‹ Le christianisme et les barbares (395-1049)Chapitre 11 sur 70 · INFLUENCE DES MOINES · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES MOINES

ici profession : ils changent d'habit et de nom. révèrent l'abl^é comme Dieu lui-même. Même esprit se remarque dans les couvents de Saint- Victor et d'Arles : leur idéal est fixé par Jean Cassien dans les deux ouvrages qu'il écrit : leur influence se répand par l'intermédiaire des moines devenus évéques. comme Euclier qu'appellent les Lvonnais, Fauste, Hilaire et Césaire qui dirigent l'église d'Arles et de là. avec le titre de vicaire, surveillent les Gaules. Saint Benoit de Xursie accomplit en Italie une œuvre analogue : comme Honorât et ses élèves, il exige de ses disciples le vœu de stabilité, c'est-àdire l'engagement de demeurer jusqu'à la mort dans le couvent où ils veulent entrer ; plus qu'aucun il insiste sur l'obéissance. « afin que Fàme. en s 'élevant au-dessus de ses désirs puisse se fixer pleinement en Dieu * ».

» Sur le Monachisme occidental aux ve et vi^ siècles, voir Montalembert : les Moines d'Occident, passim\ de Smedt : la vie moyiastique dans la Gaule au T/e siècle [la France chrétienne dans l'histoire, p. 28J ; Marignan : La société mérovingienne, Paris, 1899, p. 213. Les monastères se sont multiplif-s au vie siècle, surtout dans les pays du sud et de Touest : on en compte au moins 60 dans la cicitas de Vienne, 3ô dans celle du Mans. Tous les moines s'abstiennent de viande, vivent dans la pauvreté, la chasteté, la pénitence, le travail.

Sur le monachisme camhro-breton, qui semble naître aux x" et vie siècles, voir infra, p.

Sur les Martiniens, et leurs traditions vagabondes, voir la vie de saint Léobin qui a changé sept fois au moins de monastère.

En rapprocher les Pères du Jura Duchesne : Mélanges. . Ecole de Rome, 1S98;.

40 l'lmc» de l'église et de l'occident

La (1 municipalisation » de l'épiscopat ollVait donc pour le moment plus d'avantages que de périls : elle donnait au Christianisme des raeines locales et

Sur les Lrriniens, voir fl'abord l'histoire dllonorat et d'Eurher, à qui Cassien dédiait la seconde série de ses conférences. Honorât fonda vers 410 le monastère de Lérins, devint évèqne d'Arles vers 426, mourut vers 429. Euclier, son ami, vécut d'abord près de lui, à Lérins puis à Lero, devint évéque de Lyon vers 424, mourut vers 450. Les deux enfants d'Eucher, Veranus et Salonius. devinrent évêques à leur tour, à Yence et à Genève, son parent Valérien devient évoque à Cimiez. Le disciple d'Honorat, Ililaire, né vers 400, évèque d'Arles vers 429 sera le fameux adversaire de saint Léon (v.p. 19 n.2) et mourra vers 450. Le beau-frère d'IIilaire, saint Loup, occupera le siège de Troyes de 427 à 479. Saint Patrice l'apùtre de l'Irlande a passé par Lérins. On voit quel fut, dès l'origine, le rayonnement de Lérins. Tout ce monde, ardemment pieux, vénère, comme un maître, un moine qui a connu saint Jean Chrysostôme, sainte Mélanie la jeune, et qui a vécu parmi les moines de Nitre : je veux dire Jean Cassien, né vers 300, mort vers 435 et qui a fondé, vers 415, deux couvents près Marseille. Cassien a écrit, pour l'édification de ses disciples, vers 419-428, deux ouvrages qui se complètent l'un l'autre : le de institutis coniobiovunx et de octo principaliuni vitiorum remediis l'ibri XII qu'a abrégés Eucher) et les Cnllationes XXIV. Sur les autres ouvrages de Cassien, A'oir infra p. 58. Lire le texte PL. 49 et 50, ou éd. Petschenig, 1886-88. Il en faut rapprocher un doul)le panégyrique de la vie monastique i)ar Eucher, le de laude eremi ad Ililarium et le de conteruptu mundi ad Valcrianum, PL. 50. — Voir Gouilloud : Saint Eucher, Lérins cl V Eglise de Lyon au T'^ siècle, 1881, Lyon.

A Lérins, se rattachent encore Vincent, Salvien, dennade, P'austc, Césaire, sur lesquels p. 44 . Cf. encore saint Castor d'Apt, qui fonde saint Eaustin à Nîmes.

Sur les Bénédictins, voir la vie de saint Benoit, 480 543 par saint Grégoire, PL. 6(J, 126, et la lirgle de Saiiii Benoit, éd. Wd'lfflin. Lipsifo, 1895, ou éd. Schmidt, 1880, ou PL. ùù, 215. Voir Traube : Textgrscliichte (1er Régula S. Benedicti,'S\\in\ch, 1898... En général, voir Griitzmacher : Die Bedeutung B. v. Nursia nnd sriner Rcgel.^jJ^^^^ Berlin; Spreitzenhofer : Die

l'œuvre kéfok.maïp.ice 41

trouvait dans l'autorité subsistante de Piome aussi bien que dans l'autorité des moines un efficace contrepoids. On s'explicp-ie. dans ces conditions, la force persistante de la vie chrétienne dans l'élite : elle travaille à réformer sa conduite et à éclairer sa pensée.

L'œuvre de Salvien est l'introduction naturelle à l'histoire de la réforme disciplinaire du ^"- et du vi^' siècle. « Xul n'a flétri avec plus d'àpreté et d'amertume que le prêtre de Marseille les vices de son

hislorischen Voraussetzunfjen der Begel dei h. B... 1895. ^'ien : Woefl'lin : B. v. N. uhd seine Regel. Comptes rendus de Munich, 1S^"5. H. Plenkers : i'nter suchu a gen zur Ueherlieferunqi:geschlchte der iilUsten laleinischen .Vonc/i^^'e^re/n. Munich, t0u2. Saint Benoît s'est retiré de Rome à Subiaco, puis au Mont Cassin. — Des monastères de Sciint Benoît, rapprocher et distinguer le monastère de Viviers, que fonde Cassiodore en Bruttium : celui-ci paraît avoir été surtout une Ecole de hautes études ecclésiastiques. — De saint Benoît et ses disciples, rapprocher leurs émules, les solitaires dont saint Grégoire a sauvé le souvenir en ses Dialogue^, 593. — Sur les précurseurs italiens de saiut Benoit voir Spreitzeuhofer : Die Enticickelung des alten Mœnchtuifis in Italien... AVien. iS94.

Moins absorbés que certains moines d"Orient par la vie contemplative, a les moines d'Occident surent aLier en général à la prière et à l'ascétisme la pratique des bonnes O'uvres, le travail des mains, la culture de l'esprit ., Ils prêchèrent l'Evangile, vinrent en aide aux pauvres et aux malades, défrichèrent des forêts et livrèrent à la culture d'immenses espaces ». Sur l'importance sociale et morale de cette réhabilitation de l'idée de travail, voir infra. Noter qu'il y eut quelques stylites en Gaule [W'ulfolaic d'Yvoy^, et des reclus [Ilospicius de Nice].

Il y a toujours des vierges chrétiennes : mais une loi de 458 fait de la veLntio virginum, fixée à 40 ans, le couronnement, non l'inauguration de la carrière virginale [Xovel. Maiorani, VI, il. Prudence singulière.

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temps. » Chassé de Trêves par les Barl)ares, il a trouvé aux îles Lérins un fraternel accueil et il s'est associé avec enthousiasme à l'œuvre régénératrice des moines. Dans le traité qu'il adresse à l'Eglise^ il Uagelle avec vigueur l'avarice qui détient les trésors de Dieu et il engage les lidèles à léguer leur fortune à l'Eglise, mère des pauvres. Son livre du (fouvernemcnt de Dieu est une satire plus emportée encore des mœurs publiques. Elles ne méritent que trop, tant elles sont perverties, le châtiment que Dieu envoie au monde dans les invasions germaines, (pii déconcertent pourtant les chrétiens ; quelle honte de voir les Ivomains jiires que des Barbares, hérétiques pourtant ou idolâtres * !

Les conciles travaillent à guérir le mal. ^\^rs le milieu du a*^ siècle, et vers le premier tiers du vi*", on relève un assez grand nombre de réunions synodales à Rome, à Arles et dans les villes du Rhône, à Tours et dans la vallée de la Loire, à

1 Né vers 400 à Tn-ves, mort très vieux, après le temps où Gennadius écrivait son catalogue. Marié à Palladia qui lui donne une fille, il rompt la vie commune, comme avaient fait sainte Mélanie, saint Paulin, Kuclier; il se lie à Lérins avec celui-ci. élève ses deux enfants, devient prêtre de .Marseille, et y vit désormais. Le traité ad Kcclesimn, ou contre l'avarice, a paru vers 440, sous le nom de Tiraotliée. Le de gxibevnatione flei, ou du jugement présent de Dieu, paru entre 439 et 451, vise il expliquer les invasions barbares et la mort de l'empire : gros embarras pour l'apologétique cbrétienne, aujourd'bui comme au temps d'Augnslin ; on y trouve un éloge des lîarbares, fort curieux. Salvien écrit comme un rhéteur, mais il a lame d'un apùlre. — Lire le texte, PL. 53, au éd. Pauly 1883. Voir Boissier : La fin du luujanisme, II, 410.

CONCILES ET EVÈijUES RÉFORMATEURS 43

Tolède et dans la vallée de l'Ebre '. A ce moment et dans ces 23ays s'exerce l'influence de" certaines âmes en qui la conscience chrétienne est particulièrement claire et droite. G est saint Léon, qui a un sentiment si net de ses devoirs suprêmes. Ses successeurs sur le siège de Pierre continuent dignement son œuvre. Hilaire, Gélase Hormisdas, pour ne citer que trois d'entre eux, font admirer tour à tour leur esprit d'hal^ileté et leur décision, leur fougue tenace, leur prudence consommée -. Ces papes trouvent de dignes émules dans l'épiscopat. Il suftit de rappeler les noms de Patrice, l'apôtre de l'Irlande \ de Montanus de Tolède, de Gésaire

1 Principaux conciles réformateurs : Riez 439, Orange 442, Vaison 442, II Arles 443 (ou 452;, Rome 45S, Angers 453, III Arles 455, I et II Irlande 450-456, Tours 461, Rome 465; — Agde 506, Orléans 511. Tarragone 516, Girone 517, Epaone 517, Lyon 517, IV Arles 524, Lérida 524. Valence 524. Tolède 527 ou 531, II Vaison 528. Marseille 533, II Orléans 533. Clermont 535. III Orléans 538, IV Orléans 541, V Orléans 549. — Voir Mansi, V-IX et Hefele-Leclercq, tome II, 1908, 2 parties. [D'après le concile d'Epaone, est excommunié pour deux ans qui tue un esclave non jugé]. >'oter l'importance des églises d'Orléans et d'Arles en Gaule.

- Gélase 492-496, africain énergique, augustinien décidé. Hormisdas 514-523.

■'• Saint Patrice (Succatj, né en Ecosse, semble avoir rer-u du pape Célestin I le soin d'évangéliser l'Irlande, vers 432 ; il mourut vers 463. Voir sa lettre à l'Irlande fou confession), PL. .53. 801 et sa lettre aux sujets de Coroticus, PL. 53 819. Son histoire est très obscure : on croit qu'il est identique au Palladius qu'envoya Célestin. quil était fils d'une parente de saint Martin, quïl avait étudié à Marmoutier et à Lérins. Ziramer accepte l'identification, Levison la repousse [article Keltische Kirche dans Herzog-Hauck -]. Sans doute Patrice a-til eu des pré-

4i L LMU.N 1>1-: L EGL1SI-: ET DE EOCCIDENT

d'Arles surtout . Césaire a vu expressément renouveler en sa faveur le privilège primatial donné à son église par le pape Hilaire ; son zèle ardent et sa grande modération le mettent à même d'exercer sur les Gaules, même sur l'Espagne, pendant les quarante années cpie dure son épiscopat, l'influence la plus efticace. « Autant les évêques de son ressort métropolitain éprouvent le poids de sa volonté absolue et inflexible, autant son intervention en dehors de sa province, comme lieutenant du saint siège, s'étudie à rester modeste, exempte de brusquerie, respectueuse des droits et du rang de chacun : il borne presque toujours son action propre à stimuler la réunion des conciles ; pour le reste, il provoque l'intervention directe des papes. « Le saint pape « de la ville de Rome l'a ainsi ordonné, dit-il à ceux « qui réclament ; ma conscience ne me permet pas a d'aller contre un commandement venu de si « haut ' . y>

curseurs venus de Bretagne et des Gaules au ivc siècle. Voir R. H. E. 1903, 74, 1<J04, 258 et 1905, 191 ; R. H. L. R. 1900, 162.

1 Côsairc est né vers 470 sur le territoire de Chalon ; en 488, il est admis parmi les clercs de l'évrque Silvestrc, mais, en 490, il rompt définitivement avec le monde et s'enferme àLérins. Là, sous le débonnaire abbé Porcaire, il se forme, en lisant Fauste et par la pratique de l'examen de conscience quotiilien, à la gravité, ù la circonspection, à la fidélité scrupuleuse au devoir en même temps qu'à une religieuse et vraie gaieté intérieure. Devenu cellerier, il mécontente les moines par la frugalité qu'il leur im[)Ose ; révoqué, il use sa santé à ne manger f|ue de l'herbe bouillie, cuite le dimanche pour toute la semaine ; on l'envoie se soigner à Arles, vers 49(), chez le sénateur Firminus ; Césaire étudie alors sous la direction d'un Africain chassé par

SAINT CESAIF.E D ABLKS ^O

Maintenir le clertré en général et l'épiscopat en particulier à la hauteur de leurs missions, telle fut la tâche essentielle des conciles. Le recrutement du

les Vandales (comme Quintien de Rodez. Eugène d'Albi, et tant d'autres , et qui est lami de Firminus et d'Ennode de Pavie, Pomère. Mais un songe détourne Césaire de l'étude des lettres profanes ; il s'adonne exclusivement aux Pères, parmi lesquels Pomère lui fait surtout connaître Augustin. Il e.-t ordonné prêtre, puis abbé d'un monastère qu'il dirige trois ans : en 5')«, enfin, il succède au vieil Eone, comme évêque d'Arles. Il meurt en 543, ayant rétabli dans les monastères une discipline exacte, secouru les pauvres de tout son pouvoir, infatigablement prêché ses ouailles dans la ville et dans la banlieue ; il parlait tous les dimanches et jours de fête, et jamais p'us d'un quart d'heure. Il avait la passion de la lecture, de la méditation, du gouvernement, du bien des âmes. — Il a obtenu du pape, le 6 novembre 513, une décrétale qui limite la province de Vienne aux églises de Genève, Grenoble, Valence, Tarentaise. Et c'est le H juin 514 que le Vicariat de Patrocle a été restauré en sa faveur. — >'ous avons un grand nombre de Sermons de saint Césaire. PL. 39, 1735; voir aussi PL. 67; une Règle pour les Moines, une Régie pour les Vierges. Cf. Malnory : Saint Césaire... Paris, 1894; Arnold : Cesarius von Arel., 1894. Leipzig ; P. Lejay : Saint Césaire... Paris. 1897, et Le rôle ihéologique de Césaire d'Arles, 1906, Paris.

Malnory a, en outre, rattaché à Césaire les Stji.uia Ecclesiae antiqua, Lejay le fameux symbole Qxicumque.

Des sermons de Césaire, rapprocher et distinguer \es Sermons de Fauste de Fiiez et des Lériniens inconnus du vo siècle, (]uî nous sont parvenus en bloc dans la fameuse Collection dite d'Eiisébe d'Enièse 'Bibliotheca vet. Patrum Mao^inta, tome VI, Lyon, 1677, p. 619]. Sans doute avons-nous là une compilation analogue à celle dont il est parlé p. 58).

De Césaire rapprocher les autres grands évêques de ce temps ; saint Loup de Troyes, 426 -; 479, llénii de Reims -; vers 532 extrêmement vieux, Proculus de Marseille, vers 410-420, Rusticus de Narbonne 427-460, Hilaire d'Arles -; v. 450, Bibianus de Saintes f v. 430, Silvestre de Chalon sur Saône (480-520 , Perpetuus de Tours 461-491 ?) Thalassius d'Angers '453- ? Yicturius du Mans -f- 490, Amator i 418, Germain 41.^-448. Auna*

45 L LMU> DE LÉGLISE ET DE l'uCCIDEM

clergé est limité à cette époque par deux cas d'exclusion dont Césaire ne cesse jamais de réclamer l'application. Le p'cmier est celui des ^^ersonnes qui ont été soumises à la pénitence publique, bien que dans cette classe de candidats il puisse se trouver de braves gens. Les maris de femmes divorcées ou de veuves forment la seconde catégorie. En revanche, on s'occupe de faciliter l'accession aux ordres sacrés : des écoles épiscopales s'ouvrent dans la maison de lévéque, en Italie et en Gaule ; parfois, afin d'assurer le recrutement du clergé rural, le curé est invité à réunir les jeunes lecteurs^ non encore engagés dans les liens du mariage, pour leur donner assidûment l'instruction et les préparer à la vocation : ce sont en quelque manière des séminaires paroissiaux. La bonne tenue des clercs est l'objet de réglementations multiples : l'usage s'établit pour eux d'avoir le visage rasé, les cheveux coupés courts, et tonsurés au sommet de la tête. Les prêtres et diacres mariés doivent garder la continence ; la résistance âpre et rude que rencontrent LVdessus les conciles, surtout dans le diocèse d'Aquitaine, les amène à exiger des candidats au diaconat ce qu'on appelle le convcrsionis propositiini : c'est l'équivalent de l'engagement de chasteté perpétuelle

chaire d'Auxerre f 605, Germain de Paris 555-570 (?), Prétextât de Rpuen, les deux Maxime de Turin (avant 423 ; vers 451-465), Epfphane de Pa^ie, etc.. En général, Tépiscopat du vc siècle paraît avoir ét-i à la hauteur dos circonstances.

LA DISCIPLINE liLSTALllLE

que prennent aiijourd hui les sous-diacres. Le concile d'Agde. rappelant les décrétâtes d'Innocent à Exupère et à Victiice, et de Sirice à Himère, fixe définitivement la discipline à ce sujet : les contrevenants perdent le droit de dire la messe et bientôt même sont punis par la dégradation.

Les évéques sont naturellement tenus aux mêmes o])lig'ations que les clercs. Les Statiita Ecclesise aiitiqua rédigés par Césairesont comme un bréviaire de leurs devoirs. Ils tendent principalement — et les conciles sont animés du même esprit — à corriger les elFets malheureux de la confiscation des évéchés par les grandes familles. Les pouvoirs de l'évêque sont limités parle synode provincial, composé par ses collègues du même ressort métropolitain, et par le prcshjjteriuni ou conseil des prêtres de la cité. L'évêque est tenu de consulter celui-ci, sous peine de voir ses décisions invalidées, soit qu il établisse la liste des nouveaux ordinands. soit qu il exerce ses fonctions déjuge, soit qu'il veuille employer les biens de son église. Bientôt même, pour empêcher la dilapidation de ces biens que quelques évéques considèrent comme leur patrimoine propre, un usage radical s'établit : on proclame qu ils sont inaliénables, et qu'une sorte d'u-aifruit à court terme et toujours révocable, un précaire, est leur seul mode de concession légitime. Ce n'est pas tout : afin d'écarter de l'épiscopat les nobles qui ne voudraient pas changer leur genre de vie. les conciles

48 l'union de l'église et de l'occident

rappellent robligation des interstices^ c'est-à-dire des sta^'es que doit accomplir dans les fonctions inférieures de l'Ordre tout candidat aux fonctions supérieures ; et cet usage n'est pas plus tôt miné par l'évolution municipale que la coutume s'introduit, sous l'influence d'Hilaire et de Césaire, d'exiger des nobles la prœmissa conversio ^

1 D'après Malnory et Ducbesne.

C'est la fréquence des promotions per saltum qui provoque l'extension de la pratique de la prae^nissa conversio. — En ce moment comme à lépoque antérieure et jusqu'à l'époque seigneuriale, les évéques sont élus par le clergé et par le peuple. De fait, « les évêques choisissent, puis le clergé inférieur et le peuple donnent leur adhésion. Cependant cet élément est bien aussi un élément constitutif de l'élection ». L'unanimité des électeurs est condition nécessaire de la validité de Vélection : les évoques chefs de l'assemblée électorale la procurent par leur autorité. Cette unanimité est considérée comme la suite naturelle de l'action du Saint Esprit. Voir Esmein : V unanimité et la majorité dans les élections canoniques, in Mélanges Fitting, I, 1907. p. 357.

A l'époque mérovingienne, semble t-il, les églises locales sont des personnes morales capables de posséder : elles sont ellesmêmes sujets du droit de propriété ce n'est pas Dieu, ni le saint, ni l'évrque comme peuvent le faire croire certaines expressions métaphoriques fréquentes dans les textes ; le fondateur de l'église n'a plus sur elle, après la fondation, aucun di'oit de propriété ; il a seulement le droit de présenter le prêtre qui la desservira et le devoir de la défendre; les rois, pas plus que les fondateurs, n'ont sur le patrimoine ecclésiastique, aucun droit de haute propriété. Voilà du moins le point de vue de l'E.glise. Au point de vue du droit romain (Code Théodosien 439), l'Eglise universelle, depuis le décret de 321, était assimilée h un collegium licit^im et pouvait posséder : son droit de propriété était absolu. Les traditions germaniques n'ont pas altéré cette théorie ; mais, très souvent, grâce à l'anarchie régnante, les grands propriétaires ont confisqué la propriété ecclésiastique; en revanche, là oii cette propriété a survécu, elle a subsisté pleine et parfaite en théorie, au vu^^ aussi bien qu'au v" siècle.

LES COLLECTIONS CANOMQUES 49

Ce travail de réforme explique qu'à ce moment se constituent les' premiers recueils canoniques occidentaux. La collection romaine^ esquissée au temps d'Innocent P'", s'achève un siècle plus tard :

Le roi ne prétend retenir aucune espèce de propriété sur les terres dont il fait donation à l'Eglise [contra R. Scliruder et von Daniels]. 11 n'a par ailleurs souveraineté, protection, fait des partages) aucune espèce de droit à disposer du patrimoine ecclétique [contra P. Rotli, Schrœder, Hauck, Esniein ; d'après Bondroit : De capacitate possidendi Ecalesiae necno)t de regio propvietatis vel dlsposilionis doini)iio in patrimonio ccclesiastico xtate nierovinfjica, 481-751. Louvain, I, 1900]. — Mais il est ATaiseniblable que des oratoires pouvaient, dès le v^ et M^ siècle, être l'objet d'un droit de propriété privée.

Dans quelle mesure la réforme fut-elle efficace l Que vaut l'épiscopat de la fin du vi^ siècle .' La personne et l'œuvre de Grégoire de Tours permettent d'esquisser une réponse. Grégoire est né en 538 ou 39 dans une grande famille arverne, d'où étaient sortis déjà plusieurs évoques : Gallus d'Arvernie, Grégoire de Laugres, Nizier de Lyon, etc. Elevé par sou oncle Gallus et sa mère Armentaria, il est diacre en 563, évèque de Tours en 573, il meurt en 594. « Défenseur ardent des droits de l'Eglise, zélé protecteur des pauvres, il lutte sans relâche contre Chilpéric, et, sans jamais lui rien céder, force l'estime du tyran... Il est passionné pour tout ce qui intéresse l'Eglise ; de là, sa haine contre les hérétiques ariens.., ses invectives contre les prélats prévaricateurs, simoniaques et concubinaires, contre les rois qui oppriment les clercs et les pauvres, mais il montre une froide indifférence pour les crimes des laïques quand ils ne touchent point l'Eglise.. : c'est la seule manière d'expliquer sa partialité pour les princes qui ont protégé l'Eglise, par exemple l'égoïste, cruel et voluptueux Gontron ». A tout prendre, ce fut un grand et saint évèque. Mais sa fameuse Histoire des Francs montre que les évèques de sa trempe ne foisonnaient pas. Voir l'édition Arndt-Krusch : les travaux indiqués par Molinier (de qui, la citation que j'ai faite : Sources de l'histoire de France, I, 1902. p. 55 et Wattenbach Dijmmler : Deutsclilands Gescliichtsquellen ; I, Siebente Auflage, 1904, p. 103. — Sur les œuvres hagiographiques de Grégoire, v. infra). — Ses contemporains Lizier et Virgile d'Arles sont des voleurs.

oO l'l'mu> de l'église et de l'occident

Denvs le Petit, contemporain de Symmaque et d'Hormisclas réunit les décrétales des papes du Y*^ siècle et joint la traduction des canons apostotoliques aux canons des quatre premiers conciles o-énéraux. Des recueils analoj^ues se forment à Arles par les soins de Ravennius, à Ano^ers, par les soins deThalassius, en Espagne et en Afrique ^

1 Le moine scythe J)enys, dit le Petit, arrive à Rome vers 500 et meurt vers 540. A la demande d'Etienne évêque de Salone il lait une Collection de canons conciliaires qui s'ouvre par les canons des apôtres, se ferme par ceux de 451 (2 éditions . Il recueille encore ^tS" décrétales potiti^cales [de Sirice à Anastase II) : ce second recueil joint à la seconde édition du premier formera la fameuse Collection Dionysienne. — C'est Denys qui pour la première fois pi compter les années à partir de la naissance de Jésus [se trompant, du reste, de cinq ans. Jésus est né au plus tard en 749 de Rome] ; il fit adopter de même le cycle pascal alexandrin de 19 ans. Voir PL. 67. Sur le recueil de Novare, voir Amelli : Spicilegiuni Casinense... I, 1893. Monte Casino et. d»i même, -S. Leone Macjno e l'Oriente, 1890.

A la miMue époque, un diacre de Carthage, Fulgence Ferrand compile la Breriatio Canonum (239 cap.), PL. 67 et 88. Il suit un ordre systématique.

La Collection de Denys procédait d'un recueil formé sous le pape Innocent [Ducbesne : Actes du Congrès Arch. Home, 1900] ; la collection de Ferrand procède pareillement d'un recueil africain organisé par le concile de Carthage de 419 (on l'appelle souvent le Codex canonum Ecclesiie africanœ. Hefele-Leclercq, II, 1, p. 201; elle fut traduite en grec avant 691 . — A Arles, 4 collections : 1. la C.Quesnel ; 2. Décrétales ; 3. Conciles gaulois ; 4. Constitutions impériales. De ces 4 recueils dérivent tous les « libri canonum » mérovingiens.

Je rappelle encore les traductions latines des conciles grecs. Du concile de Mcée on connaît plusieurs traductions : celle de Cfecilianus ([ui avait assisté au concile ; celle qui fut faite par les clercs d'Atticus de CP, à propos de l'affaire d'Apiarius ; celle qu'on appelle à tort isidoriennc, faite à Rome entre 419 et 439 (d'où dérivent les collections de S. Biaise, de S. Maur,et Quesnel ;

LES LIVRES LlTLRGIoUES 51

L'œuvre doctrinale des V et vi<^. siècles n'est pas moins intéressante que leur œuvre disciplinaire. La persécution arienne provoque de nombreuses controverses : l'évéque de Tapse, Vigile, et l'évêque de

celle du Cod. Ingilrami 'ou du Ms. de Chietl, qui date du rve siècle; la gallo-hispana, faite en Gaule vers 400-455 ; la gallica faite en Gaule au ive siècle ; la Prisca, faite au v^-vie siècle d'après les versions Attici et Ingilrami ; etc.. — Il y eut beaucoup d'autres travaux analogues. La collection dite du diacre Theodose semble avoir été formée vers 410-420, a propos de l'affaire d'Apiarius. Voir F. Maassen : Geschichte der Quellen %ind der Literatur des Canohischen Rechts im Abendiande, I, iS70. Gratz ; et IL Turner : Ecclesiœ Occidentalis Monumenta Juris antiquissinin. Canonuyn et Conciliorum grœcoruni interprétation es latine. Oxonii,à partir de 1899 ; Hefele-Leclercq, passhn ; Tardif : Histoire des sources du d^oit canonique, Paris, 1S87.

De ce travail de codification disciplinaire et canonique, on peut rapprocher une œuvre analogue : les compilations liturgiques. 11 y avait trois types de prières : la prière Utanique [le clerc énonce l'intention à laquelle on prie ; le peuple répond : Kyrie eleison. Te i-ogamus audi nos], la prière collective [le clerc élevant la voix au début et à la fin, chacun priant en silence], la prière eucharistique (appelée anaphora par les Grecs), Préface ou contestatio) — Sanctus — Canon chez les Latins. De bonne heure tes prières sont réglementées, et les formules fixées sont recueillies dans des livres de sacrements, ou sacraraentaires [Concile Carthage, 397, canon 23 ; Gennadius 68, 79, 80 ; L, F, I, 255 (Gélase)]. Parfois elles sont écrites sur des rouleaux de parchemin isolés pour la bénédiction du cierge pascal par exemple. Langlois : Un rouleau d'exuUet. yiél&Tiges... Ecole de Rome, vi, 467 ; Duchesne : Culte -, 243]. Parfois elles « sont accompagoées d'indications sur l'ordre des cérémonies ; c'est ce qu'on appelle un oi^do...Il y a même des rédactions qui se restreignent aux détails du rite, des cérémonies, et négligent les formules » [Duchesne. 105]. Les sacramentaires ont pris plus d'importance en Occident qu'en Orient, parce que, en Occident, les prières de la messe varient d'une messe à l'autre. >'otre plus ancien recueil est le Sacramentairc Léonie n, compiié vers4ôù- 480 ^Duchesne donne une date beaucoup plus basse, après 540J :

52 l'union de l'église et de l'occident

Ruspe. Fulgence, réfutent la vieille hérésie ; la solidité de leur science théologùque, la clarté de leur exposition, la vigueur de leur argumentation les

éd. Feltoe. 1896. — Voir deux lettres de S. Germain de Paris, 7 576, P. L. 72, 89. Le Sacramentaire gélasien contient aussi des textes du ve : ainsi Pliomélie pour la tradition du Symbole [R Hist. EccL, 1904, 755 1.

On se servait d'autres livres encore pour le culte : les plus importants sont les lectionnaires, recueils des leçons tirées des deux Testaments que le lecteur lit aux fidèles (on lisait d'al)ord les mss. de la Bible eux-mêmes) ; on ne sait quand fui-ent formés les plus nnciens lectionnaires ; — les livres de chant, qui donnent soit \t?, psahni responsorii [exécutés en solo, l'assistance répétant les dernières phrases], soit les antiphones [psaumes exécutés à deux chœurs : usage né à Antioche vers 350, introduit à Rome vers 430], suivant les jours et les fêtes : ce sont le Canlatorium (pour le diacre, ou le chantre, soliste, qui exécute à Pambon, gradus, le « graduel y>)Qi\'Antiphonariumi\\\TQ(\.G, chœur pour la schola cantorum). A partir de Symmaque 514, il n'y a plus à la messe romaine que deux lectures, l'Evangile et l'Epitre (le plus souvent saint Paul) |on a supprime au cours du ve siècle la leçon prophétique! ; le pape chante, les dimanches et fêtes de martyrs, le Gloria in excelsis (d'abord réservé à l'office de matines) ; il ne chantera pas le Credo avant le xi^ siècle. La première partie de la messe romaine [Introït, Kyrie, Gloria, Collecte (prière collective, le peuple achevant de se réunir), lectures, chants, homélies (qui se font rares : seul lévêque a droit de prêcher)] se termine toujours par le renvoi des catéchumènes et des pénitents, formule qui disparaîtra au cours du vu» siècle. La seconde partie commence par une prière collective (disparue de bonne heure) ; puis viennent l'offrande du pain et du vin par les fidèles ; une autre prière collective (^Secrète ; la prière eucharistique en ses trois parties (l'improvisation est encore pratiquée au vio siècle), avec le rappel de ceux qui font l'oblation : noter que l'épiclèse est moins précise que l'épiclèse grecque et de mouvement contraire : elle demande, non que l'Esprit- Saint descende sur l'oblation, mais que l'Ange du Seigneur la porte au plus haut des deux sur l'autel invisible élevé devant le trône de la majesté divine. Du reste, « dans un cas comme dans l'autre, c'est après son rapprochement, sa communication avec

LES CONTROVERSES THÉOLOGIOUES o3

placent aux premiers rangs des Catholiques. Lathéo. logie arienne est solennellement réprouvée par l'Eglise d'Espagne au second concile de Tolède *. La

la vertu divine, qu'on parle d'elle comme du corps et du sang du Christ ». La fraction du pain, la récitation du Pater, la communion terminent la cérémonie 'Duchesne, Culte, 153 sq.'. — Sur la messe gallicane au vi^ siècle, voir la description qu'en a laissée saint Germain de Paris, dans Duchesne. Culte, ISU.

Les fêtes anciennes subsistent ; vers 470, saint Mamert. évéque de Vienne, institue trois jours de prières [rogations) avant l'Ascension.

On a malheureusement perdu le Sacramentaire africain de Voconius 've siècle].

» 6 mai 589. Le concile n'a fait sans doute que couronner un lent travail accompli au cours du vi« siècle ; il a suivi la conversion du roi Reccarède, 5tS7, le propre frère d'Hermenegild (p. 25. n. 1), qui a succédé à son père Leuvigild, en 58o. Voir Leclercq : V Espar/ne chrétienne, 19U6. 275; et Hefele-Leclerq. III. — Les Suèves d'Espagne, indépendants jusqu'à Leuvigild, se sont convertis vers 459 et surtout vers 5*00 ^saint Martin de Dûmes .

L'Arianisme espagnol semble avoir été moins robuste que l'Arianisme africain. Celui-ci fut surtout combattu par Vigile, évêque de Tapse, qui prit part à une grande conférence entre Ariens et Catholiques '^l^'- fév. 4S4, Carthage) et mourut, exilé, à Constantinople, apr^s 520. Il avait écrit iincontyaMaribadura arianura, un contra Palladium arianurn, un contra Arianos, (et cinq livres contra Eutychès). Nous avons encore le contra Arianos et le contra Eut. PL. 62; Ficker : Studien uher Vigilius, 1897, Leipzig. — Fulgence de Ruspe, son contemporain, combattit aussi les Ariens dans le Contra Arianos et VAd Thrasimundum regera. PL. 65. De même Cerealis de Castellum, PL. 58.

L'Arianisme a été importé chez les Golhs et les Germains par leur apôtre Ulphilas de Cappadoce, mort vers 3S0 il traduisit la Bible en gothique , qui adopta la théologie franchement subordinatienne de Mké et de Rimini. Tel quel, l'Arianisme a contribué à moraliser et christianiser les Barbares. Il a suscité de nombreux libelli où les Catholiques précisaient leur foi trinitaire. Voir Kûnstle : Eine Bibliothek der Symbole, 1900 ; Aatipriscilliana, {900; Revillout : deVarianisme des peuples germaniques, 1S50, Paris.

o4 l'umon de l'église et de l'occident

querelle des Trois Chapitres ne laisse pas. on l'a vu, d'agiter l'Occident : les évêques de Byzacène, Facundus et Verecundus, les deux diacres Rusticus et Libératus se font remarquer par l'àpreté avec laquelle ils réfutent les théologiens impériaux \

Les traditions savantes de l'Orient chrétien suscitent d'autre part un curieux mouvement : les écrits de saint Ambroise, les traductions de Rufin, de Marins Mercator et d'autres en ont vulgarisé les méthodes et répandu les idées. Claudien ]\Iamert et Boèce traitent des problèmes purement philosophiques. Boèce notamment traduit certains livres d'Aristote et tente de le concilier avec Platon -.

L'Opus impcrfectum in Matthaeuni semble l'œuvre d'iiu évêque arien modéré écrivant dans les pays danubiens vers 450-500 [Paas : Las. 0. I in M, 1907. Tabingenj.

1 Verecundus évêque de Junca meurt vers 552 ; Facundus, évrque dllermiane, après 571 : il a écrit un jaro defensione trium Capit., un Confina Mocicnmm, une Epistola Fidei. PL. 67. — Rusticus est un neveu de Vigile qui écrit une Contra accpJialos dispiitalio. PL. 67. Le Breviarium du diacre de Carthage Libératus dale de 560-66. PL. Ç)d>. — Dès le v^ siècle, par ses traductions et ses livres, un disciple de saint Augustin, Marius Mercator, a intéressé les Latins au problème dyopbysile {Comparatio Pauli Samosat. et Nestorii ; Nestorii blasphemiarum capitula, 431 ; Nestorii Homelia;. PL. 48).

- Boèce, un Anicius, né vers 470-480, mort en 524. Elevé à Athènes, il sera l'ami du pape Jean I, l'ami et le ministre de Theodoric, qui finit par l'impliquer dans la conspiraliun impérialiste d'Albinus et le fait atrocement torturer et périr. Il est officiellement vénéré comme martyr à Pavie etBrescia.il a écrit deux traités sur la Trinité, un Contra Eutuch. et Nestorium, un Commentaire de Vlsagogè traduit par Victorinus, une traduction de l'Isai)ogé de Porphyre ; des Commentaires des Catégories, de l'Interprétation d'Aristote, une traduction des

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