‹ Le Christianisme et l'Empire romain de Néron a ThéodoseChapitre 29 sur 176 · EusÈBE, EiiU EccL, VI · texte numérisé non relu

EusÈBE, EiiU EccL, VI

H» RoiMART, Acta sincera martyruiUf p. 85; àrmitagb Rodimson, The P<usion ofS, Perpétua,

6. Spartien ne dit pas si l'ordonnance de Septime Sévère fut un édit Ou un rescrit. Hais, môme si elle prit cette dernière forme,

donna lieu, et dont un document aussi authentique et aussi détaillé que les Actes de sainte Perpétue fait connaître le caractère, ne rencontre-t-on rien qui permette de croire que Tempereur ait cherché à atteindre dans l'Église autre chose que des individus. Son règne marque cependant Theure où celle-ci prend matériellement racine dans le sol, en devenant propriétaire.

§ 2. — La situation légale des Églises.

Dès les premiers instants de son existence, l'Église avait reçu de la générosité ou de la prévoyance de ses enfants les ressources nécessaires aux frais du culte, à Tentretien du clergé, que le travail manuel ne suffisait pas toujours à nourrir * , à l'assistance des orphelins, des veuves et des pauvres. Mais ces ressources furent d'abord purement mobilières. Même dans la chrétienté primitive de Jérusalem, on ne voit pas que les fidèles aient offert leurs immeubles à l'Église : le livre des Actes raconte au contraire qu'ils les mettaient en vente pour en dépo-

il est certain qu'elle eut une portée générale, comme, un siècle plus tôt, le rescrit de Trajan à Pline, qui fit jurisprudence pour tout l'Empire.

1. SiiXT Paul, / Cor,, ix, 14; // Cor,, xi, 8, 9; / Tfiess., n, 9; II Thess,, m, 8, 9. Voir aussi Didachè, 43.

ser le prix aux pieds des apôtres*. Cependant, à mesure que s'accrut le peuple chrétien, on sentit la nécessité de posséder des lieux de culte autres que des salles d'emprunt^, et surtout celle d'avoir des cimetières où les fidèles défunts pussent attendre la résurrection loin de tout contact des tombes païennes. Pendant longtemps ce contact avait pu être évité, grâce surtout à la générosité de riches fidèles, qui ouvraient aux défunts de leur religion leurs propres tombes de famille. Dans Tantiquité romaine, où celles-ci recevaient souvent les affranchis ou même les esclaves, et formaient parfois le centre de très vastes domaines funéraires ^, une telle libéralité n'avait rien d'insolite. Mais on comprend que le nombre croissant des chrétiens ait fini, cependant, par rendre onéreuse et difficile cette hospitalité de la tombe, comme on en aperçoit aussi le caractère précaire, toujours à la merci des hasards de succession, qui pouvaient faire passer à un héritier païen un lieu consacré par la sépulture de saints ou de martyrs. Aussi l'Église dut-elle aspirer à posséder des cimetières lui appartenant en propre, soustraits à toute mutation et administrés par elle seule. Cela paraît avoir com-

i, Act. Apost, IV, 3», 35,37; v, ^, 27.

â. Cf. Act. Apost., XX, 7, 8; saikt Paul, Kom., xvi, S ; Recognit. Pseudoclem€nt.,\, li,

3. Voir dans mon Histoire des Persécutions^ t. II, 2« édit., p. 4(>.'î et suiv., l'Appendice A : Domaines funéraires des particuliers et des collèges.

( menée à Rome sous le règne de Septime Sévère. A la suite, probablement, d'une donation faite par une noble famille chrétienne ^^Église de cette ville devin t propriétaire d'un lieu commun de sépulture , le premier qu'elle ait possédé, car un écrit du temps

( l'appelle avec une sorte d'emphase « le cimetière^. » Vers le même temps, un « adorateur du Verbe » donna « à TËglise sainte » de Césarée de Mauritanie « une aire pour les sépultures, » avec « une cella (chapelle) construite à ses frais » pour l«s réunions'. Un autre chrétien de la même ville agrandit ce champ des tombeaux en y joignant un second terrain « pour tous les frères*. » L'Église de Carthage paraît avoir eu aussi à cette époque des terrains funéraires '. A Rome, le pape Zéphy-

1 rin confia l'administration « du cimetière » au pre-

/ mier diacre, chargé des intérêts matériels de la communauté •.

C'était la substitution de la propriété corporative à la propriété individuelle pour la possession des locaux nécessaires à l'administration ecclésiastique. Dans les villes où l'Église, ayant de nombreux adhérents, sentit le besoin d'un patrimoine

1. Di Rossi, Roma sotterranea, t. II, p. 368 et suiv. V 2. Philo8ophumenatl\,iU

3. CorpuM imcr. laL^UYlU, «585. Cf. Bull, di arch,, crt*t.,1864, p. 58.

4. Corpus imcr, lat,, t. VIII, 9586. Cf. De Rossa, Roma sotterranea^ t. f, p. 106.

Page 1