‹ Le christianisme et les temps présentsChapitre 17 sur 47 · LE QUATRIEME EVANGILE · texte numérisé non relu

LE QUATRIEME EVANGILE

Saint Jf.an, quoi nom je prononce! saint Jean est l'évangélistc! de la divinité de Jésus- Christ. C'en est le théologien et le poète. Aucun autre n'a exprimé dans une langui» plus profonde la coéternelle existence du Père et du Fils. Mais en même temps, privilège admirable 1 aucun n'a peint d'une manière plus sensible l'humanité du Sauveur. Le Christ de saint Jean a vraiment un cœur d'homme, des entrailles d'homme. J'adore, dans le Christ peint par les trois évangélistes, la bonté, la miséricorde, même la tendresse ; mais ce sont plutôt les qualités d'un Dieu qui s'incline vers sa créature. En saint Matthieu, en saint Luc, Jésus est bon à la manière d'un Dieu; en saint Jean il est aimant à la manière de l'homme. Là se montrent pour la première fois les amitiés du Sauveur. Là ce mot adorable : Je ne vous appellerai plus mes serviteurs , mais mes amis. Et cet autre : Jésus pleura, voyez comme il Vaimait. Là apparaissent les pécheresses qui lui baisent les pieds, et les disciples qui s'endorment sur son cœur. D'un premier regard l'évangéliste a sondé l'abîme de la nature divine, d'un second les dernières profondeurs de la nature humaine; et prenant sa plume, la plume d'or du

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Nouveau Testament, il a tracé, de la personne vivante de Jésus-Christ, cette nouvelle et adorable image, à la fois la plus haute et la plus familière, la plus sainte et la plus attachante, la plus divine et la plus humaine, en un mot, la plus complète, et par conséquent la plus belle, que nous ayons de Jésus-Christ.

C'est que de grands événements avaient changé la face du monde. L'Eglise était née. Saint Matthieu y avait appelé les Juifs; saint Marc, les Romains; saint Luc, les Crées, ou plutôt leur triple et unique image du Sauveur, apparaissant dans sa royale beauté, avait charmé et attiré tous les peuples. Ceux qui n'étaient pas encore chrétiens allaient le devenir. Après ces trois Evangiles du dehors, si j'ose ainsi dire, l'heure était venue d'avoir l'Evangile du dedans. Après l'Evangile des Juifs, des Romains, des Grecs, il fallaità l'Eglise l'Evangile plus intime des chrétiens.

En rayonnant d'ailleurs sur le monde, l'auguste image du Sauveur avait éveillé l'esprit humain qui dormait et sollicité mille questions. Comment Jésus -Christ était-il Dieu? En quel sens Jésus-Christ était-il homme? Comment avait-il pu être réellement et à la fois Dieu et homme? Et, en scrutant ce mystère, plusieurs avaient été éblouis. Aux yeux de ceux-ci, l'humanité de Jésus était si vivante, elle resplendissait d'un tel éclat, qu'elle leur cachait sa divinité. Aux yeux de ceux-là, c'était le contraire. Il est tellement Dieu, disaient-ils, qu'il n'était homme qu'en apparence; son humanité n'avait rien de réel; c'était un vêtement, une espèce de corps fantastique qui avait à la fois montré et caché sa divinité. QuoM répondaient les autres, Jésus-Christ n'était pas homme 1 Mais lisez donc les Evangiles. 11 est né comme nous; il a souffert, il a

pleuré, il a eu faim et soifuJ^ÊâL-mort. Son humanité est

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