LA CHEVALERIE
L'Eglise tente, du reste, de prévenir le mal en même temps qu'elle travaille à le réprimer. Elle essaie de se faire l'éducatrice du soldat, c d'intervenir dans une des circonstances décisives de la vie du seis'neur, au moment où, devenu homme fait, il entre, comme il arrive souvent, dans l'association de la chevalerie. En donnant à cette solennité la valeur d'une cérémonie religieuse et même d'un haut enseignement moral, le prêtre espère discipliner d'avance la turbulence des nobles. -> Il prie pour l)énir leur enseigne, pour
manière les églises, ni les celliers des églises .. ; je n'assallirai pas les clercs et les moines... Je nenlèveiai ni bœuf, ni vache, ni aucune autre bête de somme. Je ne saisirai ni le paysan, m la paysanne, ni les marchands .. Depuis les Kalendes de mai jusqu'à la Toussaint, je ne saisirai ni cheval, ni jument, ni poulain... Je ne détruirai ni n'incendierai les maisons, je ne déracinerai ni ne vendangerai les vignes. »
Le trêve de Dieu remonte au moins au concile d'Elne de 1027. Elle est proclamée à Marseille en octobre 1040, à saint Gilles en 1042, s'allonge au concile de >'ice 1041, grâce à Odilon et à l'archevêque Raimbaud, au concile de Montriond, près Lausanne, 1041, au concile de Narbonne 1j54. — L'entrevue de Mouzon est de 1023 ; cf. le IRe concile de Tolède, discours de Léandre. — Les lois d'Edgai- fSchmidt : Die Gesefze der AngeUac/isen, 2e éd. 1858, p. 182j visent à organiser la paix de Dieu en Angleterre, Xl'^ s.
Certains évêques, tels que Gérard de Cambrai i013-l05i, combattent ces institutions : ils en ont peur. Les rois en ont sans doute fait autant : elles les rendaient inutiles. Elles ne semblent avoir eu qu'une extension restreinte [France du raidi et de l'est. Germanie du sud].
Voir Kluckhorn : Geschichte des Goitesfriedens, 1857 ; Semichon : la paix et la (rêve de Dieu, 1869; L. Huberti : Gottesfrieden und Landfrieden, t. I. Die Fri^denaordnungen in Fvankreich. 1892 ; Luchaire : op. laud. 133. Poupardin : Le royaume de Bourgogne. Paris, 1907, p. 302.
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consacrer leur épée, pour sanctionner Tinvesliture du lief que le chevalier reçoit de son suzerain. « Sei^^neur, dit-il, nous t'en supplions, exauce (( nos prières et daigne bénir cette épée dont ton « serviteur désire être armé pour qu'elle puisse <( défendre et protéger les églises, les veuves, les (( orphelins et tous les serviteurs de Dieu contre les « cruauté ties Païens ». VA, non content de hénir les armes du novus miles, l'olliciant est enct)re chargé de l'en revêtir '.
1 La chevalerie forme, parmi les seigneurs, une élilede richesse ; c'est une association de seigneurs richement Oquipés, qui se recrute par cooptation, et qui parfois enrôle des nonnohles. Au moment venu, on ceint 1 épi e à l'élu et on lui donne un fort coup lie poing sur la nuque c'est la « colée >-) ; alors il chausse les éperons, revêt son armure, saute à cheval, ahat la quintaine. Le chevalier doit élri preux, c'est à dire hrave et loyal.
« La première en date des « bénédictions du chevalier » se trouve dans un cérémonial de l'église romaine contemporain de l'empereur Otton III, 983 1002. »
V'oir Léon Gautier : La Chevalerie, 1884, Flach : op. laud. II, 1893 ; llust : Die Erziehuny des Ritlers.. 1888, Schuitz : Das lihfliscJie Leben cur ceit der Minnesinf/er. 1889 . Luchairc: op. laud.
L'organisation des institutions de paix et la transformai ion de la chevalerie ne sont pas le seul bienfait de répisco|)at de ce temps. Je rappelle encore son rruvre proprement religieuse et la part qu'il a prise à lîi formation de l'art roman.
l'effort des évèques réforuiateurs vise à restaurer en les adoucissant la légidation et les u.safjes établis par Charlemagne et Louis le Pieux : sanctification du dimanche par l'assistance h la messe et rahstenlion des (t^uvres serviles (on se relâche de la rigueur carolingienne, dès Nicolas 1er ; voir Alfred d'Angleterre et Burckard de Worms : seul, Canut réagit) ; une confessions et trois communions par an (Rathier de Vérone et Ulrich d'Augsbourg veulent quatre communions annuelles; ; on