LA REFORME CHRETIENNE : EBBON
Jusqu'au jour de cette défaite suprême, la vie chrétienne s'épanouissait au sein de l'empire restauré. Les impérialistes étaient de grands chrétiens ; on devine quel prix ils attachaient à cette incessante réforme intérieure que comporte la foi en Jésus- Christ. On les voit à l'œuvre en de nombreux conciles : leur solUcitude s'étend à tout. L'œuvre monastique de saint Benoit d'Aniane est continuée par l'abbé de Marmoutiers, Arnulf et par Jonas d'Orléans : lœuvre canoniale de Chrodégang est reprise et développée : l'œuvre liturgique d'Alcuin est poursuivie par Amalaire de Trêves : les évêques multiplient toujours les paroisses rurales. Ebbon, l'archevêque de Reims, intime ami d'Agobard, tient la première place parmi ces réformateurs ardents et pratiques \
bre S33 et Judith exilée à Tortone. Mais Louis est rétabli, fé%-rier 834-février 83.Ô, et Judith fait donner à Charles toutes la Gaule, 837-83S Louis mort 20 juin 840, quand Lothaire revendique toute la monaichie ; Lothaire est battu par les forces combinée? de ses deux fièi e-, Charles le Chauveet Louis le Germanique -bataille de Fontenov en Puisave, 25 juin S40 ; traité de Verdun, août
Sur Grégoire IV, 827-844, voir L P. IL 73-85. 1 Sur les conciles qui poursuivent la réforme^ voir Hefele- Delarc. V. l'?70. p. 193-311. Je signale le concile d'Aix de «17, qui a une importance capitale, ainsi que ies conciles de 828 829 tenus à Paris, Mayence, Lyon, Toulouse, et celui d'Aix de 836. La multiplication des paroisses rurales continue: l'autorité de l'évéque sur elles est fortifiée en ce que le droit des chorévéques à les bénir est limité (conc. Paris b2y", puis aboli |Meaux. 845] ; on veille à rendre plus rares les démembrements de paroisses [Toulouse 844] ; on décide que toute paroisse nouvelle devra
212 LE CHRISTIANISME ET l'oRGAMSATION IMPÉRIALE
Le mouvement de conquête est parallèle à l'œuvre de réforme ; rarchevêque Ebbon s'intéresse à celui-là comme à celle-ci. La conversion de la
posséder au moins « un manse de 12 bonniers, une curtis et 4 esclaves » (cap. 818. 10. Boretius 277] et que. du reste, nul ne pourra donner à une église des terrx censalcs sans autorisation spéciale (^18, Boretius, 2S7 . On maintient l'autorité de levéque sur le curé de la paroisse domaniale, on réglemente le partage des patrimoines des paroisses domaniales (Aix 818-19 ; W'orms 820], et même on assure à chacun la pleine propriété d'un manse au moins. Agobard, surtout, a'tire l'attention sur le péril que courent les églises sur lesquelles les seigneurs menacent de mettre la main \liber de dispensatione ecclésiasti - C2rum rerum]: lui et ses amis obtiennent parfois que les fondateurs de paroisses nouvelles renoncent, pour eux et leurs héritiers, à tout droit de vendre, aliéner, transmettre l'église [voir la charte de la villa Sentolatus. Cartul. de Grenoble n'^ VII;, p. 13]; ils essayent de même de les ab.^orber toutes dans le patrimoine de l'Eglise 829, 831 . Voir Imbart de la Tour : les paroisses rurales... p. 100-224, passim.
Sur les devoirs et les droits des évêques et des prêtres, [Aix, 836], les revenus des églises, etc., rien de nouveau : on répète ce qu'a dit Charlemagne [llauck. II, 517-518]. Une déclaration touchant l'élection des évèquo? par le clergé et le peuple [Cap. 13^, 21, n'a qu'une valeur théorique. Le roi est plus puissant que jamais sur les évoques, qui se recommandent à lui et deviennent proprement, ses vassaux [Imbart de la Tour : Elections Episc. 100 et passiiHj.
A Aix, en 817, Louis a fait préparer une règle pour les chanoines et religieuses ; chacun des deux livres se divise en deux parties dont la première comprend les anciens canons, la seconde les canons d'Aix de 8i;. Copie de ces deux livres a été donnée à tous les archevêques, qui en enverront des copies fidèles dans toutes les maisons canoniales .les missi s'assureront dans UQ an que les statuts sont observés. — Le fait est que Louis le Pieux regardait comme insuffisante et inefficace la règle de Chrodégaug qu'Eugène II recommande en 826 [Hauck. II, 538; Ilefele-Delarc, V. 202-212; Giry : Etwles carolingiennes in mélanges Monod. p. 108).
Louis a été beaucoup plus favorable aux moines que son père :