‹ Le christianisme et les barbares (395-1049)Chapitre 42 sur 70 · RECUL DE LA CONOL'ÈTE CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

RECUL DE LA CONOL'ÈTE CHRÉTIENNE

l'appui de Louis le Germanique et meure dans rincer titude du lendemain. Son disciple préféré, Rimbert. voit pour la seconde fois la ruine des chrétientés Scandinaves ; une coalition des Normands aboutit à l'écrasement des Saxons, leurs défenseurs. — A l'ouest, les Normands et les Danois envahissent l'Angleterre , saccagent les monastères, martyrisent le roi d'Estangdie, saint Edmond, accumulent les ruines, bouleversent les cadres traditionnels de l'Eglise ^ — A Test, mêmes désastres couronnent mêmes dévouements. Les Moraves ont accepté l'Evangile, grâce aux deux prêtres grecs Cyrille et Méthode ; Méthode survit seize ans à son frère, devient archevêque de Moravie et de Pannonie, et confirme son église dans la foi. ^Lus la jalousie divise les enfants du roi qui le protégeait, et l'invasion hongroise détruit la jeune chrétienté du Danube. — En Espagne en-

^ Une des premières invasions danoises, coniluite par Ragnard Lodbrog. fut repoussée par les Northumbriens, 873. De même, en 878, Alfred le Grand fut vainqueur à Etliandun. Malgré cela, le péril redouble : en 870, .> la grande invasion » ravage les monastères de Lindisfarne, Jarrow, Wearaaoutli, Streneshal, Groyland, Peterborough, Medeshamsteddt ; c'est le 28 novembre 870 qu'Edmond est martyrisé à Thetford : il deviendra rapidement l'un des saints les plus populaires de l'Angleterre Voir sa vie par Abbon. PL. 139, 507 et Arnold : Memorials of saint l'.dmunds Abbey (Rer. Brit. Script. 96). — L'in- A'asion danoise accélère la sécularisation des évêques anglais, devenus de plus en plus chefs nationaux, diplomates et guerriers [cf. supra, p 189 n Ealhstan, évèque de Sherborne, guerroyé dans le Kent en 825, sur le Parrèt en 845, conspire contre Ethehvulf en 8581.

230 LE CHRISTIANISME ET l'oRGAMSATION IMPÉRIALE

Un. les Arabes abandonnent la politique qu'ils ont suivie au viii^ siècle : sans doute, ils laissent subsister ving-neuf évêchés et les quatre métropoles de la péninsule ; mais ils accablent de vexations les prêtres et les fidèles pieux. Le zèle de quelques-uns amène une persécution violente. Le synode de Cordoue défend aux Chrétiens de s'exposer à la mort, en faisant, sans y être invités, une profession de foi. Saint Euloge, archevêque de Cordoue, qui raconte toute cette histoire, après avoir exhorté les martyrs à persévérer dans la foi, a le bonheur d'être martyrisé lui-même ^ — Un peu

1 Sur le recul de la conquête chrétienne dans la seconde moitié du ixe siècle, voir supra p 210, n., les références touchant Anschaire, qui meurt le 3 février 8G5 : la ruine de Hambourg est de 8i5, la r. union de Hambourg à Brème de 849; les rois Eric Ie''et II ne se convertissent pas. Himbert est mort en févritT 888 (voir sa vie. PL. 126. 991. et liauck: II, 629-655. C'est le 2 février 880 que les >'ormands ont battu les Saxons sur les bords de la mer du Nord, tuant deux évoques, Thiadrich de Minden et Martkward de Hildeshein. Sorbes, Wilzes, Abodrites resient idolâtres comme devant.

Sur la conversion des Moraves [saint Cyrille meurt en 869 et saint Méthode, son frère, meurt en8>-'5: voir la lettre d'Auastase dans Gœlz : Geschichie der Slavenapostel Konsiantinus und Methodius. Gotha, 1897, p. 243, la légende italienne, ibid,[^, 247] et celle des Bulgares |le roi Boris, et les évèques Paul et Formose 864| voir Lapôtre : V Europe et le S. S. à Vépoque carolinyienne. 1, 1895, jjassim.Les Bulgares et les Moraves, les deux plus puissants peuples slaves de ce temps [sur les Slaves, voir t. IV, p 341,n..J sont séparés (lar les Hongrois. Christianisés par l'Eglise latine d'Occident, les Bulgares se retournent vers l'Eglise byzantine, 870, parce que les papes ne veulent pas leur donner pour archevêque l.'ur apôtre, l'évèque Formose ; celui-ci est dé posé et excommunié par Jean VjH. 876, parce que ami de l'apocrisiaire Grégoire disgracié par le pape. Jean VllI a essayé en

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