‹ Le christianisme et les barbares (395-1049)Chapitre 59 sur 70 · SAINTS DE GEU3JAME · texte numérisé non relu

SAINTS DE GEU3JAME

d'abandonner les défenseurs de la réforme. Cologne n'est pas un centre moins vivant que Hildesheim : avec Bruno. Héribert et Annon, Cologne devient la grande métropole des pays rhénans. Héribert surtout, moins engagé que les deux autres dans la politique de la royauté saxonne, joue le même rôle que Wolfgang ou que Gothard : il fonde le monastère de Duitz, dont l'exemple régularise la vie de beaucoup d'autres ; et il n'est pas moins actif que ses émules à prêcher l'Evangile au peuple ou à surveiller par d'incessantes visites la vie de ses clercs. Son contemporain Burckard de Worms rappelle à tous les règles canoniques qui lui dictent sa conduite, il reprend le traité de Réginon de Prum et compose ainsi son Decretum ^

1 Saints de Germanie. Adalbéron d'Augsbourg, mort en 910: voir Steichele : Archiv. f. die Geschichte des Bisthums Aiigsburg. III. 1860, 2.

— Wolfgang, évèque de Ratisbonne de 974 à 994 : voir sa vie par Otlolio. PL. 146. 391. — Ulrich, évèque d'Augsbourg de 924 à 973: PL. 135. 1009.— Conrad, évèque de Constance, mort en 976 : PL. 170. 865. — Conrad de Trêves, mort enlOôô : PL. 154. 1251. — Bernard évèque de Hildesheim. 993-1022: PL. 140. 393. — Gothard, son successeur, mort en 1039, abbé dès 995, Pertz : Moyium German. SS. XI. 167 et PL. 141, 1161 et 1201 : réforme de nombreux monastères. — Bennon, débute à Gozlar en 1049, meurt évèque d'Osnabrûck en 1088 : Wilmans, dans les Mon. Germanix. SS. XII. 60 ; voir Thyen : Benno II, Osnabrijck. 1869. — Bruno de Cologne, mort en 965. PL. 139. 941. — Héribert de Cologne, mort en 1021: Acta Sanctoriitn, 16 mars, p 467. — Annon de Cologne, mort en 1075. Kôpke dans les Moniuv. Germanix SS. XI, 465. — Burckard, évèque de Wurms, meurt en 1025: voir Boos : Monuuienta Worniatlensia. III, 1893. 99. — Adelbéron de Metz mort eu 1U05, PL. 139. 1553. Au temps de Henri H, Tagino réforme le

304 ciiuisriAMS.Mi; i:r uksoiuiamsation skigneuriale

L'Eirlise crAnu-leterre. souvent aussi, favorise les réformateurs. Alfred le Grand appuie de tout son pouvoir l'archevêque de Cantorbéry Plegmond et l'évêque de Worcester Werfrith. Le duc Aldhelme, puis le roi Edouard soutiennent le jeune Odon, aussi savant que vertueux ; le roi Ethelstan lui donne Tévèché de Sherl)orn, le roi Edmond le siè<;e métropolitain de Cantorbéry ; et le successeur d'Edmond, son frère lulrede, lui témoi^^ne la même confiance. Ses efforts sont continués par TiHustre Dunstan. C'est un neveu de l'archevêque Athelm : il est devenu abbé de Glastonburv où il a été élevé, lorsque le sage chancelier Turketul. réformateur et al)bé de Croyland, le recommande à Edmond ; sa réputation s'étend, si bien (jue le roi Edgar le nomme évéque de Worcester et de Londres, et, plus tard, archevêque de Cantorbéry. De concert avec ses amis Elfstan, EtheUvold et Oswald, Dunstan coml)at les progrès scandaleux

monastère de Bergen, près Magdeboug. et (lehlinrd de Ualisbonne celui de saint Erameran.

Wolfhelm mort en i09l : PL. 154, 405. — llcimerad, mort en 1019: Acta Sanctorum 2S juin p 386.

Noter que c'est le roi de dermanie Henri II qui a fait introduire jiar le pape Benoît VIII, 1012-1024, dans les i)rières de la messe romaine, le chant du credo. Henri II |p.2r)0. n]. mort en 1024, ami d"Odilon et de Cluni réforma beaucoup de monastères en Souabe et en Lorraine : il eût fait «iavantage s'il n'eût craint d'affaiblir son autorité rovale. Peut-être a-t-il songé à sui)primer à la fois les obligations clitiqups et les richesses foncières des couvents |1023. Sain' JVaximin. Stumpf. 1815. klS17. Hauck. III, 456-457J.

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du nicolaïsme, fonde à Westminster un monastère modèle, relève les autres couvents -et obtient du pape l'autorisation de remplacer par des moines les chanoines qui ne voudront pas se soumettre à la vie commune : on voit ainsi des abbés devenir évéques. Le concile de 969 ne laisse aux clercs d autre alternative que la continence ou la destitution. La réforme seml^le consolidée. Malheureusement, elle s'écroule au milieu des guerres danoises: un peu partout, comme à Cantorbéry au temps de larchevèque Elpheg, les seigneurs prennent parti pour les chanoines, les moines sont chassés des éçîdises. les abus recommencent de fleurir '.

Mak'ré tout, on le voit, la vie chrétienne n"est

pas encore étoutlee toute dans cette multitu.de de

1 Saints d'Angleterre. Odon, archevêque de ('a^terLury de 942 à 959 : PL. 133, 933. — Dunstan, archevêque de Canterbury, mort en 98S : PL. 139 1423. Voir Stubbs : Memorials of saint Dunstan jRer. Brit. Scr. 63]. Le roi Edgar règne de 958 à 975. Son ami Ethehvold meurt en 984: A-oir Stevenson : Chronicon WLonasterii de Abingdon. IL 255 'Rer. Brit. Scr. 2| et PL. 137. 81, Oswald, évèque d'York, meurt en 992 : Aoir Raine: The historians of tlie Church of York. l. [Rer Brit. Scr. 71]. — Elpheg archevêque de Cantorbéry mort en 1012 ; Acta Santorxi rn . 19 avril p. 631. — Sur les abbe==es Merwinna, morte vers lOoO et Elfleda. morte vers 1050. voir Acta Sanctornm, 29 octobre, p. 922 et 925 — Sur tous. cf. Hunt : op. land.

D'après Stubbs éd fr. I, 1907], 296. on peut « rattacher la renaissance des études et de l'ordre dans le clergé sous les règnes d'Alfred 871-900 et de >on fils au regain de vigueur nationale qui résulta de la lutte contre les Danois » : sont alors fondés les diocèses du Somerset, du Wilts, du Devon, de Cornouailles (924-931 ; plusieurs monastères sont restaurés, la législation est rajeunie.

petits états, nés des débris de T empire franc. La situation nouvelle favorise même l'expansion chrétienne rurale : chaque seigneur voulant avoir son église ou son monastère, il n'y a bientôt [)his de domaine qui en soit dépourvu ; hi parfaite prise de possession de l'Europe occidentale par le (christianisme date A'raisemblablement de l'Age seigneurial. A ce même moment, du reste, comme pour légitimer le fait, les traditions industrielles et commerciales, la pratique de la charité, la culture de la science, la pratique des arts sont k' monopole de l'Eglise. Ce sont les grands domaines ecclésiastiques, les grandes abbayes notamment, qui groupent et protègent les artisans, héritiers des procédés industriels romains, comme ce sont eux qui entretiennent les relations commerciales par lesquelles les divers pays communiquent (pielquefois encore '. Tous les évéques dont nous avons rappelé les noms, et surtout les lléribert de (Pologne, les Fulbert de Chartres sont la providence des malheureux. Le seul corps enseignant est le clergé ; dans chaque diocèse, l'évêque accorde aux écolàtres le droit d'enseigner ; les abbés font de de même, et ])arfois aussi les cliapitres cathédraux

' Voir, par exemple, labbaye de Saint-Martial de Limo;;es, fondée en 848, et qui attire, aux x^ xi^, tout le mouvement économique et religieux du Limousin. Cf. son histoire par Cli. de Lasteyrie : L'abbaye de Saint-Martial de Limoges, étude historique, économique et archéologique... Paris, 1902. Cf. Warichez: Uabbaye de Lobbes... jusqu'en 1200. Paris, 1909.

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