : Valentinien, fidèle aux principes proclamés dès les premiers jours de son règne, s'abstint autant que possible de s'immiscer dans ses affaires. « Ce n'est pas à moi d'être juge entre les évêques, » disait-iP. Conséquent avec ses idées, il évita de se déclarer même contre les hérétiques. A part une loi contre les manichéens, proscrits naguère par les princes .païens eux-mêmes, et une autre loi contre la réitération du baptême par les donatistes ', on ne voit pas qu'il se soit occupé d'eux. Sectateur de la foi de Nicée, il n'inquiéta pas les
1. Saint Jérôme. Chron,<, ad ann. 366; Sulpice Sévère, Dtalog.t II, 6; Ammieii Marcellin, XXVII, 7; XXIX, 3; XXX, 8; Zosime, VI, 1* 3. Saikt Amdroise, Ep. 13.