‹ Le christianisme et les barbares (395-1049)Chapitre 34 sur 70 · LA THÉOLOGIE CAROLI>GIE.X>E · texte numérisé non relu

LA THÉOLOGIE CAROLI>GIE.X>E

La foi de l'élite franque. non moins vivante, s'alimente surtout à la lecture des œuvres de saint Augustin. LorscjTie cette élite apprend que les

la liturgie de l'époque wisigothique ou liturgie mozarabe . Pour la dévotion privée, il avait encore rédigé le de psalmorum usa liber [quels psaumes conviennent aux différents états de l'àme; et 17 prières pour différentes circonstances, où l'influence celtique est visible] et les officia per ferias [psaumes et prières pour chaque ,ourJ. 11 avait réédité ;e lectionnaire [retrouvé dans le Ms. 24 de Chartres"! en le corrigeant, e'i le divisant en 242 sections, en incorporant les saints à l'année liturgique 'système romain. — ïhomasi : éd, Vezzosi. V, 2C^7). Il avait formé un homiliaire [retrouvé dans le 14 302 de la Bib. >'at. ParisJ, distinct de Ihomiiiaire formé par Paul Diacre, et de l'homiliaire dit de Saint Jérôme [Voir Fr. Wiegand : Das Homilariuru Karls des gro$sen auf seine ursp-riuigliche Gestalt untersucht. Leipzig. ISyT ; Varin : Des altérations de la liturgie grégorienne en France avant le xiu^ siècle, dans les Mémoires Acad. ïnscript. 1^ série, tome II, p. 6<^i ; F. Cabrol : art. Alcuin, dans Cabrolj. — C'est à ce moment que, si la chose n'avait pas déjà commencé au vu^ siècle, la lecture des gestes des martyrs à l'office est admise par l'église romaine [Duchesne. L. P. tome I^r p. Cl. n. 2|.

Le mariage est proclamé indissoluble par un capit. de 789 et le concile du Frioul de 791. Le respect du dimanche est imposé avec une rigueur chaque jour plus grande : les plaids et marchés sont prohibés [concile Mayence, 813, c. 37]; la chasse est parfois prohibée de même : le nombre des fêtes chômées [concile Mayence 813 : semaine de Pâques, Ascension, semaine de la Pentecôte, saint Pierre, saint-Paul, nativité de saint Jean- Baptiste, Assomption, dédicace de saint Michel, saint Rémi, saint Martin, saint André, quatre jours à >'oël, Circoncision, Epiphanie. Purification, dédicace de l'église paroissiale, fête du saint local,, bien que la discipline laisse une grande place au droit diocésain. La procession des rameaux s'introduit peu à peu. — Se généralisent les deux pratiques d'une confession annuelle au moment du carême [Théodulfe, Adalard, rituel de saint Catien, Rodulfe ; Chrodegang voulait 3 confessions annuelles', et de trois communions antiuelles [Noël, Pâques, Pentecôte, ainsi que voulait saint Gésaire ; Théodulfe voulait

188 LE CIiniSTIAMSME ET l'oRGAMSATION IMPÉRIALE

Grecs se sont prononcés en faveur du culte des images au concile de Nicée, elle laisse entendre des protestations très vives : la distinction nette de

que l'on communiât chaque dimanche de carême, toute la semaine de Pâques, le jeudi, vendredi et samedi saints]. — Les jeûne? du mercredi et du samedi disparaissent ; celui du vendredi est maintenu et imposé à la Germanie : l'heure du repas unique est fixre après l'office du soir, ou après none. Le début des vigiles est désormais reporté au matin des veilles de fêtes. Le carême de la Saint-Martin se répand en Angleterre et en Germanie; les Rogations et les Quatre Tem[)S, de même; les Hogations pénètrent à Home, la Litanie majeure en Gaule. On tra»duit et explique le Pafer, le Syinhole, le Gloria, la liste des péchés capitaux [Villien, imssim\.

Le culte des saints continue à tenir une très grande place dans la vie religieuse des foules : cf. les inventions qui se continuent : 847, saints îSabinien et Hotentien, devant Adon, par Wenilo ; les translations : 814, saint Cyprien h Lyon ; 852, saint Martial à Saint-Sauveur de Limoges ; 7yi, saint Austremoine à Mozat [Neues Ai-chiv. XIX. 24) ; 840, s. Aurelius d'Arménie à Hirschgau par Xothing de Verceil fSavio. 1, 443] ; Marcellin et IMerreà Seligenstadt, 827 [PL. 104. 537] ; Vitus à Gorvey 836; à Rome, la plupart des corps des martyrs romains sont extraits des catacombes [Paul I*^""^ 757-767 ; Pascal 1. 817]

L'influence de Cbarlemagne se fait sentir même dans les pays qui n'ont pas été incorporés à son empire : elle y favorise la réforme disciplinaire partout nécessaire. En Angleterre, où domine le royaume de Mercie, le roi Offa, 757-795, finit par entretenir avec les Francs des relations amicales : il accueille avec faveur les légats pontific-aix George d'Ostie et Théophylacte que lui adresse Hadrien et qu'accorapa-ne l'abbé Wigbod ; de là, les conciles de Finchdale près Durham et de Chelsea, 787 qui rendent la dîme obligat<jire, prescrivent de fréquents synodes, la visite diocésaine, la réforme des monastères et des chaiiitre?. |La métropole de Lichfield qu'Offa constitue pour échapper à la juridiction de Cantorbery qui n'est pas en Mercie sera sin)primée dès 803, lorsque se révfiltera te Kent avec l'appui des l-roncs ] Offa a obtenu de Cbarlemagne qu'il protégeât les pèlerins anglo-saxons se rendant à Rome, et construit pour eux, aux Trastevere, une église et un hospice, fameux depuis sous le nom de ^chola Saxo7iuni [d'où une contribution annuelle,

Page 1