LIVRE CINQUIÈME
LA
Quœcumque sunt vera, quœcumque pu»
dica , quœcumque justa, quœcumque sancta, quœcumque amabilia, quœcumque bonœ famœ, si qua virtus , si qua laus disciplinœ, hœc cogitale,... hœc agite, et Deus pacis erit vobiacum.
Philip. 17, 8, S,
Il ne nous reste plus qu'un pas à faire pour achever l'œuvre que nous avons entreprise.
Nous nous proposions de démontrer à un homme de bonne volonté qu'il doit avoir une religion ; que ce n'est pas assez d'être bon , honnête , loyal , d'accomplir tous ses devoirs vis-à* 'ls des hommes, s'il ne rend pas à Dieu ce qui lui est dû : c'est-à-dire l'adoration et la prière , l'action de grâces et l'amour. « Je me flatte, écrivait le grand Racine à son fils , que faisant votre possible pour devenir un parfait honnête homme , vous concevrez qu'on ne peut l'être sans rendre à Dieu ce qu'on lui doit. » C'est à établir cette vérité, en soi si évidente, obscurcie aujourd'hui, que nous avons consacré le premier volume de cet ouvrage.
Mais s'il faut une religion à l'homme, quelle religion doit-il choisir ? Il n'y en a qu'une qui soit vraie : celle qui, née avec Adam , développée par Moïse , a été élevée à sa dernière perfection par Notre -Seigneur Jésus-Christ, et dont les autres religions ne sont que des souvenirs confus ou des corruptions déplorables. Nous avons mis dans la plus vive lumière, du moins autant que nos forces nous
l'ont permis, cette vérité capitale, et cela au moyen de deux arguments dont chacun d'eux a rempli un volume entier. D'abord la vie du Fondateur de la Religion chrétienne, sa naissance, sa jeunesse, son ministère apostolique, sa doctrine, ses miracles, sa mort, sa résurrection, sa physionomie incomparable. Ou nous nous trompons fort, ou on ne peut pas contempler sérieusement, de bonne foi, cette physionomie sans arriver à la conclusion de J.-J. Rousseau : « Si la vie et la mort de Socrate sont d'un sage, la vie et la mort de Jésus -Christ sont d'un Dieu. » Or la divinité du Fondateur implique nécessairement la vérité de la religion qu'il a fondée. Nous pourrions citer quelques-unes des lettres que nous avons reçues, si nombreuses, si enthousiastes, où l'on voit que le premier, le plus irrésistible des arguments en faveur de la Religion chrétienne, c'est l'ineffable beauté, l'incontestable divinité de Notre -Seigneur Jésus- Christ. Cet ♦argument remplit notre second volume.
A cet argument selon nous sans réplique, mais qui ne jette toute sa lumière dans une âme qu'à la condition qu'elle se débarrasse courageusement de tous les nuages volontaires, nous en avons ajouté un autre. C'est l'examen approfondi des grands dogmes de la Religion chrétienne : la Trinité , la Création , la Chute , l'Incarnation et la Rédemption , dogmes sacrés que la prétendue philosophie et et la fausse science n'ont essayé d'entamer que pour les faire mieux resplendir ; qui illuminent toutes les vraies philosophies, toutes les vraies sciences, toutes les civilisations; qui contiennent le principe de solution de tous les problèmes intellectuels, moraux, politiques et sociaux; dont l'humanité n'a encore saisi que les premières irradiations, et qui suftiront à alimenter et à féconder l'esprit