‹ Le christianisme et les barbares (395-1049)Chapitre 5 sur 70 · LES FRANCS · texte numérisé non relu

LES FRANCS

qiiablement que la société se morcelle et se localise : les contrats personnels se forment entre gens qui s apprécient, c'esf-à-dirc qui se connaissent, infiiifu pcrsoiife : que des difiicultés matérielles, la distance notamment, empêchent des rapports de s étaldir entre les hommes, elles empêcheront les contrats de s'étendre. La conception franque restreint naturellement l'extension du groupe social : elle aboutit à l'éparpillement seigneurial, aussi naturellement que la conception romaine à l'unité impériale.

Ces conditions sont défavorables au développement du Christianisme, essentiellement universaliste et radicalement unitaire ; elles contrarient la croissance harmonieuse du corps do l'Eglise : ses memljres risquent d'être coupés les uns des autres, de s'anémier et de mourir ; la solidarité (|ui les fait communier ensemble risque de se rompre. D instinct, l'Eglise essaye donc de faire adopter par les Francs l'idée romaine unitaire : dans la question de l'empire, c'est sa propre vie qui est en jeu. Elle patiente, réforme, espère, lors des invasions germaniques : et son travail fécond parait sauver 1 avenir i vMii^ siècle). Elle réussit dans une certaine mesure au temps de Gharlemagne : et son succès assure un moment le ravonnement de l'Evanoùle (vni'^-ix*^ siècles). Mais elle échoue tout à fait au temps des seigneurs, et la ruine de l'empire entraine un redoutable all'aiJ^lissement de sa vie (x^*-

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xi'^ siècles) *. Elle fuyait rOrient pour échapper à la servitude : avec la servitude, c'est la mort que r Occident lui apporte.

' Il faut ajouter que la formidable régressiou iutellecluellc qui caractérise l'histoire de la pensée occidentale depuis la fin du vic siècle jusqu'au milieu du xi^ s'expli(|ue aussi i)ar deux causes particulières : labsence de toute tradition intellectuelle propre à ces Germains qui mêlent leur sang au sang des Occidentaux romanisés ; le déclin très rapide des villes et la prépondérance que prennent de bonne heure les campagnes au point de vue social. |Kn Orient, il y a eu aussi régression intellectuelle : elle semble avoir été moins forte. Si les Slaves n'ont pas plus de traditions intellectuelles que les Germains, Constantinople garde un prestige et une vitalité que n'eurent ni Rome ni AixJ.

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