PRESTIGE PERSTSTAM DE CHARLEMAGNE
La légende impériale concourt: aussi à sauver l'unité catholique : Charlemagne donne la main à
uniformise les dates des Quatre Temps ; on fortifie le jeûne du vendredi .conciles d'Anse 990, Enham 1009J qui est parfois menacé [Raoul Glaber V|, et l'on essaye de ressusciter les jeûnes du mercredi [Réginon : app. I, 17] et l'abstinence du samedi [Raoul Glaber] ; on tâche de soustraire la dîme aux seigneur?, de la restituer aux curés et aux évéques, qu'il s'agisse de la dirne réelle établie sur les terres ou vignes, esclaves ou troupeaux, ou de la dîme personnelle due pour tous les profits de l'activité personnelle [.Ethelstan, 930 ; concile d'Enham 1009 : const. de saint Edmond de Cantorbery ; surtout concile Trosly, 9ù9, Mansi XXIII, 283; Villien, op. laud. p. 329, sq.|. Surtout on tâche à restaurer le mariage et la famille : c'est alors que « l'Eglise réserve à ses tribunaux la connaissance exclusive des questions de mariage » Brissaud. 9-11].
Sur un point important la pratique carolingienne est développée : désormais, * raccomplissement intégral et préalable des œuvres pénitentielles n'est plus la condition indispensable de la réconciliation du pécheur avec Dieu >•> ; elle suit immédiatement la confession [Burchard de Worms. Décret XIX] Du coup apparaissent les indulgences, c'est-à-dire les remises totales ou partielles des pénitences i^whWqnQ^ ow. privées dont doit s'acquitter le pécheur réconcilié : elles sont données par le pape ou les évèques. par faveur ou pour telle bonne œuvre. Ainsi, vers 915, Salomon III. de Constance, après avoir prêché, le jour des Rameaux, donne une indulgence à ses ouailles ; cf. une autre indulgence donnée par Jean XIX. PL. 141. 1155. [L'usage des pénitentiels a sans dou'e aboli l'antique conception psychologique de la pénitence, cure individuelle ; une conception objectiviste. gros-ière, simplifiait la tàclie des prêtres, si grossiers souvent, à ces âges barbares. Rome a toujours été hostile à ces conceptions, aux pénitentiels. — Puis, comment avoir le courage d'accomplir sa pénitence, quand on est déjà réconcilié]. Voir Gottlob : Kreuzablass und Almosenablass. Stuttgart. 1906 ; Ablassenlicirkelung und Ablassinhalt im 11 Jahr. 1907, Stuttgart ; Paulus, dans Vhist. Jahrb. 1905 et dans la Ztft. f. kath. Théologie. 1908; P Fournier dans l'H. R. E. 1909, 575.
L'art roman est antérieur à l'an 1000 Voici les caractères des églises qu'il suscite : « en plan, le déambulatoire et les absi-
; aint Pierre et aux grands évêques. Jamais l'empire n'est plus populaire que depuis qu'il est mort ; au milieu des guerres civiles et des invasions de pirates, la pensée se tourne dïnstinct vers l'empereur : que n'est-il là pour faire sentir à tous le poids de son épée, pour chasser les Infidèles et dompter les Païens et faire respecter la justice ! Le
dioles enveloppant le chœur et l'abside); en élévation, le voùteraent de la nerf et des collatéraux, avec les conséquences qu'il entraîne : moyen appareils, piles composées, contreforts ; les voûtes alors les plus usitées sont les voûtes d'arêtes et les voûtes en berceau ; l'arc brisé fait son apparition, surtout dans certaines provinces, comme la Bourgogne ». On compense « l'aspect disgracieux et massif du gros œuvre par la richesse de l'ornementation dans le détail » . la façade est, en général, très ornée ; à l'intérieur, se multiplient les colonnes, et de grandes fresques [Saint Georges de Reichnau, vers 990 découvertes en 1880 ; Saint-Savin vers 1050, ?] éclairent et égayent les parois épaisses et l'atmosphère assez sombre de l'église Les vitraux naissent enfin, peut-être à Reims, vers 980. Le mobilier sacré est riche [Bernard d'Hildesheim, 993-1022]. C'est d'Auvergne I cathédrale de Clermont consacrée en n66J que semble s être propagé le style roman |la Couture au Mans, vers t'95, Saint-Savin Vienne) vers 1023, Saint-Yorlç (Chatillon sur-Seine J Quelques églises circulaires sont bàlies. à limitation du Saint- Sépulcre [Saint-Pénigne de Dijon ; Saint'e-Crolx à QuimperléJ. — En Allemagne et en Italie les traditions artistiques carolingiennes sont beaucoup moins modifiées qu'en France : le plan tréflé [Germignyj prend une ampleur nouvelle à Sainte Marie ilu Capitule de Cologne ; la rotonde d'Aix-la-Chapelle est, aussi, souvent imitée. La voûte est toujours rare. — La sculpture semble vouloir renaître [linteau de Saint-Genis-des-Fontaines], surtout peut être à la Chaise-Dieu et à Cluni.
Voir Brutails : Précis d'Archéologie du Moyen-Acje. Paris, 190S. p. 55-128; et A. Michel : Histoire de Vart. I. 2. 1905. passim. (On ne sait quasiment rien du second Saint-Marc de Venise, construit 978 lOOS, ni de l'église de Cluni. la plus grande qu'eût la Chrétienté).