GHRISTIAMSATION DE LA SAXE
Evêchés et monastères s'appuient sur un réseau de forteresses. Herstal. Lippstadt. Salz. Hersfeld. Halle. Hobbusky (Hambourg) et Magdebourg : ils sont couverts du côté des Slaves par les deux marches du nord et de l'est, germes des deux duchés de Holstein et d'Autriche. Evêchés, monastères, forteresses, deviennent peu à peu de colonies a^^-ricoles et industrielles, des centres de culture intellectuelle, des foyers de civilisation : c'est par leur interméchaire que le Christianisme gagne la campagne.
Charles prétend l'imposer à tous : c'est une satisfaction pour sa foi et c'est une sécurité pour sa politique. Il condamne à de fortes amendes les parents qui ne font pas baptiser leurs enfants à la naissance, les jeunes gens qui contractent mariage aux degrés prohibés et tous ceux qui continuent d'adorer les sources et les arbres. Le capitulaire de Paderborn retranche à la fois du nombre des chrétiens et du nombre des vivants non seulement ceux qui complotent contre le roi, le comte ou l'évéque, qui assassinent les prêtres ou incendient les églises, mais ceux aussi qui portent la main sur les clercs, qui ravissent un objet sacré ou qui sacrifient au diable, qui refusent le baptême ou Ta dime ou le service militaire, qui mangent de la viande pendant le carême ou qui brûlent leurs morts au lieu de les enterrer. Le coupable, s'il est arrêté, n'a qu'un recours : qu'il cherche refuge auprès des
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prêtres, (|u'il confesse son crime ou sa faute, qu'il fasse pénitence. La seule parole du prêtre a la puissance d'arrêter l'application de la loi : dis})osition qui concourt elllcacement. dans ce pays nouvellement converti, à consolider l'influence de l'Eglise'.
^ Voici la praecepturii instituant les évêchés saxons : nul autre document ne peint mieux l'esprit qui anime les soldats de la conquête chrétienne « Si, avec l'aide du Dieu des armées, ûons avons remporté la victoire, nous nous en glorifions eu lui, non en nous, et nous avons voulu acquérir en ce siècle la paix et dans l'autre la récompense éternelle. Que tous les lidèles chrétiens sachent que les Saxons... devront, riches et pauvres, payer à Jésus-Christ et ses prêtres la dime de leurs troupeaux et de leurs fruits, de leurs champs et de leurs vivres. C'est pourquoi, réduisant leurs pays en province selon la coutume romaine et la partageant entre les évoques, nous avons pieusement offert au Christ et à saint Pierre la partie septentrionale qui est très fertile en poissons et eu pâturages, et nous avons établi un évêque... à Brème, etc.. « [779. trad. Mignet. p. 115]. C'est de 785 à 795 environ, après la soumission de Widukind et le capitulaire de Paderboin que la conversion de la Saxe a commencé et que les huit diocèses sont réellement nés, avec leurs villes et leurs monastères |Corvey date de 815]. La soumission des Saxons a été fêtée solennellement, sur l'ordre du pape, les 23, 20 et 28 juin 786.
Noter que, pour Ilettberg et Ilauck, Charlemayne ne se propose pas, dès 772, de baptiser et d'incorporer les Saxons [contra Abel] : le fait est que, au début, il ue leur impose pas le baptême. Peut-être les Saxons l'ont ils demandé d'abord, en 777, afin de garantir leur fidélité.
Comme la dime ne rapports pas des produits suffisants, Charlemagne donne à chaque église une cour, 2 métairies, 1 serf et 1 serve par 125 Ames.
\\'illehad s'est fixé à Brème, 787 789; à Verden, a été nommé évoque Patio abbé d'Amorbach, à Minden Ercainbert. Le successeur djo Willehad, son disciple Villerich, ne s'installe à Brème qu'en 804 Liudger de Munster semble avoir été le plus actif et le plus heureux de* huit évèques missionnaires. On ne sait