‹ Le christianisme et les barbares (395-1049)Chapitre 63 sur 70 · LES INSTITUTIONS DE PAIX · texte numérisé non relu

LES INSTITUTIONS DE PAIX

universelle dont bénéficient les hommes de toutes les conditions et de tous les pays.

LEglise interdit absolument toute espèce de o'uerre à de certains moments soi^-neusement fixés. C'est d'abord le dimanche pour que a tout homme puisse rendre à Dieu ce qu'il doit à Dieu » ; viennent ensuite les quatre jours de la semaine, consacrés par l'ascension, la passion, la résurrection du Sauveur, l'adoration du tombeau, c'est-àdire les jeudi, vendredi, dimanche et samedi ; la guerre est proscrite enfin pendant 1 Avent et le Carême, pendant les fêtes de la Pentecôte, les fêtes de la ^ ierge, les fêtes de saint Jean-Baptiste, de saint Pierre es liens, de saint Laurent, de saint Michel, de saint Martin et pendant les Quatre- Temps. Le chômag-e de la guerre seigneuriale menace de s'étendre à l'année entière ; l'institution de la trêve de Dieu a pris son extension complète et sa forme normale : la concorde fraternelle doit régner entre tous les hommes.

Les mesures d'exécution varient seules suivant les pays. Tantôt ce sont quelques villes qui s'unissent — telles Amiens et Corbie en 1030. ou les villages de Bigorre avant 1007 : — elles fêtent en commun les saints dont elles possèdent les reliques, elles échangent leurs marchandises, elles se garantissent mutuellement protection et sécurité. Tantôt l'association est plus vaste et embrasse plusieurs diocèses. C'est ainsi qu'au concile de

318 CEIRISTIANISME ET DÉSORGAMSATK >.\ SKIGNElUTAl-K

lk)ur<2^es, rarc'hevèque Annou réglemente les institutions (le jiaix clans toute l'étendue de sa province métiopolitaine : tout tidèle àjj^é de quinze ans et au-dessus doit jurer la paix et entrer dans les milices diocésaines chargées de punir les turbulents ; service obligatoire, même pour les clercs; ils sont tenus de marcher à l'ennemi à la tète de leurs paroissiens. — On voit enlin (jue la trêve de Dieu, agrandie à la mesme de la chrétienté, tend à l'embrasser tout entière : Robert le Pieux et Henri II le Saint se réunissent à Mou/on [xiur discuter l'idée dune paix universelle, commune à la Gaule et à laGermanie; dans l'assemblée deXice, en lOil, l'archevêque Raimbaud, les évéques d'Avignon et d'Arles, représentants du clergé français, adressent au clergé italien une lettre pressante le conviant à accepter <( la paix et la trêve de Dieu»; dans la seconde moitié du xT' siècle, enfin. Rome prend la direction de l'entreprise et s'etlorce d'en assurer le succès ^ .

' Les conciles de Narbonne et du Pui datent de l'OO, celui d'Anse de 994, celui de Poitiers de 102(j, celui de Narbonne de 1054. En 1025, second concile d'Anse près Lyon), en 1028 second concile de Cliarroux [de Manteyer : Les oriijines de la maison de Savoie. La paix en Viennois, ll>04. Grenoble].

Noter que les évéques ont orjîanisé des lir/ues [994, Limoges; 998, Puy ; 1000. Poitiers^ garanties par /es serments de leurs membres [depuis Verdun sur Saône lOlfi; Héry, 1024, Soissons et Beauvais 1023] et fortes des milices où ils sencadrent (1038 : concile de Bourges, et larcbevêque Ainion : h 15 ans tous les fidèles sont enrôlés et doivent marcher contre les seigneurs]. Voici le serment de Beauvais, 1023 : « Je n'envahirai en aucune

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