PRÉFACE LT
consolation au juste la haine du mal, le mépris du méchant, et je ne sais quelle espérance obstinée que le droit aura son jour, espérance qui semble déjà par avance faire lever ce jour dans son âme.
Je ne veux pas prétendre qu'à défaut des Juifs ce qui s'est fait par eux ne se fût pas fait sans eux ; je crois bien que les plaintes et les ressentiments des sujets et des esclaves auraient toujours trouvé une voix et auraient amené une révolution morale et démocratique analogue à celle qui s'est accomplie ; mais il demeure vrai que leur passion ardente a devancé le travail un peu lent de la conscience publique et de la sagesse des philosophes; de sorte que la Judée et la Galilée garderont toujours le droit de dire : Une vertu est sortie de moi1.
Juillet 1870.
1. Je ne sais cornaient j'avais oublié, dans la revue que j'ai faite des Études sur les rapports de l'hellénisme au christianisme (page xl), de mentionner le livre intitulé: le Christianisme et le libre examen, par le docteur Mary *** (pseudonyme), en deux volumes, 1864. Le chapitre XIII contient vingt-cinq pages (t. II, r. 89-113), qui sont un excellent résumé de ce qu'on peut dire à ce sujet. Je retrouverai plus tard encore ce livre, œuvre d'un esprit très-judicieux,"' trèssage, plein d'égards et quelquefois même de complaisance pour le sentiment religieux, mais fin, très-éclairé, ne supportant ni le fanatisme ni la déclamation, et ne consentant pas plus à être ciupo qu'à être injuste.
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