EcsÈBE, Hist. EccU, IX
Fhistoire évangélique. De prétendus Actes de Pilate, parodie blasphématoire de TËvangile, furent répandus à profusion parmi le peuple *. Des ballot^ les portèrent par milliers d'exemplaires dans les provinces. Les magistrats reçurent Tordre de les faire connaître dans les villes et jusque dans les villages. On les propagea au moyen de conférences ou de lectures publiques. Leur texte fut placardé sur les murs. L'étude de ce libelle sacrilège devint obligatoire dans les écoles : les instituteurs durent le faire apprendre à leurs élèves, y puiser la matière des devoirs écrits ou des déclamations orales ^.
La guerre au christianisme était ainsi portée sur tous les terrains, avec une habileté qui ne se rencontre pas aux siècles précédents et que, dans quelques années, Julien lui-même n'aura pas à ce degré. Mais les événements furent plus forts que la volonté du persécuteur. La charité montrée par les chrétiens durant une terrible famine, que suivirent aussitôt des maladies contagieuses, leur ramena l'opinion publique*. Les rigueurs se ralentirent. Bientôt l'attention de Haximin fut détournée par une expé-
1. Ces Actes aYaient probablement été composés plusieurs années auparavant, car il jrest fait allusion dans la Passion des saints Tarachus, Probus, Andronicus (Ruinirt, p. 485) et peut-être dans celle de saint Théodote (t6td., p. 365), -martyrisés en 304. Edsâdb {Hist, Eccl.t 1, 9) se donne la peine de relever leurs fautes de chronologie.
s. EcsÈBE, Hist. EccL^ IX, i. Cf. Lucien, itpo{.,dan8 Rocth, Reliquiœ sacrm^ t. IV, p. 6.
3. EusÈBE, Hist, Eccl,, IX, 8. Cf. Lactance, De mort, pers., 87.
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dition désastreuse en Arménie ^ Enfin Tintervention de Constantin, devenu le champion avoué du christianisme, contraignit son collègue d'Orient à rendre la paix à l'Église '.
S 4. — L'édit de Milan (313).
Sous le prétexte de venger la mort de Maximien Hercule, mais en réalité par jalousie des succès et du prestige de Constantin, Maxence lui avait déclaré la guerre dès la fin de 311. On connaît les événements qui en quelques mois changèrent la face du monde romain : les Alpes franchies, les villes du nord de Tltalie tombant les unes après les autres au pouvoir du maître de la Gaule, la marche victorieuse de celui-ci par la voie Flaminienne, le choc décisif des deux armées au bord du Tibre, Maxence englouti dans le fleuve, et Constantin entrant dans Rome, le 29 octobre 312, aux acclamations du peuple et du sénat ^. De la bataille du pont Mîlvius date le triomphe politique du christianisme. Ce n'est pas que la religion ait été pour quelque chose dans la guerre engagée entre les deux souverains. Quand il entreprit de supplanter Constantin, Maxence