‹ Le christianisme et les barbares (395-1049)Chapitre 58 sur 70 · SAINTS TE LORRAINE · texte numérisé non relu

SAINTS TE LORRAINE

secours de la papauté lég'énérée qu'il verra ses souhaits comblés et qu'il fondera Citeaux '.

1 Saints de Lorraine.

Adalbéron, frère de «^odefroi, comte de Verdun, est poussé au siège de Reims, en 969, parle roi de Germanie, duquel il attend la restauration de l'Eglise. Il restaure son église et l'embeliit, il réorganise l'école de la cathédrale, à laquelle il prépose Gerbert ; il restaure la discipline. Il meurt en 9S9

On sait que c'est lui, et Gerbert, qui ont comploté et opéré l'élection d'Hugues Capet comme roi de France, 987 : il est originaire de Metz, oîi il a été chanoine).

Thierry de Metz mort en 984 ; voir sa vie par Sigebert de Gembloux, PL. 160, 691 : sur les saints qu'il a apportés à Metz en 970, voir PL. 137, 363.

Wolbold de Leyde, mort en 1021 : PL. 139, 1096 et 2046, 199.

Guibert de Gembloux. 892-962 : voir son éloge par Erluin, PL. 160, 676, et sa vie par Sigebert, HL. 160, 661.

Gérard de Broigne, mort en 959, était un chevalier de Bérenger de .N'amur, abbé laïque de plusieurs monastères, venu par hasard à Saint Denis en 915, il fonde son monastère en 923 (voir sa vie Acta S. S. 3 octobre, p 300 ; Sackur : Die Kluniacnser. p 121 ; Hauck III. 345).

Au début, son salut seul l'intéresse. Mais à peine a-t-il restauré chez lui la règle bénédictine que sadressent à lui Teldon évèque de Cambrai, Régnier comte de Rainant, le duc Gislebert, Arnulf le Vieux en Flandre : il réforme ainsi saint-Ghislain, saint-Pierre et saint-Bavon de Gand, saint Arnaud, saint- Bertin, saint-Omer. Les évèques de Liège, Cambrai, L'trecht rivalisent alors avec Gérard; les comtes de Flandre, de pieux seigneurs foudent à la fin du x" et au cours du xi^ siècle « saint- Sfauveur de Ham, Bourbourg, Waten, Eenham, Gramont. Oudenbourg, saint André les Bruges, saint Winnoc de Bergues, Messines, Loo, Voorraezeele. Zonnebeke, Eversham, Anchin en Flandre ; Afflighem, saint-Bernard d'Anvers en Brabant ; Gembloux. Waulsort. Thorn, saint Jacques et saint-Laurent, dans le diocèse de Liège : saint-Henys en Brocqueroie en Hainaut ; saint Sauve à Cambrai ; saint-André au Cateau-Cambrésis...: le monachisme prend vraiment alors possession des Pays Bas. Jusqu'au xe siècle, sauf des rares exceptions, les abbayes n'avaient guère dépassé la région romane. Désormais, comme si l'on voulait regagner le temps perdu, elles se répandent rapidement dans

Les églises de Germanie développent avec une audace souvent heureuse l'œuvre de propagande quelles trouvent dans l'héritage de Boniface : leurs missionnaires évangélisenl à la fois les Scandinaves, les Slaves et les Hongrois. Les fondations de saint Anschaire et de Rimherl se relèvent peu à peu de leurs ruines au temps d'Adalgag ; les évêchés de SchlesAvig, de Rippen et d'Aarhus sont créés dans le Jutland ; le roi llarold Bhiatancl se fait haptiser vers OGèi ; et le roi Suenon qui com-

la plaine flamande » [Pirenne : I, 771. Sur l'influence religieuse de ces monastères voir, ibidem. « A saint Trond, le produit annuel des offrandes des fidèles surpasse tous les autres revenus de l'abliaye. La construction d'une église ayant été entreprise, le peuple charria spontanément depuis Cologne les pierres et les colonnes amenées par le Rhin. A Tournai, les habitants pourvoient il la subsistance des ascètes qui se sont établis dans les ruines de l'église saint-Martin ». — Notger, évéque de Liège de 974 à 1007, conseiller de Theophano |Kurth : Noiger de Liège. Paris, iy05|. — Gérard, évéque de Toul, mort en i^Sii : voir Acta S. S. 13 avril, p. 206. — Le comte Ansfrid, élève de Brunon de Cologne, devient évéque dUtrecht et meurt en ascète, vers 990 [Alpert : de dirers. temporinv, I, 11, M. G. SS. IV, 705

VVazon, évéque de Liège, né à Lobbes vers 980, mort en 1048: écolùtre de Liège vers 1010. doyen de la cathédrale vers 1015, évêque en 1041. Son zèle pour la réforme lui a valu des ennemis le prévôt .loan qui l'ont contraint ;i fuir ; mais il a su se concilier l'amilié de Conrad IL C'est un ascète qui se flagelle et jamais ne s'accorde un bain ; mais c'est aussi un savant, un ami des pauvres, un esprit modéré qui ne veut pas que le glaive contraigne les hérétiques. — L'action réformatrice de Waz.on a été appuyée le plus souvent par les monastères de Lobbes et de Stavelot(Voir infra. p. 333. — Cauchie : La querelle des iïuestilures da)is les diocèses de Liège et de Cambrai, l. p. LIV. 1898; ^Varichez: : l'abbaye de Lobbes... Paris, 1909). Aletran, Folcuin, Ilériger ont relevé Lobbes à partir de 960.

LES SCANDINAVES ÉVANGÉLTSÉS 295

mence par persécuter les Chrétiens, linit par favoriser leurs elforts. Son lîls, Cnut le Grand, les fait délînilivement triompher ; il protège les évêchés naissants d'Odensée et de Roskild, toujours menacés par les Païens : il multiplie les monastères et les églises, il donne l'exemple de la dévotion à Rome où il va en pèlerinage. Grâce à lui, l'Eglise de Danemark achève de naître ; elle se détache de la province de Hambourg-Brème et est érigée en province métropolitaine, avec Lund comme capitale. — Les missionnaires sont moins heureux en Suède ; malgré les efforts de Brun de Querfurt et de Thuro'ot, malo-ré l'ororanisation du diocèse de Skara et le baptême du roi Olaf , la plus grande partie du pays rejette l'Evangile : le roi Stenkil déclare qu'il est impossible de renverser le temple des idoles à Lpsal, et son lils. Inge, qui reçoit le baptême, est chassé par son peuple et remplacé par un Païen. — La Norvège, au contraire, commence de se convertir aussi docilement que le Danemark grâce à Hakon le Bon ; Olaf Tryggvason et Olaf Haraldson le Saint achèvent la défaite de ridolàtrie : la métropole sera fixée à Trondheim. Devenus conquérants à leur tour, les Scandinaves reprennent ou aifermissent l'œuvre des missionnaires saxons, convertissent l'Islande et le Groenland'.

1 Missions chez les Scandinaves, a) Danemark. L'évangélisation préoccupe Adalgag, archev. de Hambourg 936-988 ; les évêchés

206 CHRISTIAMSME ET DÉSORGAMSATION SFK.NEl HIALK

L'évangélisation des Slaves continue avec plus de persévérance que de succès. La ruine des chrétientés moraves est mal compensée ])ar la demiconversion des Tchèques ; si les deux j)remiers

du Jutland datent de 948 : Sucnon 088-1014 et Cnnt 1014-1035 son pèlerinage en 102(3) ; Lund mclropole en 1103. La grande difficulté de l'cvangélisation vient des guerres incessantes [Ileric le Victorieux de Suède ravage le Danemark, vers i^8y, et chasse Suénon, qui tombe sur l'Angleterre voir p. 263) : bien que païen, il accueille l'oppo, sacré évèque de Danemark par Lïavizo, archevêque de Hambourg: orateur et thaumaturge, Poppo réussit; les deux Odinkar accourent l'aider. Mais Héric qui s'est fait baptiser, et qui a épousé la so'ur deBoleslas de Pologne, revient au Paganisme et à la piraterie Hauck. III, (Î34. Etc . ]. Suénon, amène un évèque et des prêtres anglais : (îotebald de Seeland a été ordonné en Angleterre.

Unwan, successeur de Liawizo, 1013-1029, éblouira les princes Scandinaves par la richesse de ses présents : il enrichit Hrème, il rebâtit Hambourg, encore détruit en 983 et y séjourne quelque temps. Mais il se heurte à Cnut qui sait civiliser le Danemark et faire oublier aux Anglais son origine étrangère. Si la barbarie n'est pas abolie toute en lui, il reste que l'idée chrciienne a prise sur lui et tend rarme à informer son action politicpie : il proscrit l'idolâtrie et prescrit à chacun trois communions par an Mais il dirige lui UK'me son Eglise pour ne pas dépendre de Hambourg et de la (îermanie IHauck.III, 639].

b Hakon le Hon de .Norvège.938-9t)l ; Olaf I'-^995-1000 ; Olaf li, le saint 1014 1030; Troudheira métropole vers 1148 seulement. Voir Metcalfe : /^assio et niivaiula b. Olari. Oxford, 1881. — Enwan (jui aiéussi à faire reconnutre par Cnut sps droits métropolitains, obtient pareil succès en Norvège; où, comme en Danemark, les rois ont plus fait que les missionnaires pour l'ipuvre d'évangélisation |Hauck, UI, 6i4|.

Sur Halvard de Norvège, mort vers 1040, voir Storm : Monumenta hisiov. Norregiae. 1880, p. 155.

Olaf de Suède est baptisé vers 1002 ; Stenkil et Inge vers 1063- 1075. Upsal métropole en 1162 seulement. Ici encore l'évangélisation procède de Hambourg, j Hauck, III, 6i6].

(Conquête de l'Islande et du Groenland, vers 1000 : mission de Thankbrand, 997 ; évêché de Gardar au Groenland, vers 1050.

LES SLAVES ÉVANGÉUSÉS 297

Boleslas finissent par favoriser les missionnaires et fondent révéché de Prague, saint Adalbert qui succède sur ce siège au saxon Thietmar est désespéré du Paganisme persistant de ses ouailles. La polygamie, le nicolaïsme. le trafic des esclaves résistent à ses attaques ; en 989 il abandonne son église, fait d'inutiles efforts pour la convertir et y rentrer ; finalement, après avoir essayé de se fixer en Italie, il se rend en Prusse et y meurt martyr. Son successeur Thieddag n'est pas plus heureux ; c'est seulement lévéque Sévère qui parvient à vaincre à peu près les pratiques et les mœurs idolâtres *. — Les Polonais, au contraire, se laissent tdsément gagner : le duc Miécislas est converti par sa femme DulDrawka et fonde l'évéché de Posen ; une partie du peuple suit son exemple ; toute la génération qui suit est déjà chrétienne. Le siège métropolitain est fixé à Gnesen où est tombé saint

1 Dès 845, quinze chefs Tchèques ont reçu le baplt-rae à Kalisbonne, et Borsivoï a suivi leur exemple, au temps de saint Méthode vers 8S0 : Spithinev I^'', 894-912, Wratislas I. 912-925, Wenceslas 925-935 protègent aussi l'évangélisation ; les deox Boleslas 1 et II, 935-937-999 la favorisent de tout leur pouvoir, surtout le second : l'évéché de Prague est fondé en 973. Sur le fameux saint Adalbert tué en 997, voir sa vie par Jean Canaparius, PL. 137, 863 et par Brun de Querfurt, Bielowski : Momimenta Polonix hisi.orica.l, Lwow. 1864, p. 189 et 153 ; cf. Voigt : Adalbert von Prag. Berlin, 1S98 ; Hauck. III. p. 245 et 267. — Thieddag était un moine de Korvey, médecin renommé : Boleslas 111 ne l'en chassa pas moins en 999. Sévère 1031-1067 ; en 1063, le duc ^Yratislas relèvera l'évéché d'Olmùtz et y nommera un moine Jean.

298 CHRISTIANISME ET DESORGAMSATION SEIGNErHIALE

Adalbert ; les évèchés de Gracovie, Coll)ero' et Breslau lui sont subordonnés ; une abbaye bénédictine est instituée à Tyniec. Les enseio^nements et les exemples du prince Casimir, de l'évêque de Gracovie, de saint Stanislas alFermissent la foi \ — S'avançant de liohème en Pologne, le Christianisme a cerné les AVendes qui cantonnent à Test de l'Elbe ; ils se soumettent à leur tour. Sous Henri l7. Tévêque de ^ erden Adehvard évangélise les Adobrites. Otton fonde à Havelberg un évéché })our les Rédariens, un autre dans le Brandebourg pour les Havelliens, un autre encore à Star^j^ard pour les Adobrites et les Wag^riens. lùiiin. au concile de Ra venue, « la création de rarchevèché de Magdebourg- est décidée, ainsi que celle des nouveaux diocèses de Mersebourg, Zeiz et Meissen. Malgré ces ell'orts, l'idolâtrie ne recule que lentement : Henri H doit donner son autoiisation

1 Les Polonais ont commencé d'être évangéliscs par des prêtres moraves fugitifs. Miécislas, 962-992, se marie 963, fonde Posen 968 : DubraAvka cfait fille du duc de Hohême Holeslas I^r. La métropole de Gnesen date des environs de 1000. Sur saint Stanislas de Cracovie, mort en 1079, voir Polkowski : Legenda minor de sanct. Stanislas mavt. et pont. Crarovin\ 1882; Monum Polon. hist. IV, jjassim, les Acta Sattctorum,! mai, p. 202, et les Annales PoloniîP, dons les Mon. Gerni. SS. XIX. 571 En se convertissant, le duc Miécislas I^^"" plaça la Pologne sous la protection de saint Pierre voir p. 231, n.). Une violente réaction païenne, survenue à la mort de Bolcslas Chrobry, duc depuis 992, emporte Colberg et Gnesen. Casimir. 1041 1058, essaye en vain d'établir une antre métropole à Cracovie en faveur de l'évêque Aaron (Paul Fabre : La Pologne et le saint Siège du x* au xiiie siècle, in Mélanges Monod 1890, p. 163].

LES HONGROIS ÉVANGÉLISÉS 299

expresse au culte pratiqué par les Leutices ; et Gottshalk qui a fondé un empire wende chrétien est renversé par les Païens : il entraine l'Eglise dans sa ruine ' . >>

Ecrasés à la bataille du Lech, les Hongrois doivent renoncer à leurs courses vagabondes ; ils se fixent au soi, et sont vite atteints par les armes pacifiques des missionnaires. Dès le début du règne de Geisa, l'évéque de Passau, Piligrim, leur envoie, avec plusieurs prêtres, le moine souabe Wolfgang : Geisa se convertit, et son fils. Etienne le Pieux, prend toutes les mesures propres à hâter le mouvement chrétien : il fonde des monastères, il organise des évêchés. il fixe la métropole à Gran, la capitale du royaume. La mort du roi permet aux idolâtres de tenter une réaction ; ils ne parviennent qu'à faire quelques martyrs de plus. André P^ interdit les usages païens sous peine de mort et

1 Missions chez les Wendes. Les trois évêchés otloniens datent de 946-949, le concile de Ravenne de 968, la tentative de Gottshalk de 1047-10Ô6 : elle est brisée par les Liutices et les Adobrites, le 7 juin 1036 à la bataille de Lenzen sur l'Elbe ; leur chef est le propre beau-frère de G : ils immolent sur un autel le prêtre chrétien Yppo, et beaucoup d'autres ; ils lapident Ans- Aver à Ratzebourg ; dans le Mecklembourg. ils coupent les pieds au vieil évêque Jean et offrent sa tête au dieu Rediga^t. Bien mieux, les Païens se jettent sur Hambourg, qui est encore une fois détruit. — Dans la pensée d'Otton, c'était Magdebourg qui devait christiani-er tous ces pays [Hauck. III. 69-100, 623. 647 et 734J. — Dès 1018, les Liutices avaient chassé le prince chrétien des Adobrites, Miécislas I-'".

Bêla 1^' écrase la dernière révolte du Paganisme'. Létenduc de ce mouvement missionnaire qui

• Missions chez les Hongrois. Voir la vie de Gérard de Sagredo dans Endlicher ; lier. iJungar. tuonumenui Arpadiana. 1849, p. 205 et p. 202, et Wion : Sanct Gerardi Sagredo... Vi'a. Venetiis. 1597. — Sur Henri, le fils de saint Etienne mort eu 1031, voir Endlicher : oj). laud. p 193. Sur saint Etienne, 997- 1038, voir Endlicher: op. laud. 139, 60, 163, ou PL. 151. 1. — La bataille de Lech. 955, Geisa 972-1-97, André, 1046-1061, Bêla, 1061-1063, Ladishis 1077-1095. — C'est en 862 qu'ils ont fait leur apparition en Allemagne. — Dans toutes les marches de l'est, Germanisation et Christianiï:ation marchent de pair i^cn Carinthie par exemple, et procèdent de Salzbourg lau temps de l'archevêque Frédéric, nommé légat en Norique et l'annonie par Benoît VI. 973 . Kalisbonne, Freising et f>urtout Fassau rivalisent avec Salzbourg : les évéques envoient des colons réoccuper les terres qu'ont dévastées les Hon-^rois ; de même, les abuaycs de Tegernsee et d'AltaicK qui avaient de grandes propriétés dans les pays du Danube (voir le rapport du moine Froumound à l'abbé Gozbert de Tegernsee. PL. 141. 1289]. L'évéque de Passau reprend le titre d'évrque de Lorsch Adalbcrt, qui meurt en 972) : Piligrim dotme aux missions une impulsion très énergique, comme autrefois Arn de Salzbourg ; il a été formé à Niederaltaïch par le prêtre Oudalgis, et c'est Frédéric qui l'a fait nommer évèque ; la pénétration de son regard devine l'avenir oriental de la race germanique [Ilauck. 111. 168J, et sa pensée est aussi énergique que son intelligence est diviuatrice. — l't c'est ainsi que l'Eglise de Germanie entre en (Ontact avec les Hongrois. Ceux-ci se sont mélangés aux Slaves qu'ils ont d'abord domptés; ainsi, ils ont commencé de se fixer au sol. Ils accueilhnt le duc .\rnulf exilé, et c'est en 9/3 que Geisa envoie une ambassade à la Cour d'Otton II. Celui ci adres^e à Geisa levéque de Verden Hruii. Mais, dès son intronisation, et de luiraémo, Piligrim avait envoyé des missionnaires aux Hongrois ; bientôt il alla en personne les visiter II eût voulu faire de Passau la métropole de ll'glise nouvelle qu'il allait fonder: la jalousie de Salzbourg, et l'inintelhgence de l'empire l'arrêtèrent. L'organisation ecclésiastique sera l'œuvre de saint Ktienne ; la Hongrie sera indépendanln de la Germanie. — Voir E Horn: saint Etienne roi de Honr/rie Paris, 1899 et Hauck. III. 156- 276, 603.

SAINTS DE GERAIAME 301

lance en éventail ses ëg'lises dans l'immense plaine orientale, la rapidité de son extension, la ténacité qu'il suppose, tout atteste la vitalité de l'Eglise de Germanie : si les Anglais et les Byzantins y ont concouru, c'est elle qui a principalement porté le poids du grand œuvre. 11 n'est pas malaisé, du reste, de donner d'autres preuves de la vie du Christianisme au delà du Rhin. Le Souabe Wolfgang étudie à Reichnau et à Wurtzbouro^ et dirige les écoles de Trêves et d'Einsiedpln avant d'aller évangéliser les Hongrois : nommé évéque de Ratisbonne, il réforme les monastères de Saint-Emmeran.d'Obermunster et de Xiedermunster. restaure les chapitres de chanoines séculiers et s'occiqie d'assurer la vie matérielle du clergé rural afin de pouvoir plus efficacement travailler à en relever le niveau religieux. C'est un Souabe encore que cet Ulric qui. devenu évêque d'Augsbourg. refuse de conduire lui-même ses troupes au roi : il juge qu'un serviteur de Dieu n'a r{ue faire aux armées, surtout lorsque la ruine d'un diocèse ravagé, comme le sien, appelle tout son dévouement. Il le visite tous les ans. tient un concile deux fois par an, assemble souvent dans chaque doyenné les recteurs des paroisses, et réussit ainsi à réchauffer le zèle de ses diocésains. Les ravages des guerres civiles et des invasions hongroises sont réparés : Ulric serait tout à fait heureux s'il pouvait lég-uer son siège épiscopal à son neveu Adalbéron. Mais les évêques

302 C1IRISTIAMS31E ET DÉSORGAMSATIUN SEIGNEURIAL!:

protestent ; Adalbéron meurt et, jusqu'à ses derniers jours, le pieux Ulric fait pénitence pour avoir voulu enfreindre les canons. L'évêque de Constance, son ami Conrad, ne met pas moins d'ardeur à prêcher l'Evangile, restaurer la discipline, réformer les mœurs.

A l'autre extrémité de la Germanie, Ilildesheim s'illustre aussi par ses grands évêques. Bernard refuse la riche abbaye de Devenler que son oncle veut lui procurer ; après avoir été précepteur d Otton III, il devient évèque d'IIildesheim et, pendant ses vingt-huit années d'épiscopat. reste un modèle de science et de vertu. Son successeur, Gothard. s'est d'abord fait connaître comme un saint abbé à Altaïch et à Ilersfeld, au Tegernsee et au Chremsmunster ; un grand nombre de monastères, qui ne relevaient pourtant pas de lui, se sont réformés suivant ses idées ; devenu évèque, s'il continue de faire la guerre aux moines vagabonds qu'il appelle en riant les « péripatéticiens de son siècle » , il surveille avec soin la vie de ses chanoines, la piété de ses ouailles, et, particulièrement, les besoins des pauvres honteux. L'histoire de Bennon, élevé à Hildesheim, atteste l'influence des Bernard et des Gothard : d'abord humble théologal à Gozlar, il maintient dans le chapitre la plus stricte discipluie, avant de restaurer la vie chrétienne dans le diocèse qui lui est contié ; au moment de la crise grégorienne, il souffrira la prison el l'exil plutôt que'

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