Lactance, De mort, père
3* la destruction dés livres sacrés; 4® Fabjuration de tous les chrétiens, sous peine, pour ceux qui occupaient un rang élevé, d'être dégradés et frappés de mort civile, pour ceux d'humble condition d'être réduits à Tesclavage, pour les esclaves de ne pouvoir jamais être affranchis*.
Galère avait probablement attendu davantage; mais il comptait sur quelque incident pour inclinera d'autres rigueurs la volonté de Dioclétien. Dans un mouvement d'indignation plus généreux que réfléchi, un chrétien mit en pièces l'exemplaire de l'édit affiché au forum : cet acte compromettait seulement son auteur, à qui l'on ne put trouver de complices. Bientôt le feu éclata, à deux reprises, au palais impérial. Galère l'imputa aux chrétiens; Lactance en accuse formellement Galère^. Celui-ci au moins profita habilement de l'incendie pour compromettre ses ennemis. Il feignit la terreur, et s'éloigna précipitamment, tandis que Dioclétien, se croyant trahi, envoyait au supplice ses serviteurs chrétiens. Une partie de la population de Nicomédie devint suspecte. L'évèque, ses clercs, leurs familles, leurs serviteurs, périrent dans les tourments. De nombreux fidèles furent emprisonnés. Le sang coula abondamment,
i. Lactance, De morLpert,, 10, il, 12, 13; Eusêbe, De vita Const. II, 50, W; Hist. EccL, VHI, i; IX, 40; Rchn, Hist. Ecel., VIII, «.
S. LACTANCE, De mort, pers., 14. Eusèbe attribue Tincendie aut hasard [HisU EccL, VIII, 6), Constontin, qai était sur les lieux, à la foudre {Oratio ad sanctorum eœtum^ 25, 9).
12i LE CHRISTIANISME ET L'EMPIRE ROMAIN.
malgré les résolutions premières de Dioclétien. On ramenait à châtier sans pitié comme incendiaires ceux qu'il avait d'abord voulu détourner du christianisme par un édit où la peine de mort n'était pas écrite * .
Mais la persécution locale de Nicomédie ne fît pas loi dans les provinces : on s'en tint partout ailleurs à l'exécution stricte de l'édit. Encore fut-il exécuté en certains lieux avec peu d'empressement, tant on s'était accoutumée la tolérance religieuse. Non seulement en Occident, où Maximien Hercule et Constance ne le connurent que par un message de Dioclétien^, mais en Orient même, un ou deux mois s'écoulèrent quelquefois avant que les gouverneurs se décidassent à l'appliquer '. La destruction des églises ne se fît pas partout de la même manière. Ici, on abattait réellement leurs murailles^; là, on se bornait à brûler leurs portes, leurs chaires, les laissant ensuite debout comme des édifîces abandonnés^. Mais la recherche des livres paraît avoir été presque partout activement poussée. La ' plupart des chrétiens mis à mort dans cette première phase de la persécution périrent pour avoir
1. Lactakce, De mort, pars,, 43-15; Eusèbe, Hist, EccL, VIII, 5-6.