‹ Le Christianisme et l'Empire romain de Néron a ThéodoseChapitre 55 sur 176 · Làctauce, De morU pers · texte numérisé non relu

Làctauce, De morU pers

3. Eusèbe, Hist, Eccl^ VIII, 3; De mart. Palest., prooemium ; ToÉo- DORET, Hist, EccLf V, 38.

4. Môme en Gaule, sous Constance; Lactakce, De mort, pers., 15.

5. Gesta proconsularia quibus absolutus est Félix ( à la suite des Œuvres de saint Augustin, éd. Gaume, t. IX, col. 1088).

refusé de livrer les écrits ou le mobilier possédés par les Églises*. On peut se rendre compte de Fàpreté des poursuites exercées de ce chef, en étudiant divers épisodes de l'histoire de TËglise africaine, particulièrement le procès verbal des perquisitions faites à Cirta, document authentique qui jette le jour le plus vif sur la vie matérielle des communautés chrétiennes au commencement du quatrième siècle '. Ceux qui se soumirent furent flétris du nom de traditeurs : beaucoup résistèrent au péril de leur vie : quelques-uns usèrent de ruse, et parfois, avec la connivence des autorités romaines, se tirèrent d'affaire en livrant des papiers insignifiants^. L'édit, tel qu'il nous est parvenu, ne parle pas de la confiscation des immeubles possédés par les communautés chrétiennes : celle-ci , cependant, paraît avoir été la conséquence de l'interdiction de leurs assemblées et de l'ordre donné de détruire les lieux de culte. Ainsi voit-on à Rome les propriétés ecclésiastiques mises sous la main du fisc *. Pour sauver de profanations possibles les tombes les plus vénérées des cimetières, on remplit alors de terre plusieurs de leurs galeries : le moyen réussit si bien, qu'après la paix de l'Église les fidèles auront beau-

1. Acta S. FeliciSt episcopi et marlyrii^ dam Ruina rt, p. 376. 3. Ge»ta apud Zenophilum eonsularem (à la suite dei Œuvres de saint Augustin, éd. Gaume, t. IX, col. llOG-ilOr).

3. Saint Augustin, Contra Cresconium, III, 30; Brevieulus coll cum Donat.t III, SS.

4. Liber Pontificalis, Silyester, éd. Ducbesne, 1. 1, p. cl et 189.

coup de peine à retrouver et à dégager remplacement des plus illustres sanctuaires des catacombes ^ . Les documents de cette époque montrent la partie de Fédit qui regardait la destruction des édifices, des livres ou des meubles liturgiques ponctuellement exécutée ; mais les articles relatifs aux personnes semblent être restés à Tétat de menaces. Ceux qui demeureront chrétiens, y était-il dit, seront dégradés ou réduits à l'esclavage : aucune mesure cependant n'est encore prise pour mettre les chrétiens en demeure d'abjurer. C'est par degrés qu'on en vint aux rigueurs contre les personnes. Il fallut pour cela que les défiances politiques de Dioctétien fussent éveillées. Des tentatives de révolte, qui venaient d'éclater dans la Syrie et l'Arménie romaine, servirent de prétexte. Les chefs des Églises furent représentés à l'empereur comme étant complices des rebelles. II. promulgua alors, dans le courant de 303, un second édit, ordonnant de mettre en prison, non tous les chrétiens, mais les évêques, prêtres, diacres, lecteurs, exorcistes, puis un troisième, commandant que les membres du clergé ainsi incarcérés fussent renvoyés libres s'ils consentaient à sacrifier, ou punis de mort s'ils refusaient de le . faire '. La persécution sanglante commença vraiment alors.

1. De Rossi, Roma iotterraneat 1. 1, p. 213; t. II, p. i06, S59, 379, et 2"* partie, p. S3-58; Inscript, christ, urbis Romae, t. II, p. 30, 66,90,103,104, iOS,108.

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