‹ Le christianisme et les barbares (395-1049)Chapitre 26 sur 70 · RÉACTION BARBARE SUR LÉGLISE · texte numérisé non relu

RÉACTION BARBARE SUR LÉGLISE

est influencée par la pratique germanicp.ie du icergeld^ et engendre le rachat de la pénitence à prix d'argent ^ — Malgré tout, c'est le Christianisme qui est vainqueur, au début du yiii*^ siècle. L'Eglise qui l'incarne s'est adaptée aux circonstances, et elle en a profité ; elle groupe toujours une élite où l'esprit du Christ est vivant et pur et que le célibat maintient telle ; elle a enfanté les Bénédictins et les Irlandais, élite parmi l'élite ; elle a gardé Rome à sa tête, dont tous les fidèles entourent l'Apôtre d'une vénération singulière. L'Evangile rayonne toujours ; l'humaine faiblesse ne peut détruire l'idéal du Dieu-Homme que propose à chacun chaque ligne de l'Ecriture et dont chaque institution de l'Eglise facilite à chacun l'accès ; il faut bien que l'homme se conforme peu à peu à cet idéal inviolé. Beaucoup de chrétiens du vii^ siècle sont des chrétiens de second ordre ; le Christianisme de cet âge n'est pas pour cela un Christianisme tout à fait dégénéré -. 11 suffira que se lève

i Voir supra, p. 133, n. 2, ce qu'on dit des pénitetitiels.

- Voir les réflexions de Guizot : <» Certes, les mœurs et le langage des hommes de ce temps étaient bien grossiers, bien désordonnés, bien impurs : nul doute cependant que le respect, le goût même de la granité, de la pureté, soit dans les pensées, soit dans les paroles, n'y était point aboli : et lorsqu'ils en trouvaient quelque occasion, beaucoup d'entre eux, à coup sûr, prenaient plaisir à le satisfaire Les légendes seules la leur fournissaient qui contaient la vie des saints ou la mort des martyrs) Là ?e présentait l'image d'un état moral très supérieur, sous tous les rapports, à celui de la société extérieure, de la vie commune ; lame humaine s'y pouvait reposer, soulager

140 l'union de l'église et de l'occident

un autre Colomban ou un autre Grégoire — saint l^oniface par exemple — pour faire apparaître à tous les yeux combien le Christianisme a pénétré la conscience occidentale depuis la disparition de la chrétienté romaine.

du spectacle des crimes et des vices qui l'assaillaient de toutes parts. Peut-être ne cherchait-elle guère d'elle mrrae ce soulaf^oinent ; je doute qu'elle s'en rendit jamais compte ; mais, quand elle le rencontrait, elle en jouissait avidement... » Histoire de la civilisation en France, 11. [1846. 36-37].

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