EusÈBK, Hist, Eccl., VIII
tout la sécurité matérielle s'affirmait par des signes extérieurs : en beaucoup de villes, de spacieuses basiliques remplaçaient les églises obscures ou les étroites chapelles des premiers temps ^ A Rome, cependant, la prévoyance des papes continua de maintenir les lieux de culte loin du centre mondain et tumultueux de la cité, et paraît avoir employé surtout à Tagrandissement des catacombes la liberté laissée à leur zèle^. Ils semblent avoir vu que cette liberté serait courte et que la paix demeurail fragile.
Le troisième siècle, cependant, ne s'achevait pas sans avoir modifié favorablement les rapports de l'Église avec l'État romain. Pendant la première moitié du siècle, l'Église avait réussi, en se faisant accepter soit comme collège funéraire légalement autorisé^ soit au moins comme association de fait , à constituer le patrimoine nécessaire pour le culte, la se* pulture et tous les besoins matériels ou spirituels d'une société organisée. Toute fiction légale avail même fini par devenir inutile, puisqu'une décision impériale, aux environs de Fan 225, avait traité TËglise de Rome comme une corporation reconnue, et môme comme une religion licite, en lui concédant un terrain avec permission d'y adorer Dieu.. Il fallut le cruel édil de Dèce pour rendre de nou-