JEAN VIII
Dans cet abîme de calamités, les Chrétiens soupirent après la puissance disparue de Charlemagne : et le pape se souvient qu'il est, de par sa charge, le « protecteur de la concorde ». Jean VIII pense donc à restaurer l'empire, l'empire des Francs, soldats de l'Eglise. Charles le Chauve est tout désigné pour collaborer avec lui : il se défend avec vigueur contre les Normands, il lutte avec énergie contre les seigneurs : son conseiller, Loup de Ferrières. tient de Pud^au ^laur et de Paschase Radbert les traditions impérialistes d'Alcuin et de ^^ ala. Hadrien II songe à lui pour restaurer la paix chrétienne et Jean YIII le sacre empereur le jour de Noël 87o. comme, soixante-
Germanie et de Gaule (Pfister : Varchevéque de Metc Drogon, Mélanges Fabre, 118-119). C'est l'échec de cette dernière tentative unitaire et impériale qui explique la netteté des théories de Nicolas I^î'" : jamais elles ne se seraient formulées ainsi au temps de Charlemagne.
Louis II 855-875 le seul fils énergique qu'ait eu Lothaire." tombera en défendant Bari ; Charles le Chauve 840 877 ; Jean VIII 872-882, non moins énergique et habile. Sur les invasions slaves, sarrasines [en 846, saint- Pierre de Rome a été dévasté par les Sarrasins : d'oîi la construction de la cité Léonine 848-852], normandes [866 : mort de Robert comte d'Anjou et duc de Transséquanie à Brissarthe, près Angers, hongroises [invasion de la Moravie et de la Bavière par Arpad 892 9Û7J, voir les bibliographies nationales, et les histoires des Carolingiens Sur l'œuvre particulière des papes, voir Duchesne : les premiers temps de l'état pontifical, 1898 ; A Lapàtre : UEurope et le Saint Siège à l'époque carolingie7ine. Première partie, Jean VIII 872-882. Paris, 1895 ; Kleinclausz : op. laud. 380-490. (Pour trouver un défenseur efficace contre les Sarrasins, Jean VIII cherche des rois ou des seigneurs qui acceptent, avec le titre d'empereur, cetLe lourde charge).
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quinze ans auparavant, Léon lïl couronnait Cliarlemagne. Charles le Chauve, hélas ! n'est pas Charleniagne ; Tégoïsme des seig'iieurs paralyse ses elîorts et il meurt sans avoir rien fait. Louis le Bègue, son iils, refuse la couronne que Jean lui apporte à Troyes, et, si Charles le Jeune l'accepte, si même il réussit, par un coup de hasard, à faire rentrer dans Tunité impériale tous les royaumes qui la constituaient autrefois, il ne parvient pas à restaurer, comme le voudrait le pape, (( la paix et l'unité des saintes églises de Dieu et (( de tous les Chrétiens par le saint siège ». Les seigneurs le contraignent à abandonner son ministre Liutward, les Normands rançonnent Paris ; il meurt eniin, abandonné de tous. L'anarchie recommence : l'organisation impériale est délinitivement brisée ' .
Le Christianisme pàtit de cette crise atroce. Sur toutes ses frontières, il recule : ses ennemis savent que les Francs ne sont plus là pour le défendre. Au nord, c'est le roi de «luthand, Eric, qui fond à rimproviste sur Hambourg et détruit en quel(|ues jours l'œuvre laborieuse d'Anschaire ; il faut (jue celui-ci reprenne ses prédications périlleuses avec
> Paris lutte contre les Normands de nov. 885 à mai 886, sous la direction de son évèque (îozlin, de l'ahbé de Saint Germain Ebbes, et du comte Eudes, le fils de Robert le Fort. — C'est le 13 janvier 888 que meurt Cbarles le jeune (ou le gros), Kleinclausz : 515-534.