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se passent encore ainsi en Afrique vers 197 ou 198, date probable des livres Aux nations et de V Apologétique, dans lesquels Tertullien nous donne ces détails. C'est, au point de vue juridique, Tétat ^de choses réglé par le rescrit de Trajan. Rien \ n'indique que Septime Sévère Tait abrogé par Tordonnance de 202. Celle-ci regarde non plus les chrétiens en général, dont la situation légale est depuis longtemps fixée, mais les nouveaux chrétiens, les convertis. L'établissement, en ce qui les concerne, d'un délit spécial implique nécessairement vis-à-vis d'eux un changement de procédure. Pour cette catégorie de fidèles, le conquirendi non sunt de Trajan est effacé. Au lieu d'attendre qu'un accusateur les traduise devant le tribunal, les magistrats reçoivent l'ordre de les poursuivre directement, et avec eux, sans doute, les complices de leur conversion. On espère arrêter ainsi la propagande évangélique.
C'était donner aux gouverneurs de province une sorte de pouvoir discrétionnaire et les rendre maîtres de déchaîner la persécution à leur gré. Aussi les voit-on, au troisième siècle, intervenir d'une manière beaucoup plus personnelle que ne faisaient leurs prédécesseurs. Naguère les magistrats se contentaient de juger les chrétiens ; quelques-uns maintenant leur font la chasse. Les écrits du temps ont conservé le souvenir de légats ou de proconsuls qui se rendirent célèbres par leur cruauté, et
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d'autres qui, usant modérément ou n'usant pas du pouvoir de recherche qui leur était remis, ont laissé au contraire un renom de douceur ^ Alors se pose une question à laquelle on ne paraît pas avoir songé pendant la période précédente, quand il était interdit aux magistrats de rechercher et de poursuivre d'office les chrétiens : ceux-ci ontils le droit de se soustraire au danger par la fuite? Les esprits téméraires, et aussi certains hérétiques, soutiennent la négative^ : les gens sensés répondent affirmativement'. Comme on pouvait s'y attendre, beaucoup des victimes les plus illustres de la persécution qui fut la conséquence nécessaire de l'acte de 202 sont de nouveaux chrétiens, néophytes ou catéchumènes : tels plusieurs des disciples d'Orlgène, immolés à Alexandrie*, ou les célèbres martyrs de Carthage, Perpétue, Félicité, Revocatus et leurs compagnons qui se préparaient au baptême^. Septime Sévère parait surtout avoir été occupé d'empêcher le nombre des chrétiens de s accroître. Au moins, ni dans son édit, tel que le résume Spartien*, ni dans les poursuites auxquelles cet édit