‹ Le christianisme et les barbares (395-1049)Chapitre 60 sur 70 · LES SAINTS SAUVENT LA CIMLISATION · texte numérisé non relu

LES SAINTS SAUVENT LA CIMLISATION

et collégiaux. Reims et Chartres. Angers. Paris. Laon et Orléans, Fleurv-sur-Loire et Marmoutiers, Saint-Martial et Saint-Victor, Hildesheim et Saint- Maximin. Reichnaii et Saint-Gall. Liège et Cologne attirent les jeunes gens curieux de connaître les arts libéraux et la théologie. Je rappelle, ici encore, Fulbert, la a lumière du monde » : il est évêque de Chartres. Les Notker sont parmi les plus savants de ce temps : ce sont des moines. Gerbert recherche avec passion les manuscrits des auteurs latins : un jour il sera nommé pape. Béranger spécule sur la nature de l'Eucharistie : c'est un archidiacre d'Angers. Et, plus encore que la littérature, l'art de ce temps est « essentiellement religieux : les églises romanes commencent de naître au x"^ et se multiplient au xi^ siècle, à la faveur dune plus grande sécurité •> ; elles célèbrent avec autant d'originalité que de force le Dieu toujours vivant d'Israël et de l'Eglise '.

1 La pensée chrétienne au x xi*^ siècle.

A Chartres, les étudiants de Fulbert vivent en communauté ; ils l'entourent d'une affection touchante. Leur ^Manuel philosophique fms. de Chartres lOUj comprend : 1. Y Introduction de Porphyre; 2. les catégories d'Aristote; 3 les catégories de saint Augustin ; 4. Veis de Fulbert sur les rapports de la Rhétorique et de la Dialectique ; 5 le de Diffinitioyxibus de Boèce ; 6. les Topiques de Cicéron ; 7. le livre I des Perl hermeneice d'Aristote; 8. les Péri hermeneiœ d'Apulée; 9. les différences topiques de Boèce; 10. de rhetoricae cognatione et locorum rhetoricorum distinctio ; 11. les antepy^aedicamejita ; 12. le liber divisionum de Boèce; 13. Gerbert : de ratione uti. 14. Boèce: 171 cathegoricos yyllogistnos ; 15. Boèce : de hypothelicis syllogismis ; 16. des tableaux de logique.

Pas plus qu'elle n'a tout à fait tué la vie chrétienne, la désorganisation seigneuriale n'a tout à fait paralysé la vie catholique : le prestige de la

L'école d'Angers date du x<^ siècle : Marbode, Baiidri de lîourgueil, Robert d'Arbrissel s'y fornieriiit — L'école de Paris est dirigée au xie siècle par un élève de Fulbert. Lambert : elle attire Etienne Harding, Adalbéron de Wurzbourg. Altmann de Passau — L'école dOrlt'-ans est plus ancieinie et [dus fameuse.

Les écoles mouasliques l'ont une rude concurrence aux écoles épiscopales à Tours notamment, à lleury. à Saint Denis, Saint Germains des Près, Saint- Maur, le Bec où enseigne Lanfranc. Mais les unes et les autres suivent à peu près le même régime. La familiarité la plus grande règne le plus souvent entre maîtres et élèves; souvent Chartres, Fécamp), les écoPers j)auvres sont entretenus par la communauté. Les études embrassent les sciences profanes |lrivium : grammaire, rhétorique, dialectique, (juadrivium : arithmétique, géométrie, astronomie, musique, auxquelles s'ajoute la médecine] et les sciences sacrées [Ecriture, Théologie, Liturgie, auxquelles s'ajoute le droit|

Au xc siècle, à l'école de Reims, survivent, ranimées [mr l'évèque Foulques, vers 900, les traditions de la cour de Charles le Chauve : Ocrbert y enseigne ; au xi», c'est l'école de (>hartres, dont Fulbert est l'oracle, qui brille, semble-t-il, du plus vif éclat.

Gerbert d'Aurillac était un humaniste, grand ami des manuscrits et de l'antitiuité classique, en même lemps (|u'un es|»iit synthétique « (lui eut l'idée de coordonner les idées et les notions empruntées à l'antiquité sncrée et profane pour en cous tituer un corps de doctrine ». 11 a utilisé' surtout Porphyre. Roèce les Toyiques de Cicéron et le Timée de Platon. On lui prêtait un génie surhumain. — Il a été élevé à Saint Géraud, puis à Yich, yOT; il est écolàtre à Reims de 972 à 98:i, abbé de Hobbio en 983. Sur l'affaire de 9v^7, voir p. 311-312. n ; finalement il sera nommé pape par Otton III. le 2 avril 999 et mourra le 12 mai 1003 (il est né vers 950-960). Voir Picavet: Cerhert, un pape philosophe, Paris, 1897 et Molinier : Sources. I, 282. On lui attribue l'invention de sphères représentant les constellations, et reproduisant les mouvements du soleil : sans doute s'est-il inspiré des fameux modèles mécaniques de Théon de Smyrne [Richer: III. 50-53] .

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