‹ Le Christianisme et ses origines (volume 3)Chapitre 17 sur 107 · Aussi le verset ii, 29, associe Ttpaii; el t«7V£iv · texte numérisé non relu

Aussi le verset ii, 29, associe Ttpaii; el t«7V£iv

et que ses disciples veulent les écarter, « Jésus se lâcha en voyant cela, et il leur dit : « Laissez venir à » moi les enfants; car c'est à ceux qui sont comme eux » que le royaume des cieux appartient... » Et il les embrassa, et posant la main sur eux, il les bénit. » (x, 13 et IX, 35.) Ici même, remarquons ce mot : Jésus se fâcha, -/iYava/.-r^îTs : jusque dans ses attendrissements, il garde l'attitude sévère.

Quelquefois il se montre facile et indifférent par la même exaltation qui ailleurs le fait paraître intraitable. Les siens viennent lui dire : « Maître, nous avons vu un homme qui chasse les démons en ton nom ; mais nous nous y sommes opposés, parce qu'il ne nous suit pas. » Et Jésus répond: « Laissezle faire ; qui n'est pas contre nous est pour nous » (ix,39)^

Il y a un aspect de Jésus qu'on aperçoit à peine dans l'évangile, parce que l'on n'a pas voulu l'y laisser paraître, mais que la critique doit essayer d'y ressaisir, comme elle ressaisit dans un palimpseste une écriture elfacée. C'est cet élan vers un avenir dont l'idée enivrait les uns et menaçait les autres ; c'est par où il a entraîné la foule, et c'est par où il s'est perdu. Quand il annonçait l'avènement du règne de Dieu, cela signifiait que celui des gentils allait finir. Quand il disait que ce règne était proche (i, 15) ; que, parmi

1. Ce passage n'est pas dans Mrt<^A/e?< et Z,mc, et il est singulier que, dans un autre endroit, ils fassent dire à Jésus précisément le contraire : « Qui n'est point avec moi est contre moi. « [Matth. xii, 30 ; Lhc, XI, 23.)

ceux qui l'entendaient, il y en avait qui le verraient avant (le mourir (viii, 39 et xni, 10); qu'il ne fallait plus attendre Élie, car Élie était déjà venu (c'est-àdire Jean le Uaplistès) (ix, 12); quand il s'écriait: « Yous verrez le Fils de l'homme assis à la droite de la Vertu divine et marchant sur les nuées » (xiv, 62), ces paroles transportaient les esprits. Deux choses font que nous les lisons aujourd'hui d'un œil tranquille : d'ahord c'est que nous ne sommes plus pénétrés eu naissant, comme les Juifs, de l'idée que le Messie doit venir, et avec lui la fin du monde présent, ni haletants, pour ainsi dire, dans cette attente; ensuite , c'est que les évangélistes, pour ne pas blesser les Romains, ont eiix-mèmes réduit, disséminé, et par là éteint des disc.ours qui tombaient sans doute de la bouche de Jésus abondants, enQammés et incessants. Il disait que, dans ce monde nouveau qui allait venir, « beaucoup qui étaient les premiers seraient les derniers, et les derniers les premiers » (x, 31); il disait que les uns seraient sauvés et que les autres seraient perdus (vin, 35), et que ceux-ci seraient jetés dans la voirie {yivnT/), au feu qui ne s'éteint pas (ix, 42)1. Ces quelques passages sont comme des traces qui nous restent de la prédication troublante de Jésus. '

Il y faut ajouter son amour pour la pauvreté et sa sévérité pour la richesse. 11 n'est que touchant quand il voit une femme mettre dans le trésor du Temple ses

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