‹ Le christianisme et les barbares (395-1049)Chapitre 25 sur 70 · LE CHRISTIAMSME ET LA SOCIETE · texte numérisé non relu

LE CHRISTIAMSME ET LA SOCIETE

lations païennes avaient considéré comme une œuvre ser\'ile, bonne pour des mains serviles, les moines l'ennoblissent au nom du Christ qui s"v est livré dans le cours de sa vie mortelle, au nom de la charité qui, avec ses produits, arrache à la misère, à la soutlrance, à la mort, des milliers de malheurcLix ' ». — Les lois commencent de reconnaître la valeur sociale de la vérité. Clotaire P^" consacre le droit d'asile des églises ; Gontran, Witehead et Ina interdisent le travail du dimanche en Bourgogne, dans le Kent et dans le Wessex. Childebert II interdit les mariages entre parents et apprend aux Francs le caractère moral de la peine : Justum est ut qui novlt occidere. discat niori -. Le

trave ou prohibe les libéralités conjugale*, sous l'influence du même esprit « qui présida dans l'ancienne Rome à l'organisation du régime dotal ». Il faut ajouter que les coutumes et la pratique populaires, telles qu'elles reparaîtront dans les lueros, sont beaucoup moins christianisées que le code officiel. Voir P. Gide : Elude sur la cond-tion privée de la femme. . 2^ éd.. l'**85, p. 314-318, Cf. Brissaud : Manuel d'hist. du droit privé, 1908, p. 8.

1 J. H. Pignot : Histoire de l'ordre Cluny Paris, 18i58, t. I, p. XII et Guizot : Histoire de la civiliation en France, I (1846) p. 388.

- Capitularia Francoymm. Boretius, p. 16; et surtout le Forum judicum (terminé vers 701). Voir Knrth II. 124 ; Leclercq : Esp. chrét., 329. — Les Juifs ont-ils essayé de répandre leur foi en Occident à cette époque " On n'en sait rien. Ce qui est sûr, c'est que le Coie Tttéodosien, s'il déclare licites le Judaïsme, ses fêtes, ses cimetières, le combat : il interdit aux Juifs la polygamie, le mariage avec les chrétiennes, le prosélytisme mort au Juif qui convertit un chrétien , l'accès à toutes les fonctions publiques, la construction de nouvelles synagogues ; et le Juif qui embrasse le Christianisme, si même il est coq-

438 L' UNION DE l'église ET DE l'oCCIDENT

Christianisme s'efforce d'organiser la société selon la foi. la justice, la fraternité ; si Ton se rappelle qu'il défriche les forêts en même temps que les âmes, on jugera de l'étendue de son action civilisatrice à ce moment.

L'histoire de la période suivante en attestera la profondeur. Sans doute, il y a réaction de la part de cette société curieuse, à la lin du vii*^ siècle. Les conciles deviennent de plus en plus rares, le pouvoir de l'évêque métropolitain s'alVaiblit, les liens hiérarchiques se détendent ; les dignités les plus hautes sont envahies par des hommes grossiers et cupides, le clergé retombe parfois dans l'ignorance ou même la barbarie ; la moralité se relâche souvent : la substitution de l'aumône à la pénitence, vieille pratique que recommandait Chrysostome,

vaincu d'un crime capital envers son père, ne peut être déshérité par lui ! Les évèques paraissent craindre leur influence, sinon leur propagand'3 ; ils essayent de les convertir, même par la force (ce que condamne saint Grégoire) ; souvent, enfin, ils les persécutent. Si Théodoric les souti«Mit en Italie Dagubert 1 leur impose à tous le baptême, en France, 62'.> ;Voir l'histoire de : riscus dans Grégoire de Tours : en Espagne surtout ils sont tra(|ués, après la qhutede l'Arianisme, principalement par Hecarède, Siselmt, Swintila, Kéceswinthe, Erwig ; Isidore et Julien les poursuivent ; les rois jurent à leur avènement, de les combattre ; ils les convertissent de force ; finalement, Egica leur défend à tous rac(|uisition des inlmeubles, le commerce et la navigation. Après une vaine révolte, ils sont réduits en esclavage et on leur enlève leurs enfants, 694. [Th Rcinach : Histoire des [•KK'liic's, lUOi, 03 90]. — L'idée ds liberté do conscience est incimiiue îi tous ; et l'exemple de saint Grégoire le Giand est oublié.

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