Làctakce, De mort pers
116 LE CHRISIUIflSME ET L'EMPIRE ROMAIN.
veau les rigueurs particulières et locales dont le souvenir a été conservé. Mais celles-ci durèrent peu, et les dernières années du troisième siècle virent la paix religieuse à peine troublée.
Même en Occident, où les chrétiens étaient moins nombreux et avaient, pour ce motif peutêtre, souffert plus de violences, TÉglise respira librement. En Orient, où depuis longtemps la foi était enracinée dans toutes les provinces, au point qu'en certaines d*entre elles la population croyante formait déjà la majorité, toute entrave sembla levée, et la sécurité assurée pour toujours. Quand Dioclétien eut transporté sa cour à Nicomédie, les fidèles y furent nombreux, et plusieurs parurent très avancés dans la faveur du souverain. On vit beaucoup de chrétiens gérer des magistratures municipales ou même administrer des provinces *. Le clergé eut, comme sous Gallien, rang officiel et fut traité avec de grands égards par les représentants de l'autorité publique *. La paix sembla si solidement assise que déjà les Églises commencèrent, à souffrir les maux de la prospérité. Ici, les mœurs se relâchaient'; ailleurs, des ambitieux se disputaient les dignités ecclésiastiques *. Mais par-
1. EnsÉBB, Hist. Eccl, VIII, 1, 6, 9, 11; concUe d'iUiberis, canons 3, 4, 85; Passio S, Philippin 7, 10 (dans Ruinart, p. 447,450). 3. EisiBE, Hist. Eccl, \IU, 1.
3. Concile d'Hliberis, canons 5, 6, 8, 9, 10, 13, 18, 19, 20, SI, 45, 53, 57, 69, 73 79.