‹ Le christianisme et les temps présents (volume 4)Chapitre 4 sur 68 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

son Église; car il en a fondé une, chargée de continuer sa mission, de répandre à tous les points de' l'espace et du temps la lumière, la vertu, la vie divine qu'il a apportée sur la terre. S'il ne l'eût pas fait, que signifierait son apparition? À quoi eût-elle servi ? Lui mort , l'esprit serait retombé dans ses ténèbres , le cœur dans ses défaillances et ses corruptions. Il ne serait rien resté du Christ, pas plus que de ces météores brillants et inutiles qui éclairent les abîmes, mais qui n'aident pas à les traverser.

Il a donc fondé une Église ; et , ayant pris la peine d'établir une telle œuvre, l'ayant enrichie de dons si précieux, l'ayant marquée de si divins caractères, il a imposé à tout homme l'obligation d'y entrer, d'en croire les enseignements, d'obéir à ses lois; en sorte que cette question de l'Église est de premier ordre; elle doit être, dans toute vie sérieuse, l'objet d'une étude approfondie.

Heureusement sur cette question capitale la lumière afflue aujourd'hui. Elle arrive abondante de deux côtés à la fois. Le Protestantisme, en rompant avec l'Église, a obligé le génie catholique à en examiner la vraie constitution , les notes distinctives , L'unité incommunicable, la merveilleuse fécondité. D'autre part, la Révolution, en agitant les sociétés, en ébranlant les trônes, en dépouillant et en persécutant l'Église , a mis en lumière sa solidité à toute épreuve et son immutabilité divine. La question a mûri, pendant trois siècles, au milieu des orages;

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