‹ Le christianisme et les barbares (395-1049)Chapitre 43 sur 70 · RECUL DE LA CO.NQUÈTE CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

RECUL DE LA CO.NQUÈTE CHRÉTIENNE

partout, au sud comme au nord, ou à l'est, l'absence de Charlemagne se fait douloureusement sentir.

vain de les regagner en obtenant du patriarche de Constantinople,à un moment d'union des deux Eglises, la reconnaissance des droits de Rome sur « le diocèse des Bulgares » : il a échoué, parce que Boris, au contact des Byzantins, a voulu jouir de l'autonomie ecclésiastique. — Les Moraves détestent la Germanie et ses évèques, qui leur font la guerre |en STi, Arno évèque de ^Yurzbourg, Sigehard évt-que de Fulda, Liutbert évèque de Mayence, font campagne, avec les Germains, contre les Moraves] : c'est donc à Byzance que s'adresse Rastiz, le fondateur de l'état morave, 863, en même temps que sou ami Boris de Bulgarie. De là, la mission de Constantin Cyrille) et de Méthode, venus de CP. Mais Nicolas Jei" les mande à Rome, au moment où ils Aont repartir pour l'Orient, chercher des évèques ; Rome organise l'Eglise morave sous l'autorité de Méthode et indépendamment de l'Eglise de Germanie ; Rome autorise même l'usage d'une liturgie slavonne. qu'ont rédigée les deux apôtres venus de Byzance. La haine nationale des Allemands pour les Slaves détruit cette Eglise et cet état moraves : le roi Arnulf et son ami l'évèque Wichiug qui fabriqua une fausse lettre et fit ainsi condamner par Etienne V la liturgie slavonne ont été les auteurs de cette ruine. L'Eglise morave latine slavonne ne sera jamais relevée (malgré les efforts de Moimir II et de Jean IX, 898-

Noter que, à ce moment, le roi des Moraves Svatopluk et le roi des Croates, Branimir, se sont placés sous le protectorat de saint Pierre, eux et leurs royaumes ; c'est chez les Slaves que débute le droit politique ccnsier voir Infra, p. 29-> et tome VI .

Sur le Christianisme espagnol au ix^ siècle, voir Baudissin : Eulogius und Alvarus, 1672. Leipzig ; Dozy : Histoire des Musulmans d'Espagne. II. isQl. Leyde : Gams : K. G Spaniens. II, 2. 1S74. p. 2yy. Voir surtout la Vit.a Eulogii auctore Alburo, PL. 115, 705 et les œuvres dEulogius. E. [mort le 11 mars 859, né après 800 dans une famille de Cordoue ; une de ses sœurs s'est faite religieuse], a été élevé par les clercs de S. Zoyii et l'abbé Speraindeo, maître d'Alvarus, qui se lie avec lui ; c'est un ascète austère, qui veut aller en pèlerinage à Rome expier une erreur de jeunesse; en 848, il voyage dans le nord de VE3-

La situation intérieure de la chrétienté n'est pas moins lamentable ; avec la conquête, c'est la réforme qui s'arrête. La discipline ecclésiastique se détend, au milieu de l'anarchie : abbés et évêques adoptent les mœurs pillardes et dissolues des seigneurs qui usurpent plus que jamais les églises et les dimes ; l'ambition et la cupidité se disputent leurs âmes ; ils abaissent devant les rois la majesté de leur ministère et assouplissent au caprice de leurs passions les règles de l'Evangile. Trop souvent, du reste, les comtes ou les ducs disposent à leur fantaisie des offices ecclésiasticjues '. Lo poupagne et séjourne chez Wiliesind, l'évêque de Pampelune A sou retour à Cordoue. la crise éclate : Saul. év«*^que de Cordouc et Reccafred, archevêque de Séville f?) luttent l'un contre l'autre au sujet de l'attitude à tenir vis-à-vis des Musulniar s : Abdcrrahmanlll a défendu, sous peine de mort, d'attaquer en public Mohammed et l'Islam ; beaucoup de clercs ont été exécutés pour avoir contrevenu à cet onire. « On les vénéra comme des martyrs ; mais, sur le désir du calife, un conciliabule d'évèques espagnols déclara 852, (|ue, puisqu'ils s'étaient eux-mêmes précipités vers la mort, ils ne devaient pas être vénérés comme des martyrs. )> [Mansi. XIV, 970 ; Hefele Delarc. V. 3S5]. Après hésitation, poussé par Alvarus, Euloge avait embrassé le parti des zélés et défendu les « martyrs ». Emprisonné avec Saul, Euloge écrit, fait des vers, encourage à la mort ses compagnes Flora et Maria [Dncunientnmmarlyyiale \ niemoriaU SS.MM.\ Le successeur d'Abderrabman, Mobammed, est plus sévère en core Finalement, après avoir écrit VApolegeticus -S'S. MM. Eqlogius est misa mort: il venait d'être nommé archevêque de Tolède, à la mort de W'istremir; arrêté pour avoir abrité Leocritia, chrétienne née dans une famille de renégats, il a attaqué le prophète ll'erzog-Hauck : V. 594]. Wislrerair, à ce moment, semble avoir exercé, de Tolède son siège 839-850, une action importante.

1 Un exemple typique est fourni par la liretague française que

Page 1