‹ Le christianisme et les barbares (395-1049)Chapitre 32 sur 70 · RÔLE LES MONASTÈRES · texte numérisé non relu

RÔLE LES MONASTÈRES

Les clercs qui ne mènent pas la vie canoniale doivent mener la vie rérjulière : ils sont moines et suivent la règle de saint Benoit. Les abbayes sont souvent tombées sous l'influence des séculiers ; tantôt c'est la famille du fondateur qui y est toutepuissante, tantôt c'est le roi. Parfois même, les monastères sont devenus des biens royaux dont le roi dispose comme de tout autre propriété sienne ; à côté des abbés légitimes, élus par les moines, il y a des abbés laïcs nommés par le roi. C'est afin

chorévêques, les archidiacres, les archiprètres, les curés. La pureté des mœurs, qui leur est recommandée ensuite, est assurée par l'observation de la règle canoniale de (.hrodégang ; une règle analogue, rédigée, croit-on, par Amalaire de Metz, fut approuvée par le concile d'Aix de 817. PL. 105.821, On exige d'eux un minimum iie connaissances théologiques ; d'autant que Charlemagne considère la prédication comme leur devoir le plus important (Circulaire du '16 mars 789] ; ils doivent prêcher au moins les dimanches et jours de fête, se tenant à la Bible ou aux formules de baptême, insistant sur le côté moral de la doctrine (en cas de nécessité, les diacres même peuvent prêcher et expliquer les anciennes homélies) : c'est l'affaire des évêques d'insister sur le dogme. Les évêques, Alcuin, Charlemagne tiennent la main à ce que les prêtres ne se dérobent pas. Enfin les prêtres confèrent les sacrements, et, principalement, le sacrement de pénitence : Chrodégang, Alcuin. ïhéodulte, Arn de Salzbourg, (Charlemagne insistent énergiquement sur la nécessité de la confession [Alcuini Epp. 154, 277 ; conc. Chàlon 813, 2 ; capit. 36 et 38 de 802 j : de là, l'importance des pénitentiels dont les contradictions causent beaucoup d'embarras ; de là, l'importance attachée aux œuvres jeûnes, flagellations, pèlerinages, aumônes . D'après Chrodégang et Théodulfe, il faut communier au moins une fois l'an, à Pâques, après s'être confessé, et ayant eu soin, quand on est marié, d'observer la continence quelques jours auparavant. Voir aussi concile de Chàlon 813 et le pénitentiel d'Halitgaire. [Le concile de Tours de 813 veut que les homélies soient traduites en roman, pour être comprises de tous;.

d'obvier aux inconvénients de cette situation qu'on décide, au synode de Francfort, de soumettre à l'approbation épiscopale la nomination de l'abbé et que, d'une manière générale, on place les monastères sous la surveillance des évêques. Saint Benoit semble revivre dans son homonyme, saint Benoît d'Aniane, lequel rétablit la règle primitive dans les couvents d'Aquitaine. G est l'àme de tout ce mouvement : il complète la règle, il la commente, il la répand de tous côtés. Ici encore la tradition de Boniface resserre les liens de la hiérarchie ' .

Mais c'est surtout dans les fréquentes réunions des conciles qu'apparaît l'influence de cette tradition. Outre les réunions annuelles présidées par

• Benoît Wittiza, dit d'Aniane, fils d'un comte Goth de Septimanie, né vers 751, mort en 8:^1, a été élevé à la cour de Pépin, avant de se faire moine à Saint-Seine, 774 : cVst en 779 qu'il fonde un monastère, sur l'Aniane. où il fait revivre la règle bénédicline. La [>rolection de Louis le Pieux, avant et après 814, étend son influence : il lui confie la réforme de tous les monastères de l'empire. Pour fixer les traditions monastiques, saint Henoît a réuni toutes les règles connues dans le Codex Regalarum Monasticarum... PL. 103.702. C'est, avant tout, un ascète, qui rendrait volontiers la règle bénédictine plus dure qu'elle n'est : Alcuin, Théodulfe, Leidrado s'entendent avec lui.

Charlemagne n'avait rien d'un ascète : il ne s'intéresse aux moines que s'ils sont des savants. 11 n'a guère fait de donations qu'à 12 monastères de Germanie.

Beaucoup de monastères suivent la règle canoniale, non la règle bénédictine : SaintAVandrille, Saint-Uenis, Saint-.Martin, Lobbes, Saint-Martial. Le plus souvent, les moines sont encore des laïcs [Capit 789.27. Borelius. I. 56].

Sur les couturaiers monastiques aux vnie ek ix" siècles, voir l'étude d'U. Berlière, Revue Bënéd., 1908.

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