RECLL DE LA REFORME CHRÉTIENNE
voir des métropolitains gTandit outre mesure, en raison de l'indignité trop fréquente des évêques et du rôle toujours croissant de l'Eglise. Hinkmar revendique pour eux l'examen, la confirmation et la consécration des évêques de la province : la con- A ocation et la présidence du concile provincial ; la nomination des administrateurs des évêchés pendant la vacance du siège : le droit de juger les plaintes lancées contre les évêques et leurs contestations mutuelles ; le droit d'autoriser leurs déplacements et les aliénations des biens ecclésiastiques ; la surveillance suprême de toute la province. Comme les chorévêques gênent la liberté
Cliarlemagne a domptée, où il a organisé 4 diocèses : Vannes, Quimper, Saint-Paul de Léon et Alet, mais d'où les Francs sont chassés par Nominoé en S'i(5. Bien que conseillé par le pitux Conwoïon, quia fondé l'abbaye de Redon. Xominoé chasse les évêques qui lui déplaisent. Susannus. Salocon, Félix. Liberalis, sans les faire juger. Protestation des évêques francs des quatre provinces de Tours, Sens, Reims, Rouen 8o0-85l ; vaines négociations de Salomon. second successeur de N . poussé par Fertien, avec Benoit iH et avec Nicolas I^r, auquel il a le toupet de mentir et de demander ensuite le pallium pourunévêque son ami, l'évêque de Dol (aux quatre évêchés de Cbarlemagne Nominoé en a ajouté trois autres: Dol. Saint-Brieuc, Tréguier], 866 Aux évêques francs qui maintiennent leur plainte iconcile de Soissons. 1§ août 866\ Salomon donne une demi satisfaction en restaurant Félix à Quimper. Litieralis à Léon; mais il n'obtient pas d'eux, non plus que de la papauté, que la Bretagne, soustraite au métropolitain de Tours, ait son métropolitain propre, à Dol. [Duchesne : Faste.-^\ II. 256, sq. ; de la Borderie : Bist. de Bretagne, H, 50 ; Merlet et Levillain dans le Moyen Age. 1890. 1 ; 1902. 201 ; F. Lot : Mélange.^ d'histoire bretonne. Paris. 1907J.
de leur action, les métropolitains travaillent à les supprimer '.
1 Sur l'arrêt de la réforme et la décadence disciplinaire et morale, voir Hefele-Delarc V, 311-605 et VI, 61-145; Imbartde la Tour : les paroisses rurales du iv^ au xi*^ siècle, p. 222, sq. ; Lesne: la Hiérarchie épiscopale en Gaule et en Hermanie, 742-88?. Paris, 1905. — Des disciples d'Agobard attaquent vigoureusement, mais vainement, les envahissements des seigneurs : l'auteur des Faux Capitulaires, notamment, nie que le seigneur ait aucun pouvoir sur le pnHre, sur les choses sacrées. Le plus souvent, on affermit la juridiction des évèques sur les paroisses domaniales, et l'immunité de la dot paroissiale, sans contester la propriété du seigneur : voir le de ecclesiis et capellis d'Hiucmar, Flodoard lll. 27-28, conciles de Pitres de 864 et 869, concile de Trosly de 909, canon 6.
Les chorévoques sont combattus par les fausses décrétâtes et sont supprimés aux conciles de Paris 849 et de Trêves 888. A leur place grandit l'arcliidiacre [souvent deux par diocèse, et qui sont prêtres], que secondent les doyens. — Quelques grands évèques. comme Hinkmar, luttent éiiergiquement conti'e l'inconduite de leurs clercs et les pratiques simoniaques, leur prêchent le respect de la liturgie, le culte de la justice, de la sobriété et de la charité, multiplient les synodes, fixent « la procédure qui doit être suivie contre les clercs soupçonnés ou coupables ».
Quelques diocèses disparaissent, détruits par les invasions [Eauze; Frotaire de Bordeaux obtient de résider à Bourges, 876 ; Gunhard de Nantes massacré par les .Normands, 843 ; Landramnus de .\antes fuit à Angers, 886]. — L'évêque doit consentir à partager avec son chapitre les biens de son église à ce moment. V. Lesne : L'Origine des ))ie?ises au IX*^ s., Paris, 1910.
Sur l'exaltation de 1 institution métropolitaine à ce moment, Voir Fournier : Hinctnar, archiv. de Reitns lin la France chrétienne dans l'histoire, p. 109) ; Lesne : op. laud. 87-185. Noter qu'elle n'est pas l'œuvre du seul Hincmar: « il ne l'a faiie sienne qu'en lui donnant plus de précision et d'efficacité ; sa science de canoniste, sa subtile et peu loyale exégèse l'ont ramenée à un système juridique qui parut puissant et en accord avec les canons des anciens conciles... Elle est avant tout le résultat de la réforme de l'Eglise franque accomplie au temps de Pépin et de Charlemagne sous l'influence des idées anglosaxonnes. Le métropolitain, autrefois président d'une assemblée
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Une révolution menaçait de bouleverser la discipline : un inconnu la prévint. La collection canonique que compose le mystérieux Isidorus Mercator encadre les canons des anciens conciles dans une double série de décrets pontificaux sottement falsifiés ; elle raffermit à Tencontre des métropolitains les droits traditionnels des évéques et de la papauté ; elle aug-mente même ceux de cette dernière en lui déférant en premièi^e instance les causes graves [majores] des évéques qu'elle ne jugeait le plus souvent qu'en instance dernière et suprènie '.
d'égaux, est devenu un archevêque tel que le concevait saint Boniface. chef des évéques comme dans l'Église anglo-saxonne ». Sans doute aussi faut-il ajouter que l'organisation ecclésiastique a subi en ceci l'influence des idées seigneuriales : « l'archevêque doit se concerter avec ses suffragants, comme un senioy^ se met d'accord avec ses vassi. »
De plus en plus, les seigneurs mettent la main sur les évèchés : en 862 par exemple, le comte d'Auvergne Etienne chasse l'évèque de Clermont Sigo et le remplace. Les mauvais évéques et les mauvais prêtres semblent avoir pullulé. Voir l'histoire de ïheutberge, infra, p." 237, n.
Les monastères sont toujours, essentiellement, des groupements la'iques : « les abbés en ces temps-là ne sont ni nécessairement, ni ordinairement prêtres. . Prêtre déposé, considéré comme un simple fidèle, Anastase le bibliothécaire est exclu du clergé ; mais il peut être moine et abbé » [Duchesne: Premiers temps de Vétat pontifical. 19(I4, p. 233, n. 1]. Souvent, comme il arrive, ils sont en guerre avec les évéques : cf. la lutte de saint Calais contre Aldric du Mans, 832-857, qui meurt vaincu.
> Lire 1-e texte des fausses décrétâtes dans Paul Hinschius : Pecretales Ps^udo-Isidorianae et Capitula Angilrarnni... LipsicT, ISt'S, in-8. Au jugement de tous, les fausses décrétales ont été rédigées et répandues entre 847 et 852 ; elles sont très étroitement apparentées aux Capitula attribués à Angilramne et aux
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La papauté, du reste, lutte comme elle peut contre le désordre. Avec Nicolas P^ et Hadrien II elle soutient de glorieuses luttes pour l'honneur de la morale chrétienne, défend la sainteté et l'indissolubilité du mariag-e et montre à Lothidre 11 qui veut chasser sa femme pour épouser sa maîtresse que, pour être roi, on n'en est pas moins soumis aux lois qui obli*^-ent tout le monde. Mais il est clair que la foi, l'espérance, la charité, la jinreté
faux capitulaires de Benoît le lévite. Pour Sirason et Fournier : Etu'ie sur /^i- fausses Décrêtalts [Bévue d'histoire ecclésiastiqup, 1906] clc , tous ces faux proviennent de la province ecclésiastique de Tours, précisément de l'église du Mans ; pour Hinschius, Lot [Etudes sur le régne de Hugues Capel, append. IX] et Lesne, l'atelier des faussaires est à Reims. Cette dernière hypothèse rallie aujourd'hui la plupart des suffrages ; elle n'implique pas nécessairement que les faussaires soient des clercs d'Ebbon | l'archevêque de Reims dépossédé, voir supi^a, p. 215, n. {[ue Lothaire eut voulu rétablir en 845, quand Reims fût donné à Hinkmar].
11 est certain par ailleurs que Nominoé a chassé de leurs sièges les évêques bretons fidèles à Charles le Chauve. Voir p. if32, n. 1 Sur les gesta Aldrici, voir Julien Havet : [Œuvres, I, 275 et Duchesne : Fastes, II, 310.
Presque aussitôt, les fausses décrétales ont été utilisées par RothaJ de Soissons et Hinkmar de Laon, qui étaient entrés eu conflit |S()3, Hefele-D'larc. V. 4(15] avec Hinkmar de Reims : « c'est vraisemblablement là que Rothad a puisé le principe sauveur de l'appel à Rome >> ; c'est le seul point du reste o(i pseudo-Isidor l'emporte sur Hinkmar, au ix^ siècle; peu à peu sa vict'-ire sera complète. — [Les fausses décrétales ont lancé l'idée de primat, supérieur aux archevêques : vers 844, Drogon de Metz a eu la fonction, sans le titre ; vers 857. Lothaire l'a vainement sollicitée pour Hinkmar ; en 875, Charles le Chauve l'obtient pour Anségise de Sens. Le primat .^erait assimilé au patriarche des églises orientales, ou au vicaire pontifical (saint Césaire d'.Vrles . Les évêques, les métropolitains, les papes (sauf Jean VIll rejettent l'idéej.