‹ Le christianisme et les barbares (395-1049)Chapitre 54 sur 70 · DÉCADENCE DU CLERGÉ · texte numérisé non relu

DÉCADENCE DU CLERGÉ

plus de trois messes par jour. Les conciles deviennent extrêmement rares. Le Monachisme, moins corrompu, s'éloigne de l'Eglise séculière. La science sacrée s'écroule : la théologie sacramentaire traditionnelle est abolie '.

1 Sur la décadence de la discipline ecclésiastique, qu'entraînent le nicolaïsme et la simonie, voir les canons des rares conciles du x* siècle : Hefele-Delarc, VI. 145. sq.

Le synode de Dingolfing, 16 juillet 932, présidé par Adalbert de Salzbourg, est mal connu : quel est le sens exact de la prescription qu'on en a rapportée ? Il semble avoir étendu à la Barière les canons décrétés par le concile d'Erfurt de juillet 932 : obligation de célébrer les 12 fêtes d'apôtres et de jeûner les veilles des fêtes et quatorze jours avant Noël: les clercs soupçonnés doivent avouer, ou se purger par serment. — Le concile de Seligenstadt date de lu22.

Les métropoles caro ingiennes sont attaquées en raison des changements politiques : Tarragoue et Vich essayent d'évincer de la Catalogne l'autorité de l'archevêque de >arbonne [971, Alton de Vich et Jean XIII : Césaire de Montserrat et Jean XII(.

Les avoués continuent leurs brigandages i procès de Herlouin abbé de Corbie à son avoué Efroi d'Encre, 1016J.

La plupart des âmes qu'écœurent et révoltent la simonie et le nicolaïsme de lépiscopat seigneurial et de son clergé dégradé se réfugient dans le raouachisme : elles attendent de la papauté une réforme. L'esprit romain et catholique de Cluni ne lui est pas propre • l'exemple d'Abbon le prouve. [>'oter que c'est à ce moment que les moines commencent d'être tous des prêtres : ceux qui restent laïques sont confinés dans les emplois inférieurs]. Une rivalité plus ardente que jamais oppose donc ce Clergé régulier au Clergé séculier : ils se disputent les donations et la faveur des fidèles. Comme le.- moines se chargent souvent, à notre époque, du service religieux dans les campagnes, ils réclament justement une part de la dime : nouveau sujet de contestation [concile de saint Denis, 995j. Très scwivent, les abbayes refusent de reconnaître au spirituel, et même au temporel, l'autorité des évêques : de là, les exemptions parla recommandation à saint Pierre (voir p. 314 . Ce sont de terribles guerres que se font les évêques d'Orléans et les abbés de Fleuri

27r> niRisriAMSME et dksoroamsation seigneuriale

Si les clercs ne voient plus clans IKncharistie qu une magie bienfaisante, si leur loi se laisse ainsi envahir par la superstition, ([ui pourra dire ce que

('J87, 1008 . les évoques de Maçon et les abbés de Cluni IConcile d'Anse, 1025 ; Concile de 1003], les évoques de Langres et les abbés de Potbières |sac de Potbières par révfVpie Rainard, 1069|, les évéqiies de Limoges et les abbés de saint Martial |qui répandent la fable de l'aposlolat de leur patron]. 1-n lénéral. les rois (parce que ennemis des seigneurs maîtres do l'épiscopat : voir le poème d'Adalbéron évoque do Laou, y 103U contre les moines et les rois] et les papes prennent parti contre les évéques. — Lncbaire : op. laud. p. 117; Hùckel : les pornics satiriques cC Adalbéron. Paris 1900; Pfister ; Robert le Pi^ux. p, 313. — Et je ne parle pas des conflits provoqués par la possession (les reliques Ifîuillanrae de Sens et saint Pierre le Vif, 1>37. Duchesue. Fastes, II. 3'.*81.

L'indiguation dos chrétiens sincèros contre lépiscopat seigneurial entraine encore — jointe à leur ignorance de la tradition — une grave conséquence : la nuUitc radicale ries ordinations &iwoniaq>t('s est soutenue par le plus grand nombre, et aussi Vinvalidité des sacretwnts conférés par les aimoniaques : or, ces théories rompaient avec le droit traditionnel de liowc 'sinon de l'Orient Afri(|uc : voir tome IV, p. 39-41). Voir le de infornxotiont' ejtiscoporurn. PL. 139, 175 ; les doutes de Lentbéric. archevêque de Sens, 1008. PL. 141, 207 ; la fameuse lettre do Guy d'Arezzo à lléribert de Milan, vers 102:^-1033 | /-/Ae/// de lite... I, 5-7], qui fut bientôt attribuée à Pasclmso, jniis au pape Pascal L — Et le succès do cette théorie révolutionnaire n'a rien d'étonnant puiscpie Rome elle-même, par la bouche d'un pape, Jein VIII, en personne, a déclaré que l'ordination d'un évérpie (de Vercoii. Joseph, faite par un évoque excommunié lAusbert de Milan devait être renouvelée, parce que nulle. 15 février 881, PL. 12tî, 900 Et pou après cette date, les ordinations conférées par le pape Formose avaient été cassées par les papes Etienne VI. juin SU7, Serge III, 904-911. .lean .\, 914-92S. Rathier do Vérone soutenait les mémos idées [décret du 8 février WS\, et. le concile de Rome de 964 l'approuvait [annulation des ordinations de Renoit VIII ]. La théorie tiaditionnelle était soutenue par Fulbert (lettre à Lenthéric). Elle l'avait été, avant lui, par Auxilius | Ivfensor et Defensor. Voir Uiimmler : Auxi-

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