‹ Le Christianisme et l'Empire romain de Néron a ThéodoseChapitre 14 sur 176 · Act, Apost., XIX · texte numérisé non relu

Act, Apost., XIX

OU tolérés, et personne ne songeait à les mettre à cette épreuve. Maintenant, elle est pour eux une fréquente occasion de chute. Il faut que Fauteur de Y Apocalypse soutienne ou ranime leur courage en prophétisant, avec les plus vives couleurs, la ruine de cet Empire qui veut se faire adorer d'eux, de cette Rome « qui enivre le monde du vin de son impureté et trempe sa robe dans leur sang ^ »

Mais ces paroles enflammées, faites pour les fidèles de FAsie et le genre particulier d'épreuves auquel ils étaient exposés, ne correspondent pas stussi exactement à Tétat d'esprit des chrétiens qui vivent au centre du monde romain. Ceux-ci, moins occupés de l'avenir que du présent, ne désespèrent pas, au milieu des plus cruels traitements, d'arriver un jour à une entente avec l'État persécuteur. Aussi, dans leur langage, dans leur attitude, et même dans leurs sentiments, persistent-ils à se montrer de loyaux sujets de l'Empire. Conformément aux recommandations de saint Paul, ils font aux prières pour le souverain une place dans leur liturgie. Dans une magniûque oraison, que saint Clément nous a conservée, ils demandent pour les princes et les magistrats la paix, la concorde, la stabilité , et prient Dieu de diriger leurs conseils vers le bien, afin qu'ils exercent paisiblement et avec douceur le pouvoir qui leur a été confié ^. Déjà,

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