‹ Le christianisme et les barbares (395-1049)Chapitre 35 sur 70 · CONTROVERSES AVEC LES GRECS · texte numérisé non relu

CONTROVERSES AVEC LES GRECS

la vénération cjui s'adresse aux saints et de l'adoration due à Dieu seul ne calme pas ses soupçons. En vain le pape Hadrien adresse à Charles les actes authentiques du concile, les Francs ripostent par l'envoi des « livres Carolins » : s'ils reprochent aux iconoclastes d'avoir tenu les images comme des idoles, ils accusent le concile de méconnaître la doctrine des Pères en permettant de les vénérer, tandis qu'elles ont simplement une valeur décorative ; et le synode de Francfort condamne le concile de Nicée. 11 faut, pour apaiser la querelle, que le pape Hadrien prenne la défense des Pères grecs et montre qu'ils ont formellement réservé à Dieu le culte d'adoration proprement dite ^

pour l'entretenir". — VoirCabrol: Anglet. chrétienne, 23S. Son contemporain, Ethelbert roi d'Est-Anglie mort en 794 [voir Girald de Cambrai, III. 409, 414. éd. Brewerj est vénéré comme un saint.

Ecgberth et .Ethehvulf, 823-838-858 (rois du Wessex qui exerce désormais l'hégémoniej, sont dévoués à la réforme et à la papauté: Aethelwulf va en pèlerinage à Rome au temps de Léon IV et lui offre une redevance tixe de 300 mangons qui se confondra avec la taxe de la Schola et s'appellera plus lard denier de S. Pierre. Voir Fabre : Mélanges Roisi : 1S92, p. 159 [Le concile de Celchyt, 816, donne aux pauvres la moitié des biens des évèques morts, et affranchit ceux de leurs esclaves qui sont anglais]. Les usages anglais concordent, en général, avec les usages francs : les fêtes chômées sont pour ant plus nombreuses sur le continent

A ce moment linfluence desévéques anglais s'accroît notablement et leur rôle se sécularise [Stubbs, éd. fr., I. 292-293] : l'évèque Wulfred du Kent soutient contre Kenulf [796-82iJ de Mercie une lutte politique et nationale : ce n est qu'en 83S, à Kingston, que Cantorbery se rallie à la Mercie.

' C'est en 794 que le concile de Francfort a condamné le con-

190 LE CinUSTIAMSME ET l/ORflAMSATION IMPÉRIALE

Le mcconteutcmont des Orientaux en cette alVaire nest peut-être pas étran«^er à la polémique qui se dénoue peu après : ils accusent les Latins d'hérésie parce que ceux-ci insèrent dans le Credo le mot Filioffuc : depuis le v'' siècle, ce terme se rencontre dans les formules espa^-noles. Paulin d'Acjuilée soutient (jue l'addition est correcte ; et Théodule d'Orléans le démontre dans le De Spiriiu Snncfo^ Alcuin dans le De processione Spiritus Sancfi. Le concile d'Aix-la-Chapelle accepte donc le nouveau texte ; et les Francs refusent d'y renoncer, malgré les prières du pape Léon IIP.

cile de Mcre de 787 |le concile de Paris de 824 appiiierîi la condamnation de 794 et maltraitera fort une lettre du papo Hadrien ?i Charleniagne, PL '^^. 1247|. Charlernagne a envoyé au papo, par l'entremise d'Anfjilbert, 85 capitula peut-être vers 794' qui ont sans doute été extraits des Livres Carolins, rédigés peut- Atre vers 790 [lire le texte PL. 98], après que le pape a adressé à Charles une traduction des canons de Nicée. ilharles e-t à ce moment furieux contre l'empire : le mariage de sa fille Rothrude avec Constantin VI vient d'échouer. En outre, la traduction latine envoyée à Charles est déparée par des erreurs grossifTcs aux points essentiels. Enfin les Krancs condamnent toute espt^'ce de culte rendu au.x images. Nol»'r que les livres carolins atta- (pient la procession du Saint-Esjjrit ^.r J^afre pcy Filimii, (prils feignent d'ignorer que le pape a approuvé le concile de Nicée, qu'ils critifjuent vivement un passage d'une lettre d'IIadrion h Irène, et (ju'ils lancent un mot assez vif contre « l'ambition » des papes L'auteur (peut-être Alcuin a certainement utilisé des livres grecs iconoclastes. Voir Serruys, dans les comptes rfyulits Acod. fnser. et lielhs Lettres, 1904, 300, Herzog Hauck, X. ^>^ ; Vernet dans Vacant-Mangenot, II. 1792 ; Hefele- Leclercq, III.

» Voir le concile de Genlilly de 707 ; les livres Carolins, III. 3 ; dès 809, on se battait à Jérusalem entre Crées et Latins, à propos du /ilioqne, PL. 94.?00 ; le traité de Théodulfe, PL. 105.

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