‹ Le Christianisme et ses origines (volume 2)Chapitre 10 sur 43 · L PRÉFACE · texte numérisé non relu

L PRÉFACE

grâce ■'. Je ne veux donc pas prétendre que cette grâce ait disparu du monde avec les Grecs; mars s'il était vrai, pourtant, comme le veulent les poètes, qu'une déesse se fût envolée de la terre, ce serait celle-là plutôt qu'une autre; et c'est dans ce qui reste des Grecs qu'il faudrait chercher à retrouver ses traces. La séduction de la grâce hellénique a été même si puissante sur les esprits des modernes, qu'elle leur a fait quelquefois -méconnaître d'autres grands dons. Un mot que Platon a mis dans la bouche d'un prêtre de l'Egypte : Vous autres Grecs, vous êtes des enfants, a été développé dans un sens auquel Platon lui-même n'avait pas songé. Il semblerait, à entendre d'éminents critiques, que l'Orient seul ait été capable des hautes pensées et des sentiments profonds, et que les Grecs n'aient su que se jouer à la surface des choses, en artistes aussi légers que merveilleux.

Oui, sans doute, la Grèce nous ravit par sa vive et éclatante jeunesse; mais c'est une jeunesse virile, à laquelle cet Orient si vénéré n'a pas atteint. Les peuples enfants sont ceux qui, en Egypte, sont restés à jamais enchaînés aux traditions des premiers âges; qui ont entassé des pierres sans remuer des idées; qui ont vécu jusque la fin prosternés sous leurs rois, sous

Page 1